Christ manifesté en chair
Et sans contredit, le mystère de la piété est grand : Christ manifesté en chair… 1 Ti. 3, 16.
Pour s’attaquer au péché dans la chair, Christ a dû être manifesté en chair. Peux-tu le croire ? Ou crois-tu qu’il était un ange, ou comme Adam avant le péché originel ?
Autant que je sache, il n’y avait pas d’inimitié à détruire en Adam avant le péché originel, ni chez les anges. D’ailleurs, ce n’est pas à des anges qu’il vient en aide, mais à la postérité d’Abraham. Hé. 2, 16.
Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par sa mort, il anéantisse celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable, et qu’il délivre tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude. Hé. 2, 14.
La nature est sous le coup de la malédiction du fait du péché originel. Puisque notre corps fait partie de la nature, il est lui aussi tombé sous le coup de la malédiction. Maudit soit celui qui est pendu au bois ! On ne peut pas séparer le péché du corps ; ils sont intimement liés. Seul le sang de Christ peut mettre un terme au péché dans la chair ; mais la croix agit toujours en accord avec la volonté de Dieu, pour la mort, et de ce fait, les effets de la mort de Christ dans notre chair mortelle seront toujours accompagnés de souffrances dans la chair. Quand la mort de Christ s’installe, le jugement disparaît.
On peut déjà voir chez les petits enfants d’innombrables preuves du fait qu’ils portent en eux la racine et le germe du péché. Mais ce péché dont nous avons hérité ne doit pas régner dans notre chair mortelle, pour que nous obéissions à ses convoitises. Nous devons au contraire sanctifier Christ comme Seigneur dans notre cœur, et faire la volonté de Dieu par la force du Saint-Esprit. Cela prend en tenaille le péché dans la chair. Le vieil homme est crucifié pour que le corps du péché soit détruit, afin que nous ne servions plus le péché. Ro. 6, 6. C’est ce chef-d’œuvre que Dieu a fait quand il a envoyé son Fils et qu’il a condamné le péché dans la chair. Ro. 8, 3. C’est à cause du péché qu’il l’a envoyé. Ce qui était impossible à la loi devient maintenant possible, car il est devenu possible pour chaque homme que la mort de Christ agisse en lui. Il faut juste que nous donnions à Dieu notre volonté et notre accord pour qu’elle agisse ; si les choses n’étaient pas ainsi disposées, ce ne serait pas selon la loi de la liberté que Dieu nous sauverait.
Le péché est tapi à notre porte, mais nous devons dominer sur lui.
Puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même. Un corps a été formé pour lui, et dans le rouleau du livre, il était écrit à son sujet qu’il venait pour faire la volonté de Dieu.
En tant qu’homme, Jésus avait une volonté. Il dit : Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne. Lu. 22, 42.
Jésus a renoncé à sa volonté humaine, qui a été crucifiée en faveur d’une volonté plus élevée et plus forte : la volonté de Dieu.
Les commandements et les ordonnances ont été donnés à cause des transgressions, et les transgressions sont un résultat de la volonté propre. Puisque la volonté de Dieu était toujours mise à exécution dans la vie de Christ, le fait d’avoir eu à combattre sa propre volonté est un plus grand sujet d’honneur pour lui, que s’il n’avait pas eu une telle volonté propre. Ceux qui se représentent Christ comme étant semblable à Adam avant le péché originel devraient se souvenir de cela. Plus un ennemi est puissant, plus grand est l’honneur de le vaincre. Jésus a foulé seul à ce pressoir, et il a de ce fait inauguré pour nous une route nouvelle et vivante au travers du voile, c’est-à-dire sa chair. Hé. 10, 20. Les commandements disparaissent quand la volonté propre meurt, et quand c’est l’Esprit qui nous conduit en toutes choses, la justice de la loi s’accomplit.
Toute réconciliation avec Dieu a lieu dans le corps de Christ. C’est là qu’est détruite l’inimitié, c’est là que le sang purifie, c’est là que la vie de Christ est manifestée. La volonté humaine et les opinions humaines sont mises à la porte, et la volonté de Dieu, ainsi que les opinions de Dieu, sont établies à la place. Nous devenons participants de la nature divine, car par cette volonté nous sommes sanctifiés par le seul sacrifice de Jésus-Christ.
