Et l’Éternel me ramène les mains vides

Elle était désormais seule et abandonnée dans ce monde. Elle était même allée jusqu’à renoncer à Ruth dans son cœur. Elle avait appris qu’il fallait renoncer à tout pour être un disciple du Seigneur. La chair éprouve de l’amertume sur les voies de Dieu, et elle préférait donc qu’on l’appelle Mara. Pourtant Dieu appelle une telle âme Naomi (la gracieuse), car qu’y a-t-il de plus gracieux aux yeux de Dieu qu’une âme pauvre en esprit et pauvre en tout ? Une telle âme dépend de lui pour toutes choses. Naomi avait expérimenté ce que cela représentait d’être la cible des flèches de l’Eternel, car chez une âme qui lui est dévouée, il ne supporte rien ni personne d’autre à ses côtés. Tel un chasseur, il est à l’affût de tout ce qui voudrait empêcher une âme de fusionner avec lui dans l’amour. Il brise tout ce qui l’empêchera par la suite de parler facilement à une âme, pour que celle-ci le suive dans une foi aveugle.

De telles âmes font la joie et le plaisir de l’Éternel. Mais l’âme elle-même a l’impression que Dieu la persécute, qu’il la tourmente et la rend misérable. Pourtant Dieu agit de la sorte pour pouvoir ensuite attacher cette âme d’autant plus fermement à lui, dans un grand dévouement et dans l’amour.

Tous les sentiers de l’âme s’obscurcissent. Seul un chemin brille. La paix n’apparait que sur un seul chemin, c’est le chemin qui mène à Dieu lui-même.