J’ai reçu ta bonne lettre du 1/4 et je t’en remercie beaucoup. C’est toujours une joie pour nous ici d’avoir de vos nouvelles. Demain soir nous aurons une réunion chez moi. Nous avons des réunions magnifiques et j’apprends que c’est aussi le cas chez vous. L’exhortation que Paul donne à Timothée est tout à fait utile de nos jours (2 Ti. 4, 2) : Prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant. Il s’avère en effet qu’il y a du travail à faire au sein du troupeau. Il ne suffit pas de se convertir pour être complètement accompli. Il faut prendre soin des agneaux et prendre soin des brebis, comme Jésus exhorte instamment Pierre à le faire. Tous ne sont pas évangélistes, certains sont aussi prophètes, bergers et docteurs. Chacun doit prendre soin de son ministère. La plupart n’ont pas de ministère très visible, mais ils sont membres du même corps. Un serviteur de Christ doit d’abord être éprouvé et être trouvé fidèle ; ensuite il peut servir dans l’Assemblée. Il est sûr, comme tu le dis, qu’il y a beaucoup de choses à émonder, mais c’est justement là qu’on a besoin de la sagesse de Dieu. Il y a là une œuvre à laquelle il faut veiller et qui est de la plus haute importance. C’est à l’Assemblée du Dieu vivant qu’on a affaire, et la charge de veiller sur elle nous a été confiée. On doit la préserver du loup, du levain des pharisiens et des sadducéens, en prendre soin de sorte qu’elle trouve de la nourriture, etc. Puissions-nous recevoir au jour de Dieu ce bon témoignage : « C’est bien, bon et fidèle serviteur », pour cette œuvre très difficile !
Il est toujours bon de garder clairement à l’esprit son ministère. Non pas pour se réjouir de ce qu’on fait, mais pour le faire avec une pleine intelligence et une pleine responsabilité devant Dieu et devant les hommes. C’est pourquoi il est de la plus haute importance que celui qui doit conduire les autres ne se laisse pas mener par qui que ce soit. C’est Christ qui conduit directement les serviteurs de l’Assemblée. Pour être conduit par Christ, il faut se tenir hors du camp (la vie sociale dans le monde, etc.), car c’est là qu’on peut entendre la voix de l’Esprit. Même si le résultat du travail hors du camp semble être de faible envergure, il en ressort beaucoup plus que si on prêchait pour des milliers dans le camp. Regarde Jésus, quelle œuvre ! alors qu’apparemment il ne travaillait qu’avec un petit groupe. Le fr. Kristoffersen ressent de plus en plus de la déception au sein du milieu qui se réunit dans les chapelles ; il s’en retire de plus en plus pour s’approcher de nous. Il rencontre de plus en plus d’opposition à cause du parler en langues. Le parler en langues a plus de valeur que de longs sermons, car il les amène à se rebiffer, à étudier les choses et à se gratter la tête. Un jour, ils disent qu’il vient de Dieu, le lendemain qu’il vient du diable, et le 3e jour ça vient à nouveau de Dieu, etc. et ce à l’infini. Ce n’est pas étonnant que ce soit un signe – un signe magnifique. Les gens tremblent dans leurs fondements – Alléluia ! Peut-on s’étonner de ce que Paul dise qu’il souhaite que tous parlent en langues ? Pour ce qui me concerne, ils pourraient bien tous trembler aussi. Jn. 11, 33. Hé. 12, 25 et jusqu’à la fin du chapitre. Le corps est pris de la terre et ce qui peut être ébranlé18 va être remplacé par ce qui est inébranlable et qui demeure à toujours. Nous revêtirons un jour un corps qui ne tremblera pas. Ce tremblement anéantit les enseignements d’Hyménée et de Philète, qui disent que la résurrection est déjà arrivée. Tout ce qui peut être ébranlé sera remplacé ; laisse-les donc trembler. Tout ce que Dieu fait est très bien.
Hé. 13, 10 : Nous avons un autel dont ceux qui font le service au tabernacle n’ont pas le pouvoir de manger. Sur cet autel se trouvent le corps de Christ, sa chair et son sang. C’est notre esprit qui mange à cet autel, pas notre homme naturel. Notre homme naturel est englobé dans le corps mortel de Christ sur l’autel, car notre nourriture est de faire la volonté de Dieu, et ce que Dieu veut, c’est notre sanctification. Nous mourons avec lui et sommes rendus vivants avec lui. Cet autel est au-dedans de nous. Nous avons le droit d’en manger, et plus nous en mangeons, plus nous sommes rendus vivants selon l’Esprit, et plus nous sommes consumés et mis à mort selon la chair. Mais celui qui n’est purifié qu’extérieurement, de péchés extérieurs, fait son service au tabernacle et n’a pas en lui un autel duquel il peut manger. On doit être mort avec Lui pour pouvoir vivre avec Lui. Cette mort est le sacrifice sur l’autel (Christ). Mais ce qui est mort et qui est sur l’autel doit être mangé ; c’est cela, être sans cesse livré à la mort.
Pauline vient de rentrer et elle me raconte qu’hier, Sigurd Kristoffersen a parlé en langues à l’association paroissiale luthérienne. Le pasteur (Bugge) était présent et a ordonné à Kr. de se taire, mais Kr. a continué à parler en langues. Ils se sont alors mis à chanter « Loué soit Dieu le Seigneur, le puissant Roi de gloire » etc. Quand il a terminé (Kr.) on l’a informé qu’il était désormais interdit de parler en langues dans les locaux de l’association paroissiale ; il était le bienvenu s’il voulait venir, mais il ne devait pas parler en langues.
On m’a dit qu’ils devaient avoir une réunion du conseil à ce sujet ; c’est probablement le résultat de cette réunion. Quel résultat formidable !
On ressent bien l’inimitié, mais le fondement ferme de Dieu reste debout. Vous serez exclus des synagogues et on vous haïra à cause de mon nom. Alléluia parce que la force devient tellement grande que cela se produit.
Tiens bon en Christ ! Ne crains rien, même si Satan fait rage ! Regroupe le troupeau dans la foi saine et la saine doctrine ! Que personne ne méprise ta jeunesse ! Protège le troupeau, et Dieu te donnera plus qu’assez de force et de sagesse !
Salutation cordiale à toi et aux frères et sœurs dans le Seigneur. Une souffrance commune donne un amour commun. Alléluia !
Ton frère qui combat en Christ,
JohanHier à la base navale, j’ai parlé longuement de toutes sortes de choses avec l’intendant d’arsenal Sande. Il avait interdit à Halvorsen (pasteur méthodiste) de parler contre le parler en langues à la salle de l’association de tempérance, dont il est le président. Sur ce sujet, il avait eu une longue dispute avec le pasteur méthodiste local Wiel. Il souhaitait maintenant inviter Barratt19. Il était très bien. Il disait qu’il voyait bien lui-même les effets positifs du parler en langues. Et il était d’accord avec Joakim Pettersen dans « Kristelig Tidende ». Dans « Hortens Avis », il a aussi réfuté des articles hostiles.
