Horten, le 10-01-1908
Cher frère, Aksel,

Merci beaucoup pour ta bonne lettre. C’était bon aussi de lire tes articles dans « Missionæren ». C’est toujours bon d’être compagnons de combat pour la vérité. Au début, je n’avais pas pensé répondre à « S. F. », mais quand « Kristoffer » a contribué avec quelque chose du même goût, j’ai eu le sentiment qu’il était nécessaire d’en écrire un peu plus sur ce sujet. J’avais déjà envoyé mon dernier article quand j’ai vu ton dernier article dans « Missionæren ». J’ai dû m’imposer beaucoup de retenue pour répondre aussi poliment, car j’avais peur que l’article ne soit pas inséré si j’avais dit tout ce que j’ai sur le cœur au sujet de toute cette fumisterie. Quand on voit clairement, on peut parler clairement. Mais si on voit comme dans un brouillard, alors on parle dans le brouillard. Celui qui voit mal a un jugement vacillant. Mais une vue claire donne un jugement clair. Il ne va pas de soi que l’on puisse supporter la pleine lumière.

Trygve et Magna Berg parlent tous deux en langues et interprètent ; ils ont respectivement 12 et 10 ans.

En ce qui concerne ta lettre, je dois dire que tu as répondu d’une manière très sensée et avec modestie à ce que j’écrivais. Mais bien que tu ne te sentes repris sur aucun point, comme tu le dis, Paul non plus ne se sentait coupable de rien, mais il n’était pas justifié pour autant. Il n’était pas non plus capable de concevoir quelque chose comme venant de lui-même, mais sa capacité venait de Dieu. 2 Co. 3, 5. C’est donc de la capacité qui vient de Dieu que nous parlons à partir de maintenant. Paul se nommait lui-même apôtre du Seigneur, car c’était la vérité. Il s’agit de veiller sur l’œuvre que Dieu nous a confiée, car nul autre ne pourrait la faire à notre place. Ce que j’ai écrit, je ne l’ai pas écrit par hasard, mais en Esprit et en vérité, et personne ne pourra anéantir cette vérité. C’est pourquoi tu fais bien d’exercer le ministère que Dieu t’a confié, et je suis sûr que c’est ce que tu as fait jusqu’à présent, avec zèle et de tout ton cœur. J’ai parfois souhaité confier à quelqu’un d’autre l’œuvre que Dieu m’a donné à faire, car j’aimerais beaucoup me contenter de regarder le tout, en étant moi-même considéré comme incapable de quoi que ce soit, si seulement ils pouvaient s’occuper de tout avec compétence et être eux-mêmes capables. Mais cela ne marcherait pas longtemps. Éz. 44, 8. Vous n’avez pas fait le service de mon sanctuaire, mais vous les avez mis à votre place pour faire le service dans mon sanctuaire. Il n’est donc pas possible de trouver des remplaçants dans ce domaine. On ne peut pas non plus s’attendre à être reconnu de quelque manière que ce soit pour notre ministère en Christ, puisque les Corinthiens cherchaient une preuve que Christ parlait en Paul. Les prophètes des temps anciens étaient considérés comme des faux prophètes, alors que les faux prophètes étaient considérés comme étant les vrais. Être dans le ministère de l’Esprit pour amener à l’obéissance de la foi, Ro. 1, 5, n’est pas une tâche qui permet de récolter beaucoup de louanges. Malgré cela, tout homme qui a reçu un ministère en Christ doit être conscient de son ministère et se comporter de la bonne manière en toute occasion. Il y a beaucoup de difficultés dans une assemblée, et la plupart du temps, il faut souffrir un certain temps avant de contre-attaquer à une occasion propice. Il faut pour cela avoir de bonnes épaules pour porter. Ici à Horten, nous avons eu toutes sortes de circonstances depuis quelque temps ; c’est trop long pour tout raconter dans une lettre. Pour résumer, on peut dire qu’il y a un frère qui depuis un certain temps passe par le brisement de l’Esprit, et qui voulait absolument que d’autres passent par la même expérience. Comme personne ne voulait l’écouter, il a voulu s’imposer de force, parce qu’il pensait que nous faisions preuve de mauvaise volonté, etc. Cela a été assez loin pour perturber plusieurs réunions et je ne savais pas que faire. À la dernière réunion, le fr. Kristoffersen a eu un affrontement avec le frère en question, et cela a fait peur à tous les jeunes. Aujourd’hui, j’ai eu un combat de deux heures avec la personne en question, à la suite de quoi il a reconnu ses erreurs, conformément au passage suivant : Mc. 9, 49-50. Car tout homme sera salé de feu et tout sacrifice sera salé de sel. Le sel est une bonne chose ; mais si le sel devient sans saveur, avec quoi l’assaisonnerez-vous ? Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix les uns avec les autres.

Il a demandé dans sa prière d’être un sacrifice entier, et il est dit que le sacrifice sera salé de sel, mais qu’il faut avoir le sel en soi-même et être en paix les uns avec les autres. Ce n’est pas ce qu’il avait fait ; il n’avait pas gardé le sel en lui-même, et la conséquence en a été du trouble sur toute la ligne. Il a reconnu avoir fait une erreur ; espérons que les choses s’arrangeront.

Il nous faut veiller et ne pas laisser d’accès au diable dans l’Assemblée.

C’était une grande consolation pour moi de lire ton dernier article, « L’argent pour la cause de Dieu ». Non pas parce que cela me donnait raison, car je suis bien habitué à rencontrer de l’opposition de tous côtés, mais parce que cela a fait avancer la cause de Dieu. Si on proclame la vérité, sans marchander, sans acception de personnes, sans égards pour la chair dans quelque direction que ce soit, on devient vite invincible. Je me suis réjoui de voir des fruits dans ce sens, entre les lignes de ton article. Je ne veux pas me glorifier au-delà de toute mesure, mais je crois que j’ose affirmer que depuis que j’ai reçu l’Esprit de Dieu, je me suis toujours efforcé d’être agréable à Dieu, et j’ai toujours eu du dégoût pour le fait de plaire aux hommes. Cela m’a apporté de si riches récompenses que mon cœur jubile de ce qu’aucun de ces hommes charnels ne peut se réjouir d’avoir eu le dessus sur moi. Les paroles suivantes se sont toujours accomplies : [Toute arme forgée contre toi sera sans effet ; et toute langue qui s’élèvera en justice contre toi, tu la condamneras.] Tel est l’héritage des serviteurs de l’Éternel, tel est le salut qui leur viendra de moi, dit l’Éternel. Cela ne peut-il pas réjouir le cœur ? Si, assurément ! Si nous ne les battons pas, ils nous arracheront les yeux et nous cracheront au visage. Ils peuvent agir de la sorte – si Dieu le permet – avec nos corps, mais ils ne doivent jamais vaincre notre esprit. C’est pourquoi, frappe sans acception de personnes, car le Père est honoré par le fait que nous portions beaucoup de fruit. Si on peut « très facilement comprendre de travers » de telles choses, comme l’a dit le rédacteur de « Missionæren », je me réjouis d’être compris dans le cas présent.

Ton frère, qui repose en sécurité dans l’amour et la puissance de Christ,

Johan

Salutations avec le psaume 149. Salue à la maison. Salue Helga.