Horten, le 10-12-1909
Cher frère, Aksel,

La foi donne la victoire.

Merci pour ta bonne lettre et pour le livre « Le chemin sur les traces de l’Agneau », que j’ai reçus aujourd’hui. C’est avec joie que j’ai lu ta lettre, parce que je craignais un peu d’avoir été trop dur ; mais j’ai écrit ce que j’ai écrit dans la confiance en ton amour pour la vérité.

Mme Rasmussen m’a dit une fois qu’il était bien possible que j’aie reçu un ministère de Dieu, mais que pour sa part, elle était bien contente de ne pas avoir reçu un tel ministère. J’ai souvent repensé à cela, car j’ai régulièrement des actions à faire qui ne sont pas des plus agréables pour l’homme ; mais dans la confiance en Dieu, je dois être fidèle dans mon ministère.

Dans le livre que tu m’as envoyé, j’ai curieusement aussi trouvé quelque chose qui s’applique justement à ce ministère. Il est en effet écrit :

« Celui qui marche dans les lois de Dieu aime, car il attire par son obéissance ses frères et ses sœurs dans les voies de Dieu, et cela est le vrai amour. Un tel amour triomphe en fin de compte et est reconnu, même s’il est tout au long de la vie décrié comme de la dureté. » (Page 21).

Oui, c’est considéré comme de la dureté d’essayer, dans l’amour pour la vérité, de guider une âme sur les traces de Jésus. La vérité est beaucoup maltraitée ici dans le monde, et ses serviteurs doivent souffrir avec elle. Pourtant, c’est un ministère magnifique, car il sera approuvé à la fin, même s’il ne l’est pas pour l’instant.

Je suis content que tu combattes maintenant la maladie par une foi personnelle. Le fait est qu’après la réunion de Sainte Cène à laquelle tu as assisté, j’ai exposé à nouveau cette affaire à Dieu une fois arrivé à la maison, et j’ai reçu une pleine foi et la victoire sur la maladie. Mais il y avait un petit reste et c’est alors que j’ai compris très clairement que toi-même, tu devais croire. C’est de cette lumière que j’avais reçue sur la question que je t’ai parlé immédiatement dans ma lettre. Plusieurs fois, quand nous avons été ensemble et que nous avons prié, j’ai remarqué que tu n’avais pas une pleine foi en ta guérison ; mais je ressentais cela « inconsciemment », alors que maintenant j’en suis « consciemment » convaincu. Mais nous avons beaucoup à apprendre, et pour ma part j’ai appris beaucoup de choses à cette occasion. Nous avons besoin d’être fortifiés dans la foi, dans la mesure la plus grande qui soit. Je n’ai plus une once de foi en ta maladie, car ce serait tellement contraire aux lois de la sagesse que Dieu permette une maladie qui mène à la mort à un âge aussi jeune, dans la mesure où tout ton désir est d’accéder à la connaissance de Dieu et que tu as consacré ton cœur à la compréhension des choses. Écoute, mon fils, et reçois mes paroles ; et les années de ta vie se multiplieront. Pr. 4, 10. Je te montre la voie de la sagesse, etc.

Mais le juste vivra par sa foi. Ha. 2, 4. Tu as tellement prié pour avoir la foi, peut-être que maintenant tu vas pouvoir vivre par la foi, c’est-à-dire que ta vie ici-bas sera préservée par la foi.

J’ai remarqué que lorsque nous nous efforçons de faire le bien, Dieu ne nous refuse aucun bien. Dieu a répondu à beaucoup de mes petits souhaits à la maison, dans les moindres détails, de sorte que ma foi en a été énormément fortifiée. Ps. 21, 3 et 5. Tu lui as donné ce que désirait son cœur, et tu n’as pas refusé ce que demandaient ses lèvres. V. 5. Il te demandait la vie, tu la lui as donnée, une vie longue pour toujours et à perpétuité.

Cette question a été posée et il faut maintenant qu’une décision soit prise. Le Seigneur a un temps bien déterminé pour chaque œuvre, et lorsque l’heure est arrivée, il agit. En même temps, l’Esprit fait que nous sommes occupés par les mêmes choses que celles qui l’occupent, Lui, car il prendra de ce qui est à lui et nous l’annoncera. L’Esprit prend de ce qui est en Christ et occupe nos pensées avec cela. De cette manière, nous pouvons toujours être au courant des temps préparés pour les œuvres de Dieu. Car une des choses les plus importantes pour une âme soumise et au service de Dieu, c’est de connaître les temps. Dieu a beaucoup de choses à mettre en ordre avant de pouvoir couronner son œuvre ; mais nous comprenons à la fin que toutes ses injonctions ont contribué au résultat final. C’est pourquoi, heureux celui qui peut déjà voir vers quel résultat final ces injonctions tendent, avant que ce résultat ne soit visible ! Nous pouvons être les collaborateurs de Dieu si nous comprenons cela. Nous pouvons prophétiser au sujet de ce qui se passera, car toutes les injonctions de Dieu vont dans cette direction. Je crois qu’on fait bien de s’exercer et d’aiguiser ses sens dans ce domaine, et de mieux apprendre à connaître la manière dont Dieu travaille par ce qu’on voit et expérimente. Car comment peut-on être collaborateur de Dieu lorsqu’on ne sait pas comment Dieu agit ?

Merci pour le journal « Byposten ». J’ai lu l’article de Agnes et Dagmar ; je crois qu’elles ont bien du chemin à faire avant d’être capables de servir en Esprit et en vérité. Car la grâce extérieure qui était avec elles dans leur ministère, au début, n’était pas la leur, mais celle de Dieu. Elles ne peuvent pas continuer à compter sur cette grâce-là, mais par l’obéissance et l’humilité, elles peuvent acquérir une vie intérieure et une grâce intérieure qui, à la longue, sont beaucoup plus puissantes et beaucoup plus persévérantes que la grâce extérieure dans une période de réveil.

Beaucoup de gens se trompent eux-mêmes en croyant posséder personnellement la grâce et la force que Dieu donne lorsqu’il se sert d’eux comme d’un instrument, exactement comme si la hache croyait posséder la force que l’homme déploie quand il s’en sert. Sur cette base, beaucoup partent comme missionnaires, alors qu’ils ont du mal à surmonter les petites difficultés qui peuvent survenir à la maison – et que dire alors quand ils sont au loin ? On peut s’imaginer combien une telle âme est peu éprouvée et peu qualifiée pour la mission.

Il en était exactement ainsi avec Sig. Kristoffersen. Il croyait qu’il pouvait tout faire et qu’il était qualifié pour partir loin, parmi les païens, mais il avait du mal à s’en sortir avec des choses bien plus petites. Je crois que de tels candidats missionnaires font bien de s’exercer d’abord sur un bout de bois ou sur une peau de banane. Il se peut très bien que les païens veuillent voir autre chose que le simple fait de tenir des réunions, et il serait alors bon d’avoir effectué un stage de fidélité dans les petites choses.

Le fr. Rasmussen de Copenhague a dit récemment dans une courte lettre qu’aussi bien lui que sa femme avaient compris l’idée d’aspirer à être l’épouse de Christ. Il voulait maintenant la propager.

J’ai aussi mentionné courtement ce sujet dans une lettre à papa.

Porte-toi bien, et je souhaite que tu fasses de bons progrès. Je n’ai pas encore parlé au rédacteur Ås de la publication de « Petites lumières ».

Salutations cordiales de ton frère,

Johan