Flekkefjord, le 28-7-1908
Cher frère, Aksel,
Grâce et paix de Dieu

J’ai bien reçu ta très bonne lettre. – Tu mentionnes beaucoup de choses concernant les amis, qui prétendent qu’ils n’ont pas besoin d’enseignement, parce qu’ils sont tous enseignés de Dieu.

Jn. 6, 45, qui traite de ces choses, dit ceci :

« Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés de Dieu. Ainsi, quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement vient à moi. »

Nous sommes tous enseignés par le Père pour venir au Fils. Le Père est l’Esprit dans toute sa plénitude, qui convainc le monde en ce qui concerne le péché, la justice et le jugement. C’est là la loi qui est inscrite dans les cœurs et dont parlent les prophètes. Elle a été inscrite dans le cœur de tout homme par la mort de Christ – l’Esprit témoigne contre tous les hommes. C’est avant d’être venus au Fils que nous avons été enseignés de Dieu. Mais quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement vient au Fils qui, à son tour, est le chemin vers le Père. – Dans le Fils, il y a de l’exhortation et de l’enseignement. C’est de lui, et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps (l’Assemblée), bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s’édifie lui-même dans la charité. Ép. 4, 16.

Avant que l’on vienne à Christ, Dieu nous enseigne lui-même ; mais après que l’on est venu au Fils (l’Assemblée, qui est son corps), Dieu nous a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints, en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ. Ép. 4, v. 11 et suivants.

L’Esprit de Dieu repose sur toute chair et convainc toute chair qui vit dans le péché. De cette manière, tous sont enseignés de Dieu ; car c’est grâce à la mort et à la résurrection de Christ que l’Esprit peut faire cette œuvre. Mais quand quelqu’un s’est laissé convaincre et qu’il est entré dans le corps, qui est son Assemblée, il doit alors accepter les dispositions que Dieu a instituées dans l’Assemblée, et il est écrit noir sur blanc qu’il a institué des docteurs dans l’Assemblée. Quand on peut séduire les gens au point de leur faire croire qu’il faut continuer à être enseigné de Dieu seul, même dans l’Assemblée, on a bien sûr un manque total de connaissance et on tord le sens des Écritures. Tout vient de Dieu – que ce soit celui qui est enseigné ou celui qui enseigne ; mais il faut de l’ordre en tout et une orientation claire. Celui qui méprise les témoins de Dieu, méprise Dieu lui-même. Nous ne devons pas nous faire appeler maître ou conducteur, car un seul est notre conducteur, le Christ. Cela est dit pour dévoiler les maîtres charnels, qui cherchent leur propre gloire. De telles personnes ne sont évidemment pas instituées par Dieu, et c’est pourquoi elles sont tout de suite arrêtées dans leur élan. Paul disait lui-même qu’il était pour les païens un maître en Esprit et en vérité. Mais il ne cherchait pas à être adulé et appelé maître et Rabbi. Le fait même d’être un maître en Esprit et en vérité le lui interdisait.

Il y a une grande activité dans le corps de Christ. Le corps de Christ est tout et il est composé de de tous ceux qui sont en Christ. Dans ce corps, certains sont plus développés que d’autres. Dans l’assemblée ou dans le corps, on ne peut pas être enseigné par le Père, ce serait une nourriture trop consistante. On doit apprendre les uns des autres en même temps qu’on est conduit par l’Esprit. Ceux qui sont enseignés de Dieu pour venir au Fils de Dieu sont dirigés vers la mort de Christ et la rédemption. Mais ceux qui sont enseignés dans l’Assemblée sont dirigés vers le Père, c’est-à-dire la perfection. Si on veut apprendre quoi que ce soit, il faut faire la différence entre ces deux enseignements. Ceux qui se targuent d’être enseignés de Dieu devraient donc se trouver soit en dehors de Christ, soit juste à l’entrée qui conduit à lui. Car après que nous sommes venus à Christ, nous sommes conduits à toute la vérité par l’Esprit et par les instruments de l’Esprit. Dieu a placé dans l’Assemblée des prophètes, c’est-à-dire des gens qui ont un contact direct avec l’Esprit et qui reçoivent des révélations de sa part. Ceux-ci, à leur tour, doivent instruire le peuple. Il y avait de telles personnes à Antioche. Nous devons laisser les choses telles que Dieu les a ordonnées dans l’Assemblée, et si nous désirions que ce soit tout autrement, nos désirs seraient réduits à néant devant l’ordre institué par Dieu. Celui qui institue, institue qui il veut, pour ce qu’il veut, et même si Satan se déchaîne, il doit laisser les choses telles que Dieu les a voulues, sans avoir un mot à dire. Ce qu’on peut faire de mieux, c’est d’entrer dans le repos et d’être content de toutes choses telles qu’elles sont, et de rejeter tous les égards et tous les soucis sur le Seigneur. C’est tout aussi vain de vouloir s’opposer aux plans de Dieu et à son ordre établi que d’être furieux toute sa vie parce qu’on n’est pas devenu le roi Haakon[41].

Nous ne marchons pas dans les ténèbres, mais dans la lumière, et nous n’avons donc rien à cacher. C’est pourquoi ce serait bien si tu pouvais à l’occasion lire cette lettre à une réunion chez Rasmussen ; que ceux qui voudront se mettre en colère se mettent alors en colère, et ceux qui voudront se réjouir se réjouissent, car on doit éprouver toutes choses et retenir ce qui est bon !

C’est bon de se confier en Dieu, cela remplit d’allégresse de le laisser avoir raison en toutes choses.

C’était béni de pouvoir dire quelques mots sur Jésus à Arendal dimanche matin, dans la salle de l’église baptiste. Quand ils ont entendu que j’étais le fils de Smith de Kristiansand, le pasteur a dit : « Dans ces conditions, ce n’est pas étonnant. » L’Esprit de Dieu reposait en effet puissamment sur moi, et l’assemblée était tout oreilles. C’est bienfaisant, après avoir passé du temps à bord, de pouvoir parler un peu de Jésus-Christ.

Salutations à tous les amis qui se réunissent chez le fr. Rasmussen et à tout le monde à la maison avec Ép. 4, 4, et à toi avec 1 Ti. 6, 3–5.

Ton frère,

Johan