Nous sommes sanctifiés par la volonté de Jésus-Christ et par son sacrifice, mais il y a une différence entre le fait d’être sanctifié et celui d’être saint. Un mari non-croyant peut être sanctifié par sa femme croyante, mais il n’est pas saint pour autant. De même, toute l’œuvre de Christ est faite pour nous, même si seule une portion de cette œuvre a été faite en nous. Ce qui a été fait pour nous nous sanctifie, mais ce qui se fait en nous nous rend saints. Certains déforment le sens de ce passage et disent que nous sommes rendus saints une fois pour toutes, par le seul sacrifice de Jésus-Christ, de sorte que nous n’avons pas besoin de rechercher maintenant la sainteté.
Ce n’est pas une tâche aisée pour un homme en chair et en sang que de vivre selon la volonté de Dieu. On recherche volontiers toutes sortes de ruses pour s’en sortir au meilleur compte possible. Si on arrive à corriger un peu la doctrine, et à casser la pointe de la Parole tranchante, qui pénètre partout, il devient plus facile d’échapper à la volonté de Dieu tout en gardant une conscience à peu près tranquille. C’est pour cette raison que l’on se choisit des docteurs suivant ce qui convient le mieux à la chair. En fin de compte, la saine doctrine devient une doctrine très dangereuse, et ceux qui l’annoncent passent pour être durs et pleins de jugement. En revanche, ceux qui annoncent la paix, la paix, au milieu de la guerre, passent pour être pleins d’amour, et ceux qui sont des experts pour passer un coup de chaux sur le tout passent pour être patients et tolérants. Job a raison de s’écrier : On dirait, en vérité, que le genre humain c’est vous, et qu’avec vous doit mourir la sagesse. Job 12, 2.
Ce que la doctrine nous enseigne sur la croix de Christ et sur la communion de ses souffrances est bon ; cela nous mène à la piété, mais cela amène aussi le vieil homme sur la croix. Si donc on est trop sensible pour vouloir entendre parler de la croix, et qu’on préfère laisser vivre l’inimitié, cette inimitié se dirige dans toute sa force contre les personnes qui veulent la détruire. La parole de la croix reste de nos jours un scandale pour les Juifs et une folie pour les Grecs.
De tels ennemis de la croix de Christ n’auront jamais de connaissance sur Christ manifesté en chair. Car si on admettait que Christ a souffert la mort dans la chair en sacrifiant sa propre volonté pour faire la volonté de Dieu, il va de soi que le Dieu qui n’a pas épargné la volonté propre de son propre Fils, selon la chair, n’épargnera pas non plus la nôtre.
Pour s’en sortir à meilleur compte, on veut avoir un autre Jésus. Il est beaucoup trop pénible et lourd de suivre le Jésus qui a été manifesté en chair, et qui a frayé une route nouvelle et vivante au travers du voile, c’est-à-dire sa chair.
Il est plus simple d’avoir affaire à un autre Jésus, un Jésus qui n’avait pas de volonté propre, un Jésus qui était comme Adam avant la chute originelle, ou comme les anges. Cela plaît aussi à l’imagination humaine, qui sait toujours trouver tout ce qui est beau et noble. Le fait que Dieu ait dû condamner le péché dans la chair de Christ est considéré comme quelque chose de dur, d’inflexible et de déshonorant pour un Jésus saint et pur.
On raisonne ainsi de manière humaine, sans se rapprocher de la vérité ne serait-ce que d’un millimètre.
Aussi longtemps que le péché dans la chair n’est pas condamné et crucifié, il fait de l’homme son prisonnier et l’utilise à son service, pour commettre les pires atrocités. Nous en voyons assez d’exemples de nos jours. Représente-toi ce qu’il en serait si tous ces meurtriers étaient crucifiés avec Christ ! Il y aurait immédiatement la paix dans de grandes parties de la terre.
Dieu a fait en sorte que la justice de la loi soit accomplie par le fait que la chair soit crucifiée, avec ses passions et ses désirs.
Par la lumière de la loi, le péché était auparavant condamné quand il se manifestait hors du corps, mais par l’œuvre de Christ, le péché a été condamné et mis à mort dans le corps.
L’homme de Dieu se manifeste quand le péché est condamné dans la chair, et l’héritage éternel qui nous est promis suit.
