(Manuscrit original non disponible)
Que la grâce et la paix de Dieu fortifient ton corps, ton âme et ton esprit. Dieu est notre force, car c’est dans le calme et la confiance en lui que se trouve notre force.
J’ai appris que ton corps est affaibli, mais Dieu veut fortifier ton corps ; j’ai aussi appris que tu sens que ton âme est affaiblie, mais Dieu veut fortifier ton âme. Ce n’est pas l’air de Voksenkollen à lui seul qui est en mesure de te procurer de la force pour ton âme et pour tes membres, mais la puissance de Dieu en est capable. Tu n’as pas besoin d’aller à Genève pour y retrouver des forces, car Dieu est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur. Nous n’avons plus besoin d’aller ni à Jérusalem, ni au mont Garizim, nous n’avons plus besoin ni de faire descendre Christ du ciel, ni de le faire remonter de l’abîme, car il est en vérité près de chacun d’entre nous.
Ne me comprends pas de travers, car le voyage que tu as fait à Voksenkollen t’a sûrement prouvé que tu n’as ni quitté, ni retrouvé Christ.
Merci beaucoup pour les 770 couronnes[17] que tu m’as envoyées, mais j’espère que tu n’auras pas le cœur assez dur pour m’ôter le fruit dans le Seigneur que je retirerai en te renvoyant le montant des intérêts courus des années passées. Mes intérêts sont plus que payés par l’usage utile que tu as fait de cet argent, ainsi que par ta bonne disposition de cœur envers ton frère Ludvig. Le Seigneur, dont les yeux sont comme une flamme de feu, te fera miséricorde en son jour, parce que tu as fait profiter d’autres du fruit de tes mains.
Je me permets donc de te renvoyer 210 couronnes.
Je craignais que tu sois en colère contre moi, puisque tu ne m’écrivais pas ; mais ce n’est donc pas le cas. Je reconnais que je suis très dur et très direct, mais Dieu m’a créé comme cela, et j’ai le sentiment que mon ministère en Christ est justement d’être direct, sans rien épargner, là où c’est nécessaire, car en agissant de la sorte, je trouve une paix et une victoire précieuses. Et tous ceux qui ont reçu quelque chose de Dieu comprendront que ce n’est pas pour leur faire du mal que j’agis de la sorte, mais pour leur ôter le mauvais esprit ou le mal auquel ils sont attachés. – Porte-toi bien et réponds-moi vite.
Salue tout le monde à la maison et repose-toi en toute confiance dans le Seigneur, car le monde ne s’écroulera pas, même si tu ne peux pas participer à tout.
Je suis à terre pendant la pause de midi, car Pauline a accouché d’une fille hier. Elle est grande et se porte bien.
Salutations de Pauline et de Kristian, ainsi que de ton frère toujours dévoué,
Johan