Horten, le 25 juin 1907
Cher frère, Aksel,

J’ai reçu ta très bonne lettre, et je t’en remercie beaucoup. C’était une lettre inhabituelle. Je vois par elle que tu es entré dans la communion de ses souffrances, Ph. 3. Tu dis que jamais auparavant tu n’avais vu ta racine (la racine du péché) aussi noire, et que c’est parce que tu es conscient de la laideur repoussante de cette racine de péché que tu peux aimer les autres plus que toi-même. Oui, c’est là qu’on comprend la vie de Christ dans son sens le plus profond, et c’est là qu’on est convaincu de jugement. Maintenant a lieu le jugement du monde ; maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors. L’Esprit nous convainc de jugement, parce que le prince de ce monde est jugé. Le jugement frappe le corps du péché, qui doit être anéanti et jeté dehors. C’est de toute façon une affaire de cœur et non une affaire de tête. Les incrédules sont convaincus de péché parce qu’ils ne croient pas en lui. Une fois que nous sommes venus à lui et que nous avons appris à le connaître, lui, ainsi que la force de sa résurrection, l’Esprit nous convainc en ce qui concerne la justice. Mais quand nous entrons dans la communion de ses souffrances, l’Esprit nous convainc de jugement parce que le prince de ce monde est jugé, et il va de soi que nous sommes en même temps convaincus de justice.

C’était pour moi un vrai plaisir de lire ta dernière lettre, car je sais que par cette bénédiction ou révélation, Dieu te donnera l’intelligence des mystères de Christ dans une mesure bien plus profonde que jusqu’ici. Par le fait que l’Esprit a commencé à consumer la racine du péché (le corps du péché) en toi, tu seras rendu capable d’avoir plus de patience, plus de discernement, de mieux diriger et conduire, d’être une colonne dans le temple de Dieu, car lorsque Dieu nous enracine, ces racines traversent complètement le corps du péché. C’est là qu’est l’entrée [du chemin] au travers de sa chair. Un certain temps après avoir reçu l’Esprit de Dieu, j’ai commencé à avoir part à la communion des souffrances de Christ, mais depuis cette époque, je n’ai pas été compris. Cependant, gloire à Dieu, car son Fils a parcouru le même chemin, et il nous comprend. Cela crée une souffrance de ne pas être compris. Les enfants ne comprennent pas les pères. Si l’on n’est pas compris, on fait partie des pères, des anciens. C’est l’Esprit du Seigneur, et non l’âge, qui nous rend intelligents ; mais l’Esprit du Seigneur a de quoi nous former pendant de nombreuses années. Comme tu peux le comprendre par cette lettre, tu vois que Dieu m’a aussi donné ces vérités et ces révélations. Mais à partir du moment où Jésus a pris la résolution de se rendre à Jérusalem, tous l’ont abandonné. Il en est de même de nos jours. À partir du moment où nous nous tournons vers Jérusalem (nous disposons nos cœurs à souffrir avec lui), nous nous retrouvons seuls. Alléluia ! Parmi ceux qui ont été baptisés de l’Esprit, on a besoin d’hommes qui se sont tournés vers Jérusalem, parce que de tels hommes connaissent le cap et connaissent le chemin, le chemin à travers le voile qui est sa chair. Je ne me lasse jamais de parler de ces choses magnifiques. Si nous souffrons avec lui, nous serons aussi glorifiés avec lui. Quand nous nous voyons tellement misérables à la lumière de l’Esprit, nous ne sommes pas si prompts à condamner. C’est là que résident notre faiblesse et notre force. Oui, c’est louable de ta part, cher frère, que tu aies pénétré dans le royaume des cieux, jusqu’à souffrir avec Lui. Par là, nous avons une communion en Esprit bien plus profonde que jamais auparavant. La première terre a été submergée par l’eau. La terre actuelle est réservée pour le feu. La conséquence en est que le baptême (image qui représente les eaux de Noé) a enterré notre chair, sans nous purifier de l’impureté de la chair. Le corps du péché a péri par l’eau (il ne nous conduit plus), mais la terre actuelle, l’impureté de la chair (le corps du péché, sans qu’il nous pousse), doit être consumée par le feu. Nous sommes baptisés du Saint-Esprit et de feu. Quand le feu consume le corps du péché, cela engendre la souffrance, la communion des souffrances de Christ. L’Esprit nous convainc de jugement et nous dit que c’est le chemin qui mène au Père de traverser le corps du péché en passant par le feu.

Je dois te transmettre les salutations de Selma ; elle est partie hier à 11 h 45 du matin pour Fredrikstad pour aller ensuite à Jeløen, près de Moss, chez une amie. Elle passera encore ici au retour dans environ 3 semaines – si elle vit et si Dieu le veut.

Le fr. Ellefsen s’est beaucoup réjoui d’apprendre que tu devais venir ici, de même que Kristoffersen. Le fr. Berg viendra vraisemblablement à Kristiansand le 27 de ce mois avec le bateau de Brevik qui arrive le soir. Il a l’ordre de se présenter à Marviken le 28 juin à 6 heures du matin. Il se réjouit de parler avec vous, mais tu ne seras peut-être pas à la maison à ce moment-là, mais tu pourras sans doute lui parler ici, car il arrive vers le 1er juillet et ne partira pas avant le 15 juillet. Ellefsen est en période d’examens, il aura fini jeudi de cette semaine.

Les fr. Berg et Ellefsen, de même que Pauline et Selma ont lu ta lettre.

Salue Helga et remercie-la pour les passages qu’elle a ajoutés. Selma m’a rapporté que toi et Helga, vous avez des pensées profondes ces derniers temps. Vous avez toujours un sujet de conversation ou de réflexion. J’ai éprouvé une vraie joie en entendant cela.

Salue tout le monde à la maison et sois toi-même salué de la manière la plus cordiale par ton frère dans le Seigneur,

Johan