(Manuscrit original non disponible)

Horten, le 15 mai 1919
Cher frère, Elias Aslaksen,
La paix de Dieu !

Merci pour ta très bonne lettre. Il y a beaucoup de tribulations dans ce monde, mais toutes choses concourent à notre bien.

J’ai écrit aujourd’hui à la sœur *** pour lui expliquer que nous sommes tous un dans l’Assemblée ; il n’y a pas de différence de rang. Mais en dehors de l’Assemblée, c’est notre devoir de montrer à chacun la déférence et le respect qui lui sont dus. Si deux frères en Christ sont des militaires et que l’un soit général et l’autre simple soldat, il n’est pas convenable que le soldat s’adresse au général en lui disant « salut, Jean », ou de dire « salut, Pierre » au commissaire de police.

Le fr. Berg a plus d’ancienneté que moi, c’est pourquoi je me suis toujours tenu à sa gauche lorsque nous marchons ensemble, et je l’ai toujours salué en premier. Cela me semble naturel.

On peut imaginer que viennent parmi nous de « grandes dames » qui exigent qu’on ait pour elles les égards qui conviennent à leur rang social. Il n’y a pas beaucoup de cas de cette espèce, et nous devons les avoir à l’œil, pour qu’elles ne se glorifient pas de ce qu’elles sont selon la chair. Mais c’est pire quand les foules commencent à se tutoyer et à s’appeler par leur prénom. Cela engendre de l’arrogance, dont on aura du mal à se débarrasser plus tard. À Drøbak, il y a beaucoup de jeunes garçons et filles nouvellement convertis. Ce serait de mauvais goût s’ils commençaient à tutoyer les frères et sœurs plus âgés, et à les appeler par leur prénom. Le vouvoiement est en effet une marque de déférence.

J’espère qu’avec l’aide de Dieu, nous pourrons avoir le dessus sur cet esprit dès ses premiers balbutiements. Enlevons les mauvaises herbes des deux côtés, dès qu’elles commencent à germer. C’est différent quand deux personnes se mettent d’accord pour se tutoyer.

Salue les tiens et les amis. Salutations dans l’amour de Dieu.

Ton frère,

J. O. Smith