La paix de Dieu.
J’ai reçu une lettre du frère Andresen à Sarpsborg. Tu peux constater qu’il s’ouvre et qu’il dit les choses telles qu’elles sont. Ce n’est pas facile pour lui, mais c’est vrai, comme il le dit, qu’il a été obligé de s’occuper des choses, vu les circonstances. Dieu connaît son cœur et l’a utilisé à son service. Cela a certainement été dur pour lui de lire ma lettre à propos de cette affaire au beau milieu de l’assemblée qu’il dirige. Puisqu’il l’a fait malgré tout, cela indique qu’il s’est mis lui-même de côté pour donner la première place à la vérité et à la justice. C’est là un entendement droit devant la face de Dieu. Nous ne savons rien de la délibération qui a eu lieu après.
Je te fais suivre cette lettre datée du 8/8 (ça doit a priori être du 8-9-14), puisque tu as demandé des nouvelles du fr. Andresen. Je souhaite que tu la fasses suivre à Aksel, en lui demandant de me la renvoyer. Je te joins aussi une lettre que Aksel m’a envoyée de Kristiansand ; merci de la faire suivre au fr. Ellefsen, adresse : canonnière « Viking », Vardø.
J’aimerais avoir ton avis : devrions-nous entreprendre une collecte pour soutenir le fr. Andresen ? J’ai tendance à penser que ce serait juste. Transmets aussi cette question à Aksel, quand tu lui feras suivre la lettre de Andresen.
Mon adresse à partir du 16/9 sera Aalesund.
La lettre de Andresen nous indique bien l’état du christianisme à droite et à gauche. C’est vraiment terrible. Comme nous pouvons être reconnaissants à Dieu de ce qu’il nous a conduits loin du chemin de l’injustice, par sa grande grâce, et que cela s’est fait dans notre jeunesse ! Combien nous devons craindre de souiller notre sentier et de soigner la chair ! Ici, il y a des tensions spirituelles et des conflits presque chaque jour. Ce n’est pas facile d’avoir affaire aux hommes. Et c’est encore plus difficile de diriger militairement des personnes retorses tout en restant du bon côté, selon l’Esprit, à tout moment. On est tenté de fermer un œil sur ceci et cela, car c’est ce que font même nos supérieurs, sans rien en dire. Mais à la longue, cela mène à la déchéance et à la paresse au point d’en détruire le service. Certains doivent travailler pour deux alors que d’autres ne font quasiment rien. On est tout secoué intérieurement par ces injustices, et c’est là que le conflit éclate. Jusqu’à ce jour, nous nous en sortons, et ça continuera certainement à bien aller ; mais nous ressentons bien que les gens sont fanfarons, égoïstes, désobéissants, etc. Je suppose que cela contribue aussi à la formation spirituelle. C’est une école dure, mais c’est une école malgré tout, puisque toutes choses contribuent au bien de ceux qui craignent et aiment Dieu.
Je t’avais déjà écrit une lettre il y a quelques jours ; je suppose que tu l’as reçue.
Salutations cordiales.
Ton frère en Jésus-Christ,
Johan