Et c’est pour cela qu’il est le médiateur d’une nouvelle alliance, afin que, la mort étant intervenue pour le rachat des transgressions commises sous la première alliance, ceux qui ont été appelés reçoivent l’héritage éternel qui leur a été promis. Hé. 9, 15.
Le ministère du médiateur ne commence à agir qu’après que nous avons été sauvés par la mort de Christ de nos péchés commis sous la première alliance. Nous recevons aussi l’héritage éternel qui nous a été promis dans la nouvelle alliance – après le pardon des péchés.
En tant que médiateur, Christ s’attaque au vieil homme et le crucifie, afin d’anéantir de cette manière le corps du péché.
L’inimitié se manifeste clairement quand on ne veut pas se charger chaque jour de sa croix et suivre Christ. Il ne sert à rien de prêcher, de chanter et de prier si la croix est reléguée dans un coin, où elle prend la poussière. Si tu veux avoir de l’autorité avec Dieu et sur les hommes, la croix doit être plantée au centre de ton cœur et agir à partir de là. Tous les grands hommes de Dieu sont devenus grands par la croix, car c’est par la croix que l’inimitié est mise à mort dans notre chair mortelle.
Ceci est une doctrine très ancienne, mais malgré tout nouvelle. Elle est tellement nouvelle qu’elle suscite de l’étonnement de tous côtés, tout particulièrement parmi les hommes qui parlent de la croix – de la croix qui a été plantée en dehors des murs de Jérusalem il y a plus de 1900 ans.
On ignore au plus haut point qu’il peut encore y avoir une croix de nos jours ; quand quelqu’un en parle, cela crée du scandale, puisqu’on s’est imaginé que le christianisme est une sorte d’entrepôt de lait et de miel, un organisme de bienfaisance où on ferme les yeux sur toutes sortes de vilenies. La chair se fait beaucoup de belles idées sur le christianisme, mais Dieu a aussi des pensées, et il met ses pensées à exécution, au grand dépit de la chair.
Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie. Ro. 5, 10.
C’est étrange de constater à quel point on a besoin des versets qui ne sont jamais cités, quand on pénètre sur ces voies intérieures !
Nous devons maintenant être sauvés par sa vie, après avoir été réconciliés par sa mort.
Quelle question brûlante, à toutes les époques ! Combien c’est dommage qu’on ne puisse pas entrer tout droit dans la vie, tel que l’on est ! Faut-il donc vraiment mourir, avant d’être réconcilié avec la vie de Christ ? Si on pouvait ainsi entrer tout droit dans la vie, grands seraient le nombre et la variété des foules de gens impies qui nous tiendraient compagnie. Mais nous pouvons remercier et louer notre Dieu plein de sagesse, de ce que chacun doit mourir à lui-même et à sa méchanceté, avant de pouvoir entrer sur la route nouvelle et vivante. Et plus il marche sur cette route, plus il devient pur et noble. C’est là une compagnie bénie sur notre route – un héritage éternel.
Puisqu’il est dit que les souffrances de Christ et la mort de Christ agissent en nous, cela indique clairement que nous sommes liés à Christ dans son corps terrestre, le corps qu’il avait ici sur terre. Il n’y a sûrement personne qui prétend que la mort de Christ agit dans son corps de gloire, et qu’il souffre aussi dans ce corps-là. Non ! si nous avons été baptisés dans un seul Esprit pour former un seul corps, il s’agit là de son corps terrestre. C’est pourquoi le processus est le même dans notre corps terrestre que dans le sien. Pour les mêmes raisons, nous pouvons participer avec lui à l’opprobre, aux tribulations et aux souffrances, car nous avons été greffés comme membres de son corps terrestre, pour pouvoir l’être aussi dans son corps de résurrection.
Personne ne pourra participer à son corps de gloire dans la résurrection, sans avoir été greffé avec lui dans son corps pendant la vie ici-bas, dans l’abaissement et sous l’opprobre.
Un agneau est choisi pour être envoyé à la boucherie, et la semence qui doit être semée en terre est mise de côté. C’est ainsi que Dieu met de côté, par son Saint-Esprit, ceux qui doivent mourir avec Christ dans l’abaissement, pour qu’ils soient sa possession éternelle dans la résurrection, quand ils régneront avec lui.
