(Manuscrit original non disponible)

Trondhjem, le 12 octobre 1914
Cher frère, Aksel,

Merci pour ta bonne lettre que j’ai reçue aujourd’hui. Samedi soir, nous avons eu une étude biblique bénie chez ***. Nous avons eu maintenant beaucoup de conversations, et il comprend bien les choses. Il comprend immédiatement les vérités magnifiques ; mais je ne crois guère qu’il pourra gagner quelqu’un pour la vérité, car il en est de lui comme de beaucoup d’autres, il a tendance à éloigner son épée du carnage. Voilà la raison pour laquelle si peu de gens gagnent des âmes pour Christ. On veut volontiers enseigner, mais on a peur d’utiliser l’épée. Heureux celui qui ose l’utiliser, qui croit en son utilisation, et qui l’utilise de la bonne manière ! L’Esprit se réjouit du sang que fait couler l’épée de l’Esprit. Mais ce ne sont que les magistrats qui portent l’épée, c’est-à-dire ceux qui ont appris à prononcer un jugement juste. Ne portons pas l’épée en vain !

Si nous voulons gagner quelqu’un pour l’Assemblée, il faut que ce soit par la justice et le jugement : « N’est-ce pas ceux du dedans que vous avez à juger ? » Mais aucun de ceux qui sont dehors ne comprend de lui-même comment entrer ; cela ne se fait que lorsque l’épée est pleine de sang. C’est la seule chose qui puisse satisfaire l’Esprit de vérité. L’homme qui est en dehors du corps doit être tué. Apprenons de David, l’homme selon le cœur de Dieu. Oh ! qu’il y ait beaucoup d’hommes selon le cœur de Dieu de nos jours, beaucoup qui veulent mener les guerres de l’Éternel ! Mais il y a malheureusement bien trop de lâcheté, on a peur de voir du sang. Si on arrivait à donner de manière sage cet enseignement si important à l’Assemblée, on verrait vite des progrès bien plus remarquables que ceux que nous avons vus jusqu’à présent. Mais il faut avoir de l’oreille pour comprendre correctement la loi et pour utiliser l’épée de la bonne manière.

À la dernière étude biblique, nous avons parlé de Ro. 8, de la différence entre les actions du corps et les œuvres de la chair. Ils n’en avaient jamais entendu parler avant. Nous avons parlé du fait de s’égarer loin du chemin de la sagesse et de se retrouver – de trouver le repos – dans les assemblées des morts, où on use ses fonds de culotte. L’opposition était sur le point d’éclater, mais un Esprit si béni était présent que personne n’a réussi à nous contredire. *** se réjouissait. Il pourrait vraiment être utile ici si seulement il comprenait qu’il doit utiliser l’épée. Il est triste qu’il ne comprenne pas ces choses. Paul avait compris l’art de manier l’épée, et il l’utilisait souvent, comme le Maître lui-même l’a fait.

Je me demande si ce n’est pas le sacrificateur de l’Ancien Testament qui apparaît sous une nouvelle forme quand on se sert de cette épée. A-t-on en fait le droit et l’assurance de se présenter devant Dieu sans ce sang et sans cette épée ? Je ne le crois pas. Il s’avère sans cesse, dans la pratique, que celui qui éloigne son épée du carnage dans son ministère pour Dieu n’exerce son ministère qu’à moitié. L’Esprit en témoigne. Chaque soldat de Jésus-Christ qui a de l’expérience l’a ressenti et le comprend. Et pourquoi nous appellerions-nous soldats de Christ si nous n’avons pas d’armes pour combattre et pas d’ennemis à combattre ? Puisque Dieu nous a donné le nom de soldats de Jésus-Christ, il nous a équipés pour le combat, et il a aussi des ennemis que nous devons combattre.

Salutations cordiales. Ton frère,

Johan