La grâce dans la tentation
La tension est à son comble. C’est à la limite du supportable. Naomi, qui aimait beaucoup ses belles-filles, espérait de tout cœur qu’elles feraient le bon choix, mais sa fidélité en Esprit lui a fait afficher une certaine froideur et dureté. Et au moment où la tension était au plus fort, elle les embrassa, elles élevèrent la voix, et pleurèrent. Naomi ne pouvait pas en faire plus, car le libre arbitre lui semblait être ce qu’il y avait de plus précieux. Elle ne voulait pas emmener avec elle au pays de Juda deux femmes esclaves. Son travail consistait à tout moment à libérer leur cœur de Moab. Mais elles ne le comprenaient pas, évidemment. Elles ont sans doute pensé que Naomi voulait se débarrasser d’elles.
Naomi faisait preuve de sagesse dans son ministère. Elle ne se servait pas seulement de la lettre. Elle savait comment dénouer les liens de la servitude et renvoyer libres les opprimés. Elle devait elle-même trouver la meilleure manière d’y parvenir. Elle savait comment il fallait traiter ses belles-filles pour que, par amour, elles restent attachées à elle. En vertu de ces liens bénis de fidélité et d’amour, elle soumet ses belles-filles aux épreuves les plus dures, en les priant même de retourner au pays de Moab. S’il fallait le faire, c’était maintenant ! Au fond de son cœur, elle avait bien sûr l’espoir de leur arracher cette réponse que Pierre a donnée au Sauveur : Seigneur, à quel autre irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
Naomi les embrassa, et elles pleurèrent. Ce n’était pas facile de s’arracher à un tel amour.
