La grâce et la paix de Dieu en Christ !
Je t’envoie ci-joint une série de lettres et de cartes postales. Tu y verras que Aksel aimerait bien que tu viennes à Kristiansand. Le cas échéant, si tu fais ce voyage, « Skjulte Skatte » prendra en charge tes frais de voyage aller-retour. Si tu le souhaites, je peux t’envoyer l’argent tout de suite ; sinon, si tu fais l’avance du voyage à Kristiansand, écris-moi une fois arrivé là-bas combien le voyage t’a coûté, et je t’enverrai de l’argent. J’ai écrit à Aksel, qui est à Fredericia, que je crois que cela serait très béni que tu fasses ce voyage. Là-bas, tu pourras être logé chez Grøntoft, dit Aksel. Tu peux d’abord te rendre chez mon père ; il te donnera des instructions pour aller là-bas (chez Grøntoft).
Si on pouvait gagner mon père et ma mère, on aurait fait un grand pas en avant. Mon père se laisse mieux gagner par des étrangers que par les siens. Mais le cas échéant, il faudrait que tu l’abordes de manière très décidée – de préférence en restant un peu en retrait, mais pas trop. Il sait qu’il ne faut pas parler trop durement à une personne âgée, c’est pourquoi on peut le gagner en faisant preuve d’une certaine déférence – dans la mesure où il connaît bien les Écritures. Le fr. Gill a probablement plus besoin qu’on le soutienne et qu’on le dirige. Si tu y vas, tu ferais bien de ne même pas t’enquérir des réunions chez les personnes âgées là-bas, ou y aller, mais commencer sans crainte à faire des réunions dans les foyers, en y réunissant ceux qui veulent bien venir. Dieu sera à tes côtés. Il faut cependant garder un contrôle étroit sur soi-même, car nous sommes critiqués de tous côtés. Et il vaut mieux, dans la mesure du possible, éviter tout contact avec des femmes, pour ne pas donner l’occasion aux soupçons ou à quelque mal que ce soit de germer. Car bien que tout soit pur pour celui qui est pur, rien n’est pur pour les impurs ; il faut donc avoir des égards pour les autres, pour en gagner le plus possible.
Écris-moi dès que possible pour dire ce que tu comptes faire. C’est toi qui connais le mieux les circonstances à Hønefoss ; mais Aksel s’y rendra de temps en temps, si tu t’absentes un mois ou deux. Il y a du travail de tous côtés. Stavanger et Bergen sont au point mort. J’étais une fois à Bergen et j’ai eu l’impression que beaucoup avaient envie d’écouter ; ils commençaient déjà à se regrouper autour de moi avec beaucoup d’attention.
Si tu pouvais gagner mon père, il serait utile ; mais il faut l’amener à se charger de la croix.
Salutations cordiales à vous tous.
Bien à toi,
Johan