« Valkyrjen », Moldøen, le 14 septembre 1915
Cher frère, Th. Ellefsen,
La paix de Dieu.

J’ai reçu ta bonne lettre et je t’en remercie. C’est une vraie bénédiction de recevoir de bonnes nouvelles des frères quand on est en mer, qu’on patrouille pour faire respecter la neutralité et qu’on est dans l’incapacité d’échanger de vive voix. Je dois te transmettre les cordiales salutations du fr. D. Kvalheim, qui fait des progrès en sagesse et en intelligence spirituelle. Il souhaite vivement que les amis se mettent à travailler pour la mission, comme à Horten, car il y a ici plusieurs femmes qui ont besoin de se mettre au travail. L’idée vient de lui et il se réjouit de pouvoir commencer à œuvrer dans ce sens. Il se peut qu’il soit nécessaire de faire quelque chose pour que la parole de Dieu se répande et pour que des ouvriers puissent se lancer dans le travail. S’ils ne sont pas tous capables de travailler dans l’Esprit, ils peuvent malgré tout faire quelque chose de manuel. Ici, en Norvège, on fait de longs trajets et cela demande des moyens. Comme chaque ville gère ses propres moyens comme elle le veut, il y a la liberté et on se sent libre.

J’ai rencontré le fr. Haagensen à Bergen. Il venait de Haugesund où il avait parlé avec le fr. Risnes. Ces deux frères se sont très bien entendus, semble-t-il. Nous avons aussi rencontré le fr. Lohne (Johan) à Bergen. Il a fini par céder et il était très remonté contre « Korsets Seir », qui a publié un article contre l’anéantissement du péché dans la chair de Christ. Il a été malade et pendant ce temps de tranquillité, les choses se sont éclairées pour lui, d’après ce qu’il a dit.

Il y a de plus en plus de travail et Dieu est avec nous dans le combat. Il va bientôt falloir qu’un frère que le Seigneur appelle à cela rende visite aux frères à chaque endroit pour les fortifier dans la foi.

Le fr. Thorleif Hansen s’est marié avec une sœur de Dagny Brynildsen de Kristiania. Le « Tordenskjold » a appareillé pour Kristiansand. Le 5 octobre, nous irons de nouveau – Dieu voulant – à Aalesund. Je n’ai pas reçu de nouvelles d’eux depuis la dernière lettre que tu as lue. J’espère qu’ils vont bien.

Tu reviendras sans doute dans le sud à Noël et ce serait une joie pour moi si tu pouvais passer un peu de temps à Aalesund.

Porte-toi bien. Salutations cordiales,

Ton frère

Johan