Merci pour ta bonne lettre et pour le télégramme. J’ai également reçu aujourd’hui, en même temps que ta lettre, une longue lettre du fr. Anthony. Tu devrais disposer ton voyage de façon à passer ici samedi, car nous avons à parler de beaucoup de choses. Le zèle occasionné par le refus de permission que j’ai essuyé a fortement ébranlé mon équilibre intérieur ; mais grâces soient rendues à Dieu, qui nous donne de toujours triompher et de pouvoir « étouffer » ce qui veut troubler le calme de notre entendement. J’apprends que le fr. Anthony a de grands combats, mais il doit supporter la souffrance jusqu’au bout. Tu devrais lui écrire de temps en temps et lui faire quelques remontrances. Je lui ai écrit aujourd’hui que nous avons déjà assez d’épaves spirituelles (j’entends par là ceux qui n’ont pas combattu jusqu’à obtenir une pleine victoire), et qu’on a besoin, comme rédacteur d’un journal de cette importance, de quelqu’un qui a une pleine victoire.
C’était réjouissant d’entendre que Agn. Thelle, Dagm. Gregersen et Kleppe allaient se réunir pour examiner la question de la sanctification. Comme tu le sais, une conférence de sanctification a eu lieu le mois dernier chez les Nissen à Copenhague, à laquelle les frères Plum et Rasmussen étaient invités. Je viens d’écrire au fr. R. pour lui demander de bien vouloir me raconter comment cette rencontre s’est passée, quels étaient les thèmes abordés et quels ont été les résultats. Ce dont nous avons maintenant besoin, ici en Norvège et dans toute la Scandinavie, c’est d’un travail de sanctification rationnel. Il y a eu assez de conférences et de rencontres. S’il devait y en avoir d’autres, il faudrait que ce soit une conférence de sanctification où l’on discuterait de la nécessité de répandre la connaissance de ce qui vient après que l’on a reçu la force de la résurrection, à savoir la communion des souffrances de Christ. Et il faudrait aussi un journal sur la sanctification. Je crois qu’un tel journal serait bien reçu dans toute la Scandinavie. Je crois que « Det gode budskap » et « Byposten » ne seront guère viables bien longtemps, car ils tournent trop autour d’eux-mêmes et ne sont pas dirigés dans des voies spirituelles saines.
Si le fr. Erik Andersen et le fr. Barratt ne suivent pas sur les traces profondes de la sanctification, ils finiront par prendre une attitude passive ou peut-être même réticente, ce qui les amènera rapidement à la superficialité. Je pense que l’article que j’ai écrit pour « Missionæren » sera publié ce vendredi-ci. Cet article est plus radical dans son genre que tous les autres articles que j’ai jamais osé écrire. C’est parce que j’ai le sentiment que le rédacteur est plus d’accord avec moi maintenant que je ne me suis pas autocensuré. Tu sais bien toi-même qu’il faut écrire de manière à être accepté dans le journal, même si cela implique qu’il faut renoncer aux expressions les plus énergiques et les plus frappantes.
Les hommes qui ont apporté dans ce pays la doctrine qui consiste à « passer à Romains 8 » ont un énorme manque de sincérité. C’est sur ces choses que j’ai eu tellement envie de faire la lumière, puisqu’ils ne défendent pas leur construction doctrinale, mais qu’ils la laissent tomber sans réagir. Mais s’ils laissent tomber leur doctrine sans réagir, cela veut dire qu’ils lâchent la barre. La direction spirituelle leur échappe des mains, puisqu’ils ne sont pas capables de conduire le bateau dans la bonne direction. Y as-tu déjà pensé ? Cela signifie la fin de la campagne spirituelle ; car ce sont toujours les victorieux qui dirigent, que ce soit dans les choses temporelles ou dans les choses spirituelles. Mais ils ne comprennent sans doute pas le temps de leur visitation. Le temps est venu pour Nebucadnetsar où son royaume lui a été enlevé de force. Nous vivons dans un temps où il y a des évolutions importantes dans le domaine spirituel, c’est pourquoi il est très important pour nous de veiller et de prier. Tout le monde ne retire pas un profit d’entendre parler de ces choses ; mais il est bon pour nous d’en parler ensemble, puisque Dieu t’a donné la grâce de travailler beaucoup, à la fois par écrit et oralement, contre ceux qui ont essayé de tenir la barre alors qu’ils ne savaient pas naviguer. Il y a longtemps que je n’avais pas ressenti la communion des souffrances de Christ aussi fortement que ces derniers jours. Cela m’a forcé à prier plus, pour trouver de la consolation. J’espère te voir bientôt pour que nous puissions parler de vive voix.
Ton frère, qui participe au travail,
Johan