Horten, le 13 septembre 1907
Cher frère,

Merci beaucoup pour la carte et la photographie que j’ai reçues aujourd’hui. Pour labourer droit, il faut regarder droit devant soi. Pour avancer droit sur le chemin étroit, il faut regarder droit devant soi. Pour avancer droit en Christ, il faut regarder droit devant soi, et à travers la chair. Il faut regarder au travers de la destruction et du jugement qui a été fermement résolu És. 10, 23. Du fait que notre ancre est jetée au-delà du voile (c’est-à-dire sa chair), nous voyons clairement le chemin qui est devant nous. Nous connaissons le chemin. Le peuple du Seigneur est un peuple intrépide, sa force est la force du Seigneur. Ils ne se pressent point les uns les autres, chacun garde son rang (chacun avance tout droit sur son propre chemin – trad. norv.). Ils escaladent les murs et se précipitent contre les boucliers. Tout se consume devant eux, et derrière eux, c’est la mort et la destruction.

Nous ne connaissons plus personne selon la chair. C’est pourquoi si quelqu’un vient à la réunion avec un anneau d’or et un habit magnifique, nous ne l’invitons pas à prendre une place d’honneur, car en Jésus-Christ c’est seulement d’être une nouvelle créature qui est quelque chose. Les montagnes doivent être abaissées et les vallées exhaussées, car le chemin est aplani et droit. Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles ; mais elles sont spirituelles, puissantes par la vertu de Dieu, pour renverser des forteresses et tout raisonnement qui s’élève contre la connaissance de Dieu. Si nous sommes ignorants sous le rapport du langage, nous ne le sommes pas sous celui de la connaissance.

Le combat est mené en Esprit, par l’Esprit, par celui qui a l’Esprit. Exalte la sagesse, et elle t’élèvera. Elle te rendra capable de comprendre les discours ténébreux et les énigmes. La sagesse porte en elle : l’Esprit de sagesse et d’intelligence, l’Esprit de conseil et de force, l’Esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel, És. 11, 2, car Christ est la sagesse de Dieu. Toutes ces propriétés de l’Esprit doivent être vues par rapport à nous, qui sommes l’objet du travail de Dieu, dans le Médiateur.

Les voies de Dieu sont des voies merveilleuses, ici à Horten aussi. Ces derniers temps, Dieu m’a appris des choses dont je n’avais jamais soupçonné l’existence auparavant, à savoir de « dire les choses à l’avance ». Plusieurs fois, j’ai dit des choses à l’avance à Ellefsen et elles se sont accomplies dans les moindres détails, à son grand étonnement. Une jeune fille devait partir d’ici et il a été décidé de faire une fête sans qu’on nous ait demandé conseil. Nous avions eu une fête récemment. J’ai dit à Ellefsen que c’était mauvais d’enchaîner les fêtes de cette façon. La fête est arrivée et nous nous regardions les uns les autres avec un regard froid et mort. Dieu a mis le destin de toute cette fête entre mes mains si bien que je pouvais en faire quelque chose de froid et de mort ou quelque chose d’édifiant, car tout le fondement de cette fête était vermoulu. Une grande partie de la soirée s’est d’ailleurs déroulée dans une ambiance morte, mais j’ai prié Dieu et je lui ai dit que cela avait été organisé par ignorance et je lui ai demandé de bénir la fête malgré tout, et aussitôt, l’Esprit et la vie et la chaleur se sont emparés de la fête et de nous.

