Horten, le 6 juin 1907
Cher frère, Aksel,

Nous allons bien, et j’espère qu’il en est de même pour toi. Nous avons toujours de bonnes réunions, où la force de Dieu est puissamment présente. Dimanche, nous avons pensé faire une excursion à la campagne, nous tous qui avons l’habitude de nous réunir. Pour les réunions, on nous a proposé provisoirement et gratuitement deux grandes pièces au centre-ville à condition que nous nous retirions si le propriétaire arrivait à les louer, ce qui semble peu probable car il y a des choses qui ne vont pas dans la cour, qui font qu’il est difficile de trouver preneur pour l’appartement. Nous n’avons pas de bancs, mais nous allons essayer de récupérer quelques grandes planches pour les mettre sur des chaises.

J’ai lu entièrement le petit livre sur le parler en langues ; il n’est pas si mal que ça. L’auteur a sûrement été fortement importuné par un usage abusif du parler en langues, car toute son explication vise à le limiter dans une mesure tellement importante qu’on a presque envie de dire stop, faute de quoi il n’en restera strictement plus rien. Si le parler en langues est un don, ce qui est effectivement le cas, nous devons lui accorder une place en tant que don et ne pas le mettre à mort du fait que certains en font un mauvais usage. Et il écrit à la fin que la charité est le plus grand don spirituel. Presque tout le monde se trompe sur ce point. 1 Co. 12, 31 nous montre la voie par excellence pour avoir part aux dons spirituels, et c’est la charité. Les dons disparaîtront, mais la charité ne disparaîtra pas. Imagine-toi que quelqu’un ait reçu le « don du parler en langues » alors qu’un autre aurait reçu « la charité » ; dans ces conditions, le parler en langues cesserait alors que la charité demeurerait. Celui qui aurait reçu le don des langues serait donc mal loti.

Maintenant je veux t’envoyer quelques proverbes de ma propre facture :

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Reste silencieux envers celui qui te cherche querelle, jusqu’à ce que tu aies triomphé de toi-même. Ton silence le surprendra et les paroles que tu diras ensuite détruiront le reste de ses attaques orgueilleuses.

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Reste silencieux quand tu assistes à une réunion et sois très attentif à l’Esprit. Parle quand il te pousse à le faire, car tu ne vois que l’instant présent, mais le Seigneur voit toute la réunion et il te fera intervenir au moment opportun.

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Reste silencieux quand tu n’es pas sûr, car le silence cachera ton ignorance et fera qu’on nourrira même l’espoir que ton silence renferme un message.

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Aie une meilleure opinion d’un homme que ce qu’il vaut, car il vaut mieux qu’il sente ta confiance que ta suspicion. De toute façon, ton jugement ne pourra jamais taper dans le mille.

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Ne sois pas prompt à corriger ton frère, mais si tu le corriges, examine-toi toi-même, et ajoute toujours de l’espérance au châtiment et laisse entrevoir une issue, pour qu’il puisse de nouveau s’unir à toi, car on châtie pour la vie ; mais celui qui frappe à mort, tue.

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Si tu es juste, sois-le pour toi-même, car de toute façon nul autre que Dieu ne pourra te récompenser.

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La piété est une abomination pour l’impie, mais il est anéanti par la sagesse.

J’arrête là avec ces quelques proverbes, mais passons maintenant à la connaissance et la science de Dieu par le Saint-Esprit en Jésus-Christ notre Seigneur, qui est aussi le seigneur et le grand maître de la science, et qui a souffert patiemment à cause de la gloire qui lui était réservée. Les tribulations sont la pression exercée par le corps du péché, et la persévérance est le premier fruit de l’Esprit dans la souffrance, qui produit la victoire dans l’épreuve, dont l’issue glorieuse est l’espérance. Mais l’espérance est le fruit des tribulations, si bien qu’on ne peut pas anéantir la victoire dans l’épreuve et l’espérance sans ôter la pression (les tribulations) qui vient du corps du péché. Christ est le chemin qui passe par l’anéantissement du corps du péché. Il a inauguré pour nous une route nouvelle et vivante au travers du voile, c’est-à-dire de sa chair. On pouvait apercevoir cette chair dans l’ancienne alliance par l’Esprit de Christ qui était en eux. Ils pouvaient aussi apercevoir cette souffrance et cette mort de la chair, et la gloire dont elles seraient suivies. Cela, ils pouvaient le faire par la foi, en espérant contre toute espérance, parce que l’Esprit de Christ l’attestait d’avance. Quand Christ vivait ici-bas, le royaume des cieux habitait en lui, dans la mesure où le corps du péché était vaincu. Nous comprenons par là que toute sa vie durant, Christ crucifiait le corps du péché et triomphait de lui par l’Esprit de Dieu. C’est pourquoi Dieu est la tête de Christ, mais maintenant, nous triomphons du corps du péché par l’Esprit que Christ s’est approprié, c’est pourquoi Christ est la tête de tout homme. Christ a été rendu vivant selon l’Esprit à mesure qu’il souffrait la mort selon la chair. Nous aussi, nous faisons la même chose. C’est là la communion de ses souffrances et la communion de sa gloire.

Mais la soirée est avancée et j’arrête donc pour cette fois-ci, avec une salutation chaleureuse à toi et à tout le monde à la maison.

Ton frère

Johan

Selma a écrit qu’elle viendra ici ce mois-ci.

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Je te renvoie « The Gift of Tongues »21 en te remerciant de me l’avoir prêté. Si, par la suite, tu tombais sur un bon livre en anglais, je te serais reconnaissant de pouvoir l’emprunter, car cela me permet de mieux apprendre la langue.