Ruth remporte la victoire
Ruth répondit : Ne me presse pas de te laisser, de retourner loin de toi ! Où tu iras j’irai, où tu demeureras je demeurerai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu ; où tu mourras je mourrai, et j’y serai enterrée. Que l’Éternel me traite dans toute sa rigueur, si autre chose que la mort vient à me séparer de toi ! V. 16-17.
Ça suffit ! Elle met la tentation à la porte ! Elle remporte une victoire dans l’Esprit. Inutile pour Naomi d’évoquer le souvenir de Moab. Ruth a fixé son cap vers une nouvelle patrie : « Ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu. » En faisant un tel choix, elle rejette son propre peuple et son propre dieu (les idoles). Bénie soit Ruth pour un choix aussi affirmé ! La fermeté de Naomi s’empare de Ruth. Désormais elle veut vivre et mourir avec elle.
Il n’est pas toujours facile de comprendre un véritable guide spirituel. À un moment, il semble vouloir te chasser. Tu ne le comprends pas lorsqu’il cherche à se débarrasser de toi. Tu ressens cependant son amour sincère, sa fermeté et son désir intransigeant d’avancer lui-même sur le chemin, en avant, toujours en avant ! Comme Naomi, il a la victoire dans les domaines où tu es tenté.
Pour Naomi, une Ruth éprouvée vaut plus que dix-mille Orpa !
Après les grands réveils, beaucoup se mettent en route pour le pays de Juda, accompagnés de grandes foules. C’est tellement impressionnant aux yeux des hommes. On félicite ceux qui ont dit adieu au monde, on joue, on chante et on pleure.
Et les guides en question se mettent en route, suivis de toute leur compagnie. Mais que se passe-t-il ? Les premières difficultés surgissent en chemin, les provisions commencent à manquer, la faim et la soif se font ressentir. Quand il n’y a plus de foin au râtelier, les chevaux se battent, dit un dicton. On perd alors la confiance qu’on avait en ses conducteurs, on se divise en plusieurs groupes, on choisit de nouveaux dirigeants etc. L’Esprit de Dieu attend d’une âme qui est en route pour Juda qu’elle se purifie comme lui-même est pur. Toute injustice que l’on a commise précédemment dans le pays de Moab doit être réparée. La chair ne supporte pas un tel traitement, les conducteurs ne savent généralement pas comment faire. Très souvent, ce sont des mercenaires qui vivent de leur commerce. On commence alors à se dire que la vie n’était pas si mal en Égypte, en Moab. La cupidité, la médisance, l’injustice et les mauvais désirs sont des fruits défendus sur le chemin vers Juda. C’est insupportable, et comme l’a fait Orpa, petit à petit, les foules se dispersent et s’en retournent confuses à Moab pour se mêler au plus vite à la foule.
Ne prête pas trop vite l’oreille à ceux qui te proposent de te conduire au pays de Juda. Ta chair se consume et disparaît, tes os qu’on ne voyait pas sont mis à nu ; ton âme s’approche de la fosse, et ta vie des messagers de la mort. Mais si Dieu t’envoie alors dans ta détresse un ange intercesseur, un d’entre les mille, qui t’annonce la voie que tu dois suivre, Job 33, 21-29, alors tu peux espérer recevoir de l’aide d’une telle âme sur ton chemin.