Un frère méthodiste qui a beaucoup travaillé parmi nous devait faire une réunion à l’extérieur. J’ai accompagné Ellefsen un bout de chemin et je lui ai expliqué en quoi c’était mauvais d’aller à des réunions où la liberté ne peut pas régner pleinement et sans partage. Lui, de son côté, m’a beaucoup reproché d’être trop isolé et trop regardant. Il est allé à la réunion et je suis retourné à la maison. Ce soir-là, Firing était à la réunion, et un combat s’est déclenché au cours de la réunion, si bien que Kristoffersen a parlé en langues et interprété contre Firing, et la consternation a été générale. Le frère méthodiste a soutenu Firing et les femmes sont rentrées chez elles en courant, et elles en parlent encore et trouvent que tout cela était et reste bien mauvais. Cela faisait longtemps que je connaissais ces adversaires, mais ils n’avaient jamais osé se lever pour engager un combat franc ; mais maintenant que Kristoffersen et Ellefsen se retrouvaient seuls, on voulait leur faire payer tout. Kristoffersen et Ellefsen avaient longtemps trouvé que j’étais trop dur et trop radical, mais maintenant que l’ennemi était lâché sur leur propre nuque, ils ont eu l’occasion de comprendre un peu mieux quel travail et quel combat j’ai eu à mener pour ne pas laisser de liberté à ces personnes, pour que Kristoffersen et Ellefsen ne se rendent compte d’aucun combat. Mais comme ils n’ont pas compris cela, Dieu a permis que ces forces se déchaînent contre eux, et ils comprennent maintenant mieux qu’avant le ministère que Dieu m’a donné en Jésus-Christ pour eux. Kristoffersen a dit le soir même : Je comprends mieux le frère Smith qu’avant ; il a été dur, mais maintenant je comprends pourquoi. Dieu m’avait montré en Esprit que je devais m’abstenir d’aller à la réunion ce soir-là, et si la réunion s’était déroulée comme une réunion normale, j’aurais été confus ; mais Dieu m’a rendu grand à leurs yeux à partir de cette soirée, car ils ont combattu presque au-delà de leurs forces, et sans remporter la victoire.

Le fr. Ellefsen et son épouse ont été invités à une soirée chez les amis et cela faisait beaucoup, coup sur coup. Ils devaient sortir encore lundi, et je soupirais à Dieu dans mon esprit pour qu’il dérange tout cela. Dès dimanche soir, madame Ellefsen était malade et elle a dû s’aliter. Elle a été malade toute la semaine et elle comprend elle-même que c’étaient des avertissements contre ces soirées.

C’est pourquoi ses voies sont des voies merveilleuses. À la dernière réunion, j’ai raconté aux amis que Dieu m’avait donné l’Esprit de révélation dans sa connaissance dès le premier instant en 1900, quand j’ai reçu l’Esprit, et je leur ai dit que c’était nécessaire de mentionner cela pour que la confiance soit renforcée. Paul dit aussi : Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes ; c’est Jésus-Christ le Seigneur que nous prêchons, et nous nous disons vos serviteurs à cause de Jésus. Il devait donc s’annoncer lui-même comme serviteur, à cause d’eux. J’ai dit en même temps que je ne disais pas cela pour me glorifier, mais que si quelqu’un voulait prendre cela pour de la glorification, alors je me tenais à nu devant la face de Dieu et de tous les hommes, et qu’ils pouvaient prendre la chose comme ils le voulaient.

Si nous veillons à chercher la gloire de Dieu en toutes choses, tout s’arrange tout simplement comme nous le voulons. Dieu m’a fortifié ainsi dans la foi – Dieu ne me permet pas d’en dire plus, car il y a des choses qui doivent être mises à nu et il y a des choses qui doivent être cachées. Mais Dieu me permet de dire que je suis heureux et fortifié dans la foi, au-delà de toute mesure, à la gloire et à la louange de son nom.

Mon souhait pour vous tous est : Jn. 17, 17. L’exhortation que je donne aux jeunes en Christ : 1 Th. 4, 3-6. À ceux qui ont envie de voyager : 1 Th. 4, 11-12. À ceux qui ont la langue bien pendue : Pr. 17, 27. Aux riches de ce monde : Pr. 18, 11. À toi, pour que tu y prennes garde : És. 26, 10.

Salue tout le monde à la maison, Helga et les amis si tu les joins, et aussi loin qu’ils sont joignables dans le zèle de la vérité, la chair étant consumée et l’esprit vivifié dans le même corps – dans le Médiateur par l’Esprit de Christ, qui vient du Père.

Ton frère,

Johan