(Tapé à la machine, manuscrit original non disponible)

Kristiansand, le 6 mars 1914
Cher frère Aslaksen,
La paix de Dieu.

Par la grande grâce de Dieu, j’ai passé quelque temps ici et chaque soir, j’ai annoncé la parole du Seigneur. J’ai été soumis au feu nourri de l’opposition et l’inimitié contre la croix a été à l’œuvre. Mais Dieu m’a fait la grâce d’engager le combat et il m’a donné la victoire. Le visage des jeunes exprime la joie qu’ils éprouvent pour la vérité. – Certaines personnes religieuses expliquaient à qui mieux mieux qu’elles étaient affranchies de la malédiction de la loi. Si je faisais allusion aux souffrances avec Christ dans son corps, elles ne pouvaient pas faire la différence avec le fait de pécher, de transgresser la loi et de devoir souffrir à cause de cela. Elles confondent les œuvres de la chair et les actions du corps, et malgré ce manque de connaissance, plusieurs ont cherché dans toute leur ignorance à faire preuve d’autorité. Dans sa grande grâce, Dieu a souvent conduit les choses de telle manière qu’ils se sont empêtrés dans leurs propres filets. Toute l’assemblée a pu constater leur folie ; mais l’instant d’après, ils étaient tout aussi effrontés et sûrs d’eux.

J’ai essayé de provoquer des conversations, mais ils ne savent pas converser ; j’ai dû sans cesse relancer la conversation sur un sujet après l’autre. Quand ils rencontrent de l’opposition, ils ont du mal à prêter main forte ; mais le fr. Wold a fait de son mieux et il a plusieurs fois brandi l’épée.

Dieu voulant, j’ai pensé embarquer à bord du « Eidanger » ce soir pour aller à Arendal, où je resterai probablement jusqu’à dimanche compris. L’enseignement de la connaissance cachée dans le corps de Christ reste un grand mystère. Même quand on trouve soi-même que c’est facile à saisir, il s’avère que les gens ne le comprennent pas. Mais ceux qui reconnaissent ces connaissances de Dieu fusionnent les uns avec les autres pour former un même cœur et une même âme.

Plusieurs m’ont demandé de te saluer. On ne peut que souffrir de constater les circonstances qui règnent ici. Je les ai frappés du tranchant de l’épée de la vérité, et je les ai poussés de toutes mes forces vers la vérité. Ils ont souri en comprenant qu’il y avait quelque chose là, puis ils ont tourné le dos et ont tout oublié. Que l’on pleure ou qu’on leur joue quelque chose, ils ne comprennent rien. Qu’on les frappe ou qu’on les lie avec des cordages d’amour, ils sont tout aussi aveugles. Que faut-il donc faire ? Je ne crois pas que l’on puisse faire mieux que de prendre les disciples à part et de leur donner des enseignements à l’école de Tyrannus.

C’est malgré tout réjouissant que quelques-uns ont reçu la Parole, qu’ils comprennent la connaissance de Dieu et qu’ils lui permettent d’agir en vue de la piété.

Salue les chers amis. Salue Judith et ta mère. Salutations les plus cordiales de ton frère, qui participe aux souffrances et à la gloire,

Johan