Horten, le 20 juillet 1905
Cher frère, Aksel,

Grâce et paix de Dieu en Jésus-Christ notre Seigneur. J’ai reçu ta très bonne lettre et c’est une grande joie et une consolation pour moi de voir ta joie et ta paix en Jésus-Christ. La joie en Dieu est notre force. La joie nous donne la puissance et la force de renoncer aux convoitises mondaines. J’apprends que tu as assisté à une réunion dans la chapelle6 à Farsund qui était bien ennuyeuse, pesante, morne et soporifique. Je connais aussi ces choses, et ce que tu écris est bien vrai : ils sont comme cela parce qu’ils sont incrédules. L’Esprit convainc le monde de péché, parce qu’il ne croit pas en lui. Celui qui est convaincu de péché et qui est conscient de son péché l’est parce qu’il ne croit pas. Lis toi-même Jn. 16, 9. Celui qui croit en lui n’est pas convaincu de péché. Christ est la fin de la loi, pour la justification de tous ceux qui croient. Une fois la foi venue, nous ne sommes plus sous le pédagogue. Ga. 3, 25. Maudit soit celui qui ne garde pas tous les commandements de la loi, pour les pratiquer. Mais c’est évident que personne ne peut être justifié par les œuvres de la loi, puisqu’il n’y a pas un juste – pas même un seul ; ils sont tous égarés, ils sont tous pervertis. Ro. 3. La loi n’est venue que pour faire connaître le péché ; mais maintenant cela fait longtemps que nous connaissons le péché, et nous pouvons à d’autant plus forte raison nous réjouir dans la justice. L’Esprit nous convainc que nous sommes parfaitement justes en Christ, car il est ressuscité d’entre les morts, et c’est la force de sa résurrection qui réjouit notre homme intérieur. Qui peut alors nous condamner ? Christ est mort et nous sommes morts en lui. Le jour où tu en mangeras, tu mourras. Nous sommes maintenant morts, et qui creuse … * la terre et insiste pour lui donner une raclée… * avec lui, alors nous croyons aussi que nous vivrons avec lui. Mais pour celui qui sous l’esclavage gémit, rien ne change jamais dans sa vie7.

C'est dans le calme et la confiance que sera ta force. Nous qui croyons, nous entrons dans le repos. Israël n’est pas parvenu au repos à cause de son incrédulité. De même aujourd’hui : beaucoup de gens ne parviennent pas au repos à cause de leur incrédulité. Christ habite dans notre cœur par la foi, mais si quelqu’un n’a pas de foi, ou rejette la foi, il rejette aussi Christ. Tout cela est tellement simple que même un fou ne peut s’égarer. Mais ce que dit la Parole est vrai : Tous n’ont pas la foi.

Tu écris ensuite que tu as poussé un juron lors d’une promenade à vélo, lorsque tu as failli tomber la tête la première, mais que tu n’as cependant pas reçu de réprimande de la part de Dieu. C’est vraiment comme cela que ça se passe, et cela paraît curieux à nos yeux. J’ai constaté cela quand je me suis converti, et j’en ai parlé au pasteur M. Olsen qui est maintenant à Arendal, pour savoir si possible pourquoi je ne recevais pas de réprimande quand je faisais involontairement quelque chose de mal, mais il ne m’a pas apporté de réponse.

Mais Dieu, qui est puissant pour enseigner et pour instruire, a été mon maître – aucun homme ne l’a été. Ce que Dieu m’a donné, il me l’a donné par révélation dans sa connaissance, et maintenant, cher frère, je vais t’en donner l’explication ; mais tous ne supportent pas de telles vérités. Que Dieu t’accorde du discernement et un esprit de sagesse et de révélation, dans sa connaissance ! Ép. 1, 17. (Lis ce verset).

Quand je pèche volontairement, et que ce péché est un fruit de la convoitise, alors ce péché est un péché qui mène à la mort, car dans ce cas, on vit selon la chair et on doit mourir – spirituellement. La convoitise conçoit et enfante le péché.

Mais il y a du péché qui ne mène pas à la mort, par exemple celui que tu as commis quand tu as poussé un juron. Tu as fait ce que tu haïssais, et ainsi ce n’était pas toi qui l’as fait, mais le péché qui habite en toi. Ro. 7, 17. De telles choses se produisent toute la vie durant, et Paul a étudié cela de très près, et après avoir tout examiné, il en est venu au résultat… * Ro… * 5 Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur… * par l’entendement esclave de la loi de Dieu, et je suis par la chair esclave de la loi du péché.

