(Manuscrit original non disponible)

Haugesund, le 9 février 1918
Cher frère, Elias Aslaksen,
Paix !

Merci beaucoup pour ta lettre circulaire. *** aimerait bien « saisir le fil » sans y laisser sa peau. Il y en a beaucoup qui désirent la même chose, mais loué soit Dieu, ils n’y arrivent jamais. Il ne risque guère de s’égratigner la peau lui-même ; il faut donc que nous nous en chargions. Nous sommes ministres d’une nouvelle alliance, de l’Esprit. Il y a certainement assez de hauteurs à l’intérieur de la peau de *** aussi, des hauteurs qu’il faudrait pouvoir empoigner et démolir, pour qu’il puisse saisir le fil qu’il voudrait saisir sans y laisser sa peau. Mais tout doit se faire dans l’Esprit. On ne peut pas édifier sans que ce soit dans l’Esprit, et on ne peut pas non plus démolir sans que ce soit dans l’Esprit, car Jésus dit que « sans moi, vous ne pouvez rien faire ».

Il est vrai que nous devons semer avec larmes. Ce sera glorieux de moissonner un jour avec des chants d’allégresse. Si seulement je connaissais un remède contre la paresse, contre la gangrène spirituelle ! Le silence est une cachette affreuse. On ne peut pas y insérer le moindre pied-de-biche. J’en ai bientôt assez de ne rencontrer que des acquiescements à tout ce qui est dit. Je vais finir par préférer une véritable opposition, car on peut lutter avec quelqu’un qui n’est pas d’accord, jusqu’à ce qu’il soit obligé de céder. J’ai rencontré plusieurs de ces personnes muettes. Elles veulent le bien et leurs intentions sont bonnes, mais nous sommes malgré tout impuissants à leur égard. Le sang de l’alliance, l’Esprit et la vie, ne deviennent pas leur part comme nous le souhaiterions. Oui, tu as sans doute fait l’expérience de ce genre de choses.

Salue les amis là où tu passes.

Salutations fraternelles dans l’amour de Christ, de la part de ton frère, collaborateur dans le ministère,

J. O. Smith