(Tapé à la machine, manuscrit original non disponible)

Bergen, le 25 août 1915
Cher frère, Elias Aslaksen,
La paix de Dieu.

Merci beaucoup pour ta bonne lettre. J’ai regretté de ne pas te voir parmi les amis venus de Sarpsborg, lorsque nous les avons rencontrés dimanche matin. Il y a eu beaucoup de monde à la conférence. Dimanche soir, nous avons eu une réunion d’échange à propos de 1 Ti. 4. Le dimanche matin, il y a eu une réunion de témoignages et il a été question de sortir de Babylone et d’engager le combat contre elle, cf. Jé. 50 et 51. Tous ceux qui s’écartent de la vérité viennent à Babylone. Cela a été avant tout une incitation à être sur nos gardes et ensuite à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes.

Dimanche après-midi, nous avons eu un échange au sujet de la place de la femme dans l’assemblée. Le fr. *** a plaidé avec zèle pour que la femme se taise le plus possible ; mais après avoir examiné la chose de plus près, nous sommes malgré tout tombés d’accord pour dire qu’un rassemblement de l’assemblée ne peut pas être une réunion publique habituelle ouverte à tout le monde, mais que c’est une réunion destinée à traiter des questions internes à l’assemblée. Même si on est rassemblé pour une réunion, et que seule l’assemblée vient à cette réunion, on ne peut pas appeler cela un rassemblement de l’assemblée, car cela n’a pas fait l’objet d’une décision à l’avance, c’est une réunion publique, même si aucun étranger n’est venu ; tout le monde n’a pas accès au rassemblement de l’assemblée. Nous avons tous senti que nous avions ainsi trouvé une solution, et les femmes elles-mêmes étaient satisfaites. Il est permis aux femmes de témoigner (prophétiser) et de prier aux réunions d’édification. Il faut simplement qu’elles veillent à ne pas vouloir enseigner ou dominer sur l’homme, mais qu’elles adoptent toujours une attitude bienséante à l’égard de l’homme.

Notre ignorance n’a pas le droit de réduire les femmes en esclavage, mais lorsque la lumière de Dieu vient éclairer l’ignorance, on se sent libre, qu’on soit homme ou femme, en faisant la volonté de Dieu.

J’ai écrit à Skjulte Skatte « Quelques réflexions supplémentaires sur le service militaire », et j’ai expliqué que la haine envers le service militaire qu’on rencontre dans les assemblées libres est venue en même temps que l’antimilitarisme parmi les socialistes, de sorte que leur racine est strictement la même. Le socialisme et la liberté religieuse travaillent main dans la main pour parvenir au même but : l’impiété[17]. À cet égard, ils sont attelés au même joug. C’est pourquoi cette question du service militaire va être d’une actualité brûlante, car c’est dans ce domaine qu’ils ont fait alliance.

Le mariage de Thorleif Hansen a lieu samedi prochain.

Cordiales salutations,

Ton frère

Johan