Notre entendement sert Dieu, mais notre chair ne peut rien faire d’autre que servir la loi du péché, car ce qui est né de la chair est chair. Mais pourtant, il n’y a aucune condamnation pour ceux qui sont en Christ, pour ceux qui ne marchent pas selon la chair, mais selon l’Esprit. Marcher selon la chair signifie vivre selon ses désirs. Mais il est dit que ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. Et si les passions et les désirs sont crucifiés, il leur est impossible de concevoir et d’enfanter le péché. La conception consiste dans le fait que la convoitise obtient le consentement de l’entendement. L’enfantement du péché consiste dans le fait que le corps exécute l’action pécheresse. Cependant, si nous servons la loi de Dieu avec notre entendement, notre entendement repousse toutes les convoitises de la chair, et celles-ci deviennent stériles, car aucune action n’en résulte. Mais si je fais ce que je hais, ce n’est plus moi qui le fais, mais c’est le péché qui habite en moi. De cette manière, la grâce reste grâce. Quel amour de la part de Dieu ! Tout sujet de se glorifier est exclu. Dieu t’a réjoui par sa bénédiction, malgré que tu aies juré. Cela ne devrait-il pas attendrir ton cœur, de sorte que tu haïsses même ta propre vie dans ce monde, puisqu’elle est si laide malgré l’amour infini de Dieu ? Mais c’est quand nous haïssons même notre propre vie que nous sommes vraiment ses disciples. De cette manière, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Dieu soit aussi manifestée dans notre chair mortelle. Pensons à la femme qui a été prise en flagrant délit d’adultère ; ils l’ont tous condamnée, mais Jésus lui dit : Je ne te condamne pas, va et ne pèche plus. Jésus ne nous juge pas, ou alors c’est pour nous acquitter.

Combien il est infiniment précieux d’être trouvé en Lui, non pas avec notre justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s’obtient par la foi en Jésus-Christ, le Fils de Dieu !

C’est une grande joie pour moi de voir que tu commences à entendre la différence entre les voix, à distinguer la voix du berger de celle du mercenaire, qui s’enfuit quand vient le loup. Nous ne pouvons jamais être assez radicaux dans ce domaine. Proclame la vérité partout où tu es, et il en résultera que tu déborderas de joie ; mais les gens diront de toi que tu as un démon et que tu es fou. Ils ont chassé l’aveugle-né de la synagogue parce qu’il glorifiait Jésus, mais quand il est sorti, il a rencontré Jésus. C’est là, au dehors, que nous rencontrons Jésus quand nous sommes chassés et rejetés des synagogues. Par sa grande grâce et sa grande miséricorde, Dieu m’a donné de son Esprit de sagesse et de révélation, dans sa connaissance, mais quand je parle, les autres sont prêts à la guerre – bien que mon cœur jubile de joie. Jérémie dit la même chose. Je ne suis que paix, dit-il, mais dès que je parle, ils s’apprêtent à la guerre. Il dit aussi : J’ai voulu me taire, mais la parole est devenue en moi une puissance qui consumait mes os. Alléluia pour une telle puissance ! Qu'ils laissent la Parole telle qu'elle est et nous n'avons pas à les remercier, dit Luther8. Paul ne s’est jamais laissé dominer par qui que ce soit. Il est dit à propos d’Élisée que personne n’a pu dominer sur lui, ni être trop fort pour lui.

Tu as dit : J’ai l’Esprit et je le suis. Alléluia pour cela, mon frère ! L’affection de l’Esprit, c’est la vie et la paix, mais Satan n’affectionne pas ce qui est à Dieu. Ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu, et l’Esprit ne nous pousse vraiment pas à faire ce qui est mal.

Ne tarde pas à répondre, c’est tellement intéressant d’avoir de tes nouvelles.

Le fr. John Wintersborg est certes un homme humble et qui ne fait pas beaucoup parler de lui, mais c’est vraiment un frère précieux. Même s’il s’y connaît peu dans les questions naturelles, tu serais étonné de voir à quel point il ne s’y connaît pas qu’un peu dans les questions spirituelles.

Meilleures salutations de nous tous.

Ton frère dans la même délivrance en Christ,

Johan

Adresse : Nordre Enggade 8 – (pas 9)

(… * une partie du manuscrit original est abîmée et illisible.)

* * *

Nous devrions être en contact avec Jésus de la même manière que nous l’avons reçu. Posons-nous donc la question : recevons-nous Jésus par les œuvres de la loi ou par la prédication de la foi ??? Évidemment, c’est par la prédication de la foi ! Il nous faut donc bien sûr être en contact avec lui dans la foi, et pas par les œuvres de la loi. La loi n’est là que pour ceux qui transgressent la loi. Celui qui veut demeurer sous la loi deviendra donc involontairement transgresseur.

Mais si, en cherchant à être justifiés par Christ, nous nous trouvons être encore des transgresseurs, nous faisons de Christ un serviteur du péché. Que ce soit loin d’être le cas !