Des épreuves sur la route

À peine a-t-on commencé sur la route que les épreuves surviennent. Naomi en avait quant à elle complètement fini avec le pays de Moab, et elle voulait retourner à Juda coûte que coûte. Les choses étaient différentes pour ses deux belles-filles. Toutes les deux n’avaient pas encore été éprouvées à l’école de l’Esprit. Mais Naomi, qui connaissait bien l’enjeu, et qui savait que ses belles-filles risquaient de regretter leur choix un peu plus loin sur la route, voulait s’assurer qu’elles soient bien au clair de ce qu’elles étaient en train de faire. C’est pourquoi elle leur a dit :

Allez, retournez chacune à la maison de sa mère ! V. 8.

Leur entendement est mis à l’épreuve une première fois. Étaient-elles vraiment disposées à la suivre, et à quitter le monde ? Elles doivent prendre conscience de ce qu’elles viennent de quitter, qu’elles ne reverront plus jamais la maison de leur mère, mais qu’elles peuvent encore faire demi-tour.

On allait enfin savoir où était leur trésor, si leur cœur était encore attaché au monde, ou si elles en avaient vraiment fini avec le monde, et qu’elles recherchaient vraiment une nouvelle patrie. Naomi les met vraiment à l’épreuve quand elle évoque le souvenir qui leur est le plus cher : la maison de leur mère. Voulez-vous vraiment quitter la maison de votre mère ? Calculez bien les dépenses ! On verra alors si l’amour pour Juda est plus fort que l’amour pour Moab. Elles sont mises à l’épreuve comme le fut la femme de Lot en son temps. Le moment était venu de résister ou de céder !

Beaucoup commencent sur le chemin, mais après quelque temps, quand ils réalisent ce que ça va leur coûter, ils s’en retournent au monde. Naomi le savait bien. C’est pourquoi elle leur permet de choisir d’elles-mêmes, le plus tôt possible.

Pendant les réveils, beaucoup se réveillent et se mettent en route pour le pays de Juda, mais la plupart emportent avec eux le monde dans leur cœur. Quand ils ont avancé suffisamment sur le chemin, et que le monde et ses plaisirs semblent leur échapper, ils s’aigrissent et se mettent à murmurer comme le peuple d’Israël dans le désert, en disant : Qui nous donnera de la viande à manger, car c’était bien en Égypte ! Nb. 11, 18. Ils voulaient bien être sauvés, mais n’avaient rien à sacrifier pour ce salut.