Grâce et paix.
Merci pour ta bonne lettre et pour ton ébauche de texte, qui renfermait vraiment beaucoup de bonnes pensées. Je n’ai pas encore eu le temps de travailler sur ce document, mais Dieu conduira là aussi chaque pas. Cela m’a réjoui que tu aies envoyé l’article à papa ainsi qu’à Alfine Torjussen. Mercredi, à la réunion, le fr. Berg a lu ton tract traduit de l’allemand et il a expliqué comment l’amour pour l’époux vient avec la croissance. Mme Knudsen voulait tout faire pour pénétrer dans ces vérités qu’elle ne comprenait pas encore entièrement. Je n’étais pas présent à cette réunion, mais le fr. Berg en a parlé. On ne peut pas dire qu’on est saisi de Christ avant d’avoir goûté à cet amour, a-t-il dit l’autre jour, et il voulait maintenant écrire à ce sujet à ses parents.
Le fr. Ellefsen a obtenu 2 ans de permission (à la suite[51]) pour aller en Amérique et travailler comme dessinateur. Le dernier article de « Missionæren » traduit de l’allemand s’appliquait exactement à moi, a-t-il dit, je me suis très bien reconnu. Ellefsen est un frère qui aime la vérité, que Dieu l’aide et se tienne près de lui en Amérique. Je n’ai encore rien entendu concernant son voyage.
Si jamais Dieu voulait t’amener à publier un petit journal, il serait prêt à travailler pour sa diffusion là-bas, a-t-il dit. Il faut dire que nous étions ce matin chez Pauline Roa, où nous avons estimé que tu remplissais toutes les conditions pour publier un petit journal (« Petites lumières » ou un autre titre de ton choix). Dieu t’a amené à faire d’assez nombreux voyages, si bien que tu as fait connaissance avec pas mal de gens, ce qui fait que je suis convaincu que tu es exactement l’homme qu’il faut pour une telle entreprise. Ce cercle de connaissances n’est pas la seule chose qui te qualifie, plusieurs choses entrent conjointement en ligne de compte. Tu es maintenant installé là-bas, les circonstances sont favorables, et l’envie ne te manque pas. En publiant un petit journal comme celui-là, une fois par mois, avec un abonnement d’une couronne à l’année, je crois qu’on pourrait faire un bon petit travail et cela vaudrait la peine. Le peu de gain que ce journal pourrait rapporter pourrait t’aider à vivre. Ici, à Horten, nous ferions de notre mieux pour répandre le journal, et je suis sûr que ce serait une aide opportune pour beaucoup de croyants, ici comme dans d’autres pays. Le travail que tu as fait auparavant serait simplement le fondement de cette entreprise. Quant à moi, je t’aiderais, par la grâce que Dieu donne, en te fournissant de la matière. Mais il faudrait que tout soit en Dieu par Jésus-Christ. L’existence du journal ne devrait pas être entre les mains des lecteurs, mais entre celles de Dieu, de sorte que nous puissions annoncer librement tout le conseil de Dieu, selon ce que Dieu nous a montré dans son amour, car Dieu n’approuvera ce journal que s’il est de cette nature. Cela pourrait nous donner la possibilité de proclamer sur les toits ce que Dieu nous révèle dans le secret de notre chambre. On pourrait peut-être essayer pendant un an. Je soumets cela simplement à ta réflexion ! Un tel journal a en tout cas de bonnes conditions pour se répandre, et même si les gens ne l’aiment pas, ils s’y abonneront malgré tout parce qu’il renferme des réalités. Il n’y a sans doute pas de publication comparable dans toute la Scandinavie. Le Danemark prendrait sûrement un certain nombre d’exemplaires. Le mois de décembre pourrait commencer par un numéro de lancement et toute l’année 1910 pourrait être l’année d’essai. Je trouve que tout s’est très bien arrangé pour arriver à ce résultat.
J’ai beaucoup pensé à Ép. 3, 10, mais je n’ai pas épuisé le sujet, et pourtant, il me semble que j’entrevois quelques contours qui indiquent que Dieu nous utilise pour faire des œuvres de plus en plus grandes, à mesure que nous mûrissons pour faire les œuvres dans le but qu’il soit honoré. De sorte que, comme Daniel, nous honorions Dieu, que nous soyons élevés pour participer au conseil du roi ou que nous nous trouvions dans la fosse aux lions. Car c’est une chose élevée aux yeux de l’homme de participer au conseil du roi, et c’est méprisable d’être parmi les lions, mais la sagesse variée de Dieu est malgré tout manifestée lorsque notre honneur est de faire sa volonté et de chercher son honneur.
Sur ce, une cordiale salutation.
Ton frère
JohanPauline salue.
