Horten, le 28 novembre 1906
Cher frère, Aksel,

J’ai reçu ta carte et je t’en remercie. Tu m’écrivais il y a environ un an et demi que tu avais dit oui à Jésus. Maintenant, tu écris que Jésus t’a dit oui. C’est là du parler en langues, mais je comprends très bien ce que tu veux dire. Mais si l’on devait en expliquer toute la portée, ce serait une longue histoire. Je suis heureux du premier « oui », mais encore plus du dernier. Malgré ces deux « oui », je sais qu’en Lui il n’y a pas le « oui » et le « non », mais seulement le « oui ». Son « oui » est toujours resté inébranlable, mais nous n’étions pas mûrs pour le saisir. La loi de l’Esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort. La loi a fait son œuvre – elle nous a châtiés pour nous amener à Christ, mais une fois que nous sommes venus en Christ, nous ne sommes plus sous le pédagogue. Cependant, nous ne sommes pas sans loi, car nous serions alors des astres errants (c’est-à-dire l’antéchrist) ; mais nous plongeons nos regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et nous persévérons, n’étant pas des auditeurs oublieux mais nous mettant à l’œuvre. Ja. 1, 25. Personne ne peut arriver à ce résultat par lui-même, mais nous sommes placés sous des tuteurs et des administrateurs, jusqu’au temps marqué par le Père. Ga. 4, 2. Mais lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la loi, afin qu’il rachète ceux qui étaient sous la loi, afin que nous recevions l’adoption. Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans vos cœurs l’Esprit de son Fils, lequel crie : Abba ! Père ! Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils. Mais nous portons cette grande puissance dans des vases de terre, afin que la gloire en soit attribuée à Dieu, et non pas à nous. Lis 1 R. 8, 10-12. Au moment où les sacrificateurs sortirent du lieu saint, la nuée remplit la maison de l’Éternel. Les sacrificateurs ne purent pas y rester pour faire le service, à cause de la nuée ; car la gloire de l’Éternel remplissait la maison de l’Éternel. Alors Salomon dit : L’Éternel veut habiter dans l’obscurité ! – Il en est de même de la maison de l’Éternel de nos jours, et nous sommes sa maison. Quand la gloire de l’Éternel nous remplit, le sacrificateur doit prendre la porte le plus vite possible, avec toutes ses œuvres. C’est ainsi qu’on est sauvé des œuvres mortes. Nous devenons des vases de terre, et les vases de terre sont faits d’une matière opaque, c’est pourquoi il est écrit : L’Éternel veut habiter dans l’obscurité. Il veut y habiter pour ne pas partager son honneur avec nous. Car l’œuvre étant la sienne et non la nôtre, il serait injuste qu’il partage l’honneur avec nous. C’est la justice qui vient de la foi ; elle est tellement radicale que tout rapiéçage ou sacerdoce personnel doit disparaître quand la gloire du Seigneur remplit sa maison.

Tu fais référence à 2 Ch. 20, 12. Ô notre Dieu, n’exerceras-tu pas tes jugements sur eux ? Car nous sommes sans force devant cette multitude nombreuse qui s’avance contre nous, et nous ne savons que faire, mais nos yeux sont sur toi. Oui, il est bon de nous sentir sans force pour le combat, car c’est alors que l’Éternel combat pour nous. Lis dans le même chapitre les versets 13, 14, 15, 16 et 17. Ainsi vous parle l’Éternel : Ne craignez point et ne vous effrayez point devant cette multitude nombreuse, car ce ne sera pas vous qui combattrez, ce sera Dieu. Vous n’aurez point à combattre en cette affaire : présentez-vous, tenez-vous là, et vous verrez la délivrance que l’Éternel vous accordera.

J’envisage très sérieusement de venir à Kristiansand juste entre Noël et le Nouvel An, car cela me ferait plaisir de parler avec toi et avec les autres. Je vais voir si c’est possible. Si tu as reçu maintenant la paix qui surpasse toute intelligence, alors le Seigneur est aussi puissant pour te garder irrépréhensible jusqu’à son jour.

Je me réjouis d’avoir bientôt de tes nouvelles. Transmets mes salutations à la maison et reçois toi-même les salutations les plus cordiales de ton frère gardé en Jésus-Christ,

Johan