Tout le peuple qui était à la porte et les anciens dirent : Nous en sommes témoins !

Verset 11

Quand l’homme impie parle et présente sa cause, elle peut sembler juste aux yeux de beaucoup de gens, car il ne se prive pas d’affirmer beaucoup de choses. Mais le juste l’examine, et quand il plaide sa cause devant les anciens et aux oreilles de tout le peuple, ils doivent dire : Oui, nous en sommes témoins. Tu as raison.

En son temps, Job était un homme puissant. Quand il sortait pour aller à la porte de la ville, et qu’il se faisait préparer un siège dans la place, les jeunes gens se retiraient à son approche, les vieillards se levaient et se tenaient debout. Les princes arrêtaient leurs discours, et mettaient la main sur leur bouche. La voix des chefs se taisait, et leur langue s’attachait à leur palais. L’oreille qui l’entendait le disait heureux, l’œil qui le voyait lui rendait témoignage. Job 29, 7-12.

Paul confirme cela quand il dit dans 1 Co. 2, 15 : L’homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n’est lui-même jugé par personne.

Job pouvait juger des princes, des chefs, des vieillards et des jeunes gens. Même ses trois amis venus pour le consoler, qui cherchaient à le juger, ont dû abandonner. L’Éternel a rendu témoignage à Job et a dit à Eliphaz de Théman : Ma colère est enflammée contre toi et contre tes deux amis, parce que vous n’avez pas parlé de moi avec droiture comme l’a fait mon serviteur Job… Job, mon serviteur, priera pour vous, et c’est par égard pour lui seul que je ne vous traiterai pas selon votre folie ; car vous n’avez pas parlé de moi avec droiture, comme l’a fait mon serviteur Job. Job 42, 7-9.

Il y avait un quatrième homme chez Job, Elihu de Buz, fils de Barakeel, de la famille de Ram. Sa colère s’enflamma contre Job, parce qu’il était juste à ses propres yeux. Et sa colère s’enflamma contre ses trois amis, parce qu’ils ne trouvaient rien à répondre et que néanmoins ils condamnaient Job. Elihu fait un long discours où il développe ses pensées pour Job, et il finit par taper dans le mille quand il dit :

« Mais tu as dit à mes oreilles, et j’ai entendu le son de tes paroles : Je suis pur, je suis sans péché, je suis net, il n’y a point en moi d’iniquité. Sois attentif, Job, écoute-moi ! Tais-toi, et je parlerai ! Si tu as quelque chose à dire, réponds-moi ! Parle, car je voudrais te donner raison. Si tu n’as rien à dire, écoute-moi ! Tais-toi, et je t’enseignerai la sagesse. » Job 32 et 33.

Job ne répond pas au discours d’Elihu. On a l’impression que cela lui a donné beaucoup de matière à réflexion, des questions incontournables. Après Elihu, c’est l’Éternel qui lui parle, et quand il a fini, Job répond :

« Oui, j’ai parlé, sans les comprendre, de merveilles qui me dépassent et que je ne conçois pas. Mon oreille avait entendu parler de toi. C’est pourquoi je me condamne et je me repens sur la poussière et sur la cendre. » Job 42, 1-7.

C’est toujours celui qui est le moins juste qui est jugé par celui qui l’est le plus. Mais comme celui qui est plus juste possède plus de grâce et de miséricorde que celui qui l’est moins, il peut toujours conduire au Seigneur, Seigneur, auprès de qui il y a une issue même à la mort. Mais quand c’est celui qui est moins juste qui veut juger celui qui l’est plus, il n’arrive jamais au bout de son jugement et n’est pas en mesure d’en recouvrir celui qu’il juge. Un tel demi-jugement ne peut pas non plus se transformer en justice. En revanche, celui qui est plus juste peut prononcer un jugement entier et susciter chez celui qui est jugé une reconnaissance pleine et entière de son état. Cela peut alors mener à un plein salut.

Que faut-il donc faire ? Il ne faut pas entreprendre dans ce monde plus que ce qu’on est en mesure d’achever. Cela est agréable et juste aux yeux de Dieu comme des hommes. Dieu ne nous a pas demandé de mettre de l’ordre dans des choses pour lesquelles nous sommes incapables et qui sont trop importantes pour nous, et on n’arrive à rien par sa propre force.