Merci pour les affaires que tu as envoyées, elles trouveront sûrement leur utilité. J’ai fait maintenant 7 écriteaux et je vais envoyer demain un message à Kristiania par Hagemann Olsen pour acheter des planchettes peu épaisses, qui m’ont manqué tout le temps.
Tu écris dans tes lettres que tu n’as été qu’une seule fois à la réunion chez Th. R. depuis que tu es rentré. C’est tout à fait fâcheux de se retirer du ministère et de cesser de fonctionner, comme le roi Oscar II[44]. Dans de tels cas, il nous arrivera ce qui lui est arrivé : il a été congédié sans ménagements. L’ange de l’Église d’Éphèse a reçu le témoignage de l’Esprit qu’il avait souffert à cause du nom de Jésus et qu’il ne s’était point lassé. Nous aussi, nous devons garder ce témoignage de l’Esprit, pour que notre lassitude ne devienne pas notre jugement. Ap. 2, 3.
En ce qui concerne le corps et ses maladies, nous savons que lorsque Christ est mort, son corps est mort aussi. Nos corps sont donc aussi morts dans la mort de Christ. Le corps est mort à cause du péché, Ro. 8, 10. Nous nous trouvons sur le fondement de la résurrection, au-delà de la croix, c’est pourquoi notre corps appartient au Seigneur et qu’il est mort. Nous devons utiliser notre corps pour servir, c’est pourquoi le corps est pour le Seigneur, et le Seigneur est pour le corps. 1 Co. 6, 13. Il y a différents ministères, mais le Seigneur est le même.
Lorsqu’il est écrit qu’il a pris nos infirmités et qu’il s’est chargé de nos maladies (je te prie de lire Mt. 8, 16–17), cela veut dire qu’il a amené tout le corps dans la mort. Lorsque le corps a été mis à mort, toutes nos maladies ont aussi été mises à mort avec le corps. Jésus n’a pas souffert de migraine, de scarlatine, de diphtérie, de syphilis, de rage de dents, du choléra, etc. à l’infini, mais il a amené ce corps qui pouvait tomber malade dans la mort, et a ainsi anéanti les maladies, car je n’ai jamais entendu dire qu’un corps mort soit tombé malade.
Il faut comprendre par tout cela que le corps est mort et appartient au Seigneur. Le Seigneur fait donc ce qu’il veut du corps. Lorsque nous sommes malades, cela est lié au fait qu’il y a des mauvais esprits sur lesquels nous n’avons pas une pleine victoire. La mort de Jésus dans le corps éloigne du corps tout mauvais esprit. Mais une victoire imparfaite fournit une occasion pour que le corps souffre de maladie. Tu dis toi-même que ta capacité au travail spirituel est la plus grande lorsque ton corps est en bonne santé. Ta maladie est donc un obstacle direct pour ton ministère dans le Seigneur. Cet obstacle doit être ôté.
Le monde est plein de mauvais esprits. Récemment, le fr. Brungot singeait un capitaine qui est partiellement aveugle d’un œil, et immédiatement, son œil s’est enflé et est devenu semblable à l’œil de ce capitaine. La dernière fois que j’ai vu Brungot, l’œdème s’était presque résorbé, car il s’était jugé lui-même, mais son œil n’était pas encore redevenu normal. Il s’est laissé utiliser par un mauvais esprit moqueur, car il n’aurait pas pu se moquer dans l’Esprit de Dieu. Paul a chassé un esprit de divination, Ac. 16, 18. On doit ainsi utiliser un esprit de mensonge pour avoir la force de mentir, un esprit de vol pour voler, un esprit de vanité pour être vaniteux, et ainsi de suite, à l’infini. Il y a aussi beaucoup de bons esprits : l’esprit de prière, l’esprit de révélation, l’esprit de sagesse, l’esprit de conseil, l’esprit de force, l’esprit de jugement, etc. Il veut être un esprit de jugement pour ceux qui doivent juger, et un esprit de force pour ceux qui repoussent la guerre à la porte. Nous apprenons par là que si nous sommes complaisants sur quelque point que ce soit, et que nous nous laissons vaincre, ou si nous prenons à la légère l’un de ces mauvais esprits, cet esprit trouvera un accès dans notre corps et y causera du trouble. On peut presque voir les yeux fermés qu’une personne est influencée par un esprit de vanité, par exemple.
Cependant, je ne crois pas que tu aies adopté un esprit de vanité, mais je crois que tu admires dans une certaine mesure ce qui est grand dans ce monde, et de cette manière, tu donnes un peu d’accès à cet esprit, et cela exerce à son tour une influence sur ton corps.
Qu’y a-t-il d’autre à faire que de résister fermement dans la foi à cet esprit, pour que la grâce, et par là la santé, puissent trouver toute leur place. Il ne pourra pas être question de guérir avant que tu aies triomphé de cet esprit, car si Dieu te guérissait avant, tu t’abandonnerais encore davantage, avec un corps sain, au pouvoir de l’esprit de vanité. La maladie est dans une certaine mesure un frein, de sorte que spirituellement, elle est plutôt un avantage qu’un inconvénient pour toi. Ceci concerne ta personne, mais c’est une situation désolante, car ton ministère en souffre, et par conséquent, les fruits ne sont pas abondants.
À partir du moment où tu te soumettras à la parole qui dit : le corps est pour le Seigneur, et le Seigneur est pour le corps, tu verras que la santé t’inondera comme un fleuve, car le plus profitable, aussi bien pour toi que pour la cause de Dieu, c’est que ton corps soit en bonne santé. Mais si tu laisses régner la vanité, prépare-toi à être malade, voire même à mourir plus tôt, car Dieu ne fait pas acception de personne.
C’est parce que je sais que tu aimes la vérité que j’ose t’écrire de telles choses, car l’amour pour la vérité peut sauver de la mort.
Porte-toi donc très bien, et essaie cette cure spirituelle ; et si ce n’est pas le bon médicament, le Seigneur n’aura pas parlé dans cette affaire. Mais si cela t’aide et que ta santé s’améliore de plus en plus à mesure que tu écrases la vanité sous tes pieds, alors le Seigneur aura parlé, tu seras fortifié dans la foi, et tu seras plus apte au ministère.
Sur ce, salutations cordiales à toi et à tout le monde à la maison.
Ton frère en Christ
Johan