Romains 7 et Romains 8
Partout où on a l’occasion de parler avec des croyants qui ont appris à servir Dieu selon l’Esprit, et qui sont affranchis de la manière légaliste de le servir, on constate que bon nombre d’entre eux prétendent avoir sauté de Romains 7 à Romains 8. Ils se croient affranchis et désormais incapables de faire quoi que ce soit de mal. Du même coup, ils seraient affranchis du fait de se juger eux-mêmes, et tout cela égare les esprits et les oriente vers une fausse liberté.
Les gens qui ont mis en circulation un enseignement aussi empoisonné se rendent sans doute à peine compte de ce qu’ils ont fait. Mais c’est un fait que parmi les chrétiens de notre pays qui ont été affranchis de la loi, ces faux enseignements se sont enracinés plus profondément que ce qu’on peut imaginer.
J’ai demandé à des amis qui croient cela en toute sincérité s’ils n’ont jamais rien fait de mal depuis qu’ils ont reçu le baptême de l’Esprit et ont été affranchis de la loi, mais ils ont été bien embarrassés pour répondre. Car on sait très bien si on a fait ici ou là des choses qu’on n’aurait pas dû faire, mais on n’ose pas être assez honnête pour le reconnaître, car ce n’est pas en accord avec la doctrine de l’affranchissement qu’on a apprise et avec le fait d’avoir sauté de Ro. 7 à Ro. 8.
Tout le péché qui est dans le monde vient de la convoitise. Mais ce qui compte, c’est de savoir si on hait ou si on aime le péché. Un voleur aime voler et un avare aime amasser. Mais on ne peut pas dire que le voleur et l’avare font ce qu’ils haïssent. Ils font ce qu’ils aiment et tombent ainsi sous la malédiction de la loi.
Il en va autrement de l’âme qui, par la loi, a été affranchie et est morte quant à la loi. S’il arrive à une telle personne de faire quelque chose de mal, elle le hait parce que la loi qui est sainte, juste et bonne est contre cela. Dieu le hait, et l’âme qui a été affranchie de la loi le hait aussi. Mais dans ces conditions, Dieu et le frère ou la sœur en question sont parfaitement d’accord sur ce point. Et si nous faisons alors mourir par l’Esprit cette action, que l’Écriture appelle « action du corps », nous vivrons.
J’aimerais bien voir la personne qui peut prétendre qu’elle ne fait pas de temps à autre ce qu’elle hait. Mais si on fait ce qu’on hait, on se trouve encore dans Ro. 7. Et je crois qu’il faut alors s’humilier et reconnaître que ce saut dans Ro. 8 était quelque peu précipité. L’affranchissement consiste en ce que, jusque-là, on ne connaissait pas vraiment à fond sa propre corruption. Alors que maintenant, on a appris à la connaître et on a reçu la connaissance que la chair ne peut pas se soumettre à la loi de Dieu. On a cessé de vouloir sanctifier ce qui ne peut et ne doit pas être sanctifié. Les efforts qu’on a faits à cet égard ont été un magnifique affranchissement. Dieu a extrait mon entendement et ma volonté de la chair, et il les a placés dans l’Esprit, Ro. 7, 5 et 8, 9. Mais ça ne veut pas dire que la chair soit pure pour autant ; car il n’habite toujours rien de bon en elle, Ro. 7, 18. La loi de l’Esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort. C’est-à-dire que mon entendement est libéré de la chair dans laquelle le péché est condamné, cf. Ro. 8, 3, et il est placé dans l’Esprit, Ro. 8, 9, où il n’y a pas de condamnation, Ro. 8, 1. Car lorsque nous étions dans la chair, nous nous sentions condamnés avec le péché qui est condamné dans la chair, mais maintenant, nous nous sentons dans l’Esprit, libres avec l’Esprit.
L’apôtre Paul était sûrement lui aussi affranchi de la loi ; mais il n’était pas sans loi pour autant ; car il n’était pas sans la loi pour Dieu, mais dans la loi pour Christ. Et bien qu’il ait oublié tout ce qui était derrière lui et qu’il ait aspiré avec zèle à ce qui était devant, il était malgré tout obligé de reconnaître : Ce n’est pas que je l’aie déjà saisi, ou que j’aie déjà atteint la perfection, mais je cours, pour tâcher de le saisir, puisque moi aussi, j’ai été saisi par Jésus-Christ, Ph. 3, 12.
Soyons assez honnêtes envers Dieu, envers nous-mêmes et notre prochain, pour reconnaître et nous juger nous-mêmes quand nous avons fait ce qui est mal. Car c’est seulement celui qui a reçu l’Esprit qui peut faire mourir par l’Esprit les actions du corps.
Ainsi donc, frères, nous ne sommes point redevables à la chair, pour vivre selon la chair. Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez. Ro. 8, 12 et 13.
