Maîtres

Et vous, maîtres, agissez de même à leur égard, et abstenez-vous de menaces, sachant que leur maître et le vôtre est dans les cieux, et que devant lui il n’y a point d’acception de personnes. V. 9.

Ceux qui sont maîtres selon la chair ont vite fait d’être trop exigeants envers leurs serviteurs. Plus un serviteur fait bien son travail et moins il contredit, plus grandes deviennent les exigences, la plupart du temps, alors qu’un serviteur paresseux, qui contredit, s’en sort à meilleur compte. Cela vient de la faiblesse de la chair et de la lâcheté, de la part du maître lui-même.

Un maître a le droit de son côté, aussi longtemps qu’il rémunère tout le travail effectué et que ses exigences restent raisonnables. Mais dès qu’il opprime son serviteur ou qu’il retient une partie de son salaire, il outrepasse ses droits.

Le combat contre les maîtres de ce monde, qui règnent dans les ténèbres de notre époque, survient justement par le fait que, dans les ténèbres dans lesquelles ils sont, ils soumettent le corps, l’âme et l’esprit de leurs serviteurs à leur tyrannie. J’ai vu des personnes faibles perdre la raison sous le joug de tels tyrans.

Un serviteur éclairé par Dieu trouvera lui-même la limite où le service s’arrête et où commence l’oppression. Il doit veiller à ce que son maître ne puisse jamais franchir cette limite, car l’esprit qui est en nous est plus fort que l’esprit qui est dans les maîtres du monde, dans les ténèbres de ce temps. Le serviteur doit servir son maître comme il servirait Christ aussi longtemps que son maître exige des choses raisonnables de sa part ; mais s’il dépasse les limites, le serviteur doit le rencontrer en dehors des limites et engager le combat contre lui.

Dans un tel combat contre les maîtres de ce monde, au cours duquel le maître a le droit de son côté, de la part de Dieu comme de la part des hommes, il aura Dieu aussi bien que les hommes comme adversaires dès qu’il transgressera ses propres lois et ses propres limites. Dans une telle situation, le serviteur remportera toujours la victoire, à condition d’avoir toujours veillé avec un soin extrême à faire tout son devoir à l’intérieur des limites de ce qui est raisonnable ; car notre foi est la victoire qui triomphe du monde.

Cela prouve que même un maître selon la chair a un supérieur et un maître, le Seigneur et Maître qui est dans le ciel.