Marviken, le 20 décembre 1903
Cher frère, Aksel,

J’ai déjà lu une partie du livre que tu m’as donné, « Rayons de lumière sur les problèmes de la vie », et il pourrait être intéressant d’en examiner un peu le contenu et le fondement. Ce n’est pas au livre en tant que cadeau que je veux m’en prendre, mais au livre en tant qu’instructeur et éducateur sur un autre fondement que celui qui est posé, à savoir Jésus-Christ.

L’auteur fait des efforts extrêmes pour faire ressortir ce qui est bon dans l’homme, pour pouvoir, à partir de là, former et construire un fondement sur lequel on construit une forteresse capable de résister et de vaincre tout le mal qui est dans l’homme.

L’Éternel Dieu dit : Voici, l’homme est devenu comme l’un de nous, pour la connaissance du bien et du mal. Le fait que nous connaissions la différence entre le bien et le mal ne veut pas dire que nous puissions être à la fois bons et méchants. Dieu connaît la différence entre le bien et le mal, mais « personne » n’est bon, si ce n’est Dieu seul. L’homme est donc inclus dans ce « personne », par la chute qui a donné la connaissance du bien et du mal.

Ro. 3, 10 et versets suivants. Il n’y a point de juste, pas même un seul ; nul n’est intelligent, nul ne cherche Dieu ; tous sont égarés, tous sont pervertis ; il n’en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul ; leur gosier est un sépulcre ouvert, etc.

Nous voyons par là qu’il n’y a pas le moindre matériau dans l’homme qui puisse fournir un bon fondement sur lequel on pourrait édifier quelque chose de bon.

L’homme est par nature dans la mort avec toute son existence, loin de celui qui est bon, c’est-à-dire de Dieu.

Tous ceux qui creusent et étudient le contenu de cette marmite pleine de mort qu’est l’homme, travaillent en vain. On peut sacrifier toute sa vie sans parvenir à quelque résultat que ce soit. Dieu a tout renfermé sous le péché pour faire miséricorde à tous. Toutes les choses qui ont été renfermées sous le péché ont aussi été créées par Lui et pour Lui. Si un homme passe sa vie à faire des poèmes pour louer la création, la nature, etc., choses qui sont renfermées sous le péché, à quoi cela lui sert-il s’il n’apprend jamais à louer l’auteur de ces choses, à savoir Dieu ? Le monde et sa convoitise passent, à quoi cela aura-t-il donc servi d’avoir loué ce qui n’est plus ? Et pourquoi cela doit-il passer ? Parce que c’est renfermé sous le péché.

Une mauvaise source ne peut pas donner de la bonne eau. Personne n’est bon si ce n’est Dieu seul. Il est la source à laquelle nous devons boire à volonté, jusqu’à ne plus avoir soif. C’est tout à fait autre chose que ce qui est écrit dans le livre en question : se contenter d’un coin de ciel bleu à l’instant de sa mort.

Il n’y a rien de bon dans l’homme naturel, c’est pourquoi l’homme doit naître de nouveau. Ce qui naît de nouveau en nous n’est pas moins que Jésus-Christ lui-même. Il est bon, car il est un avec le Père ; il n’y a rien d’autre qui compte que d’être une nouvelle créature en Jésus-Christ. Pourquoi est-ce la seule chose qui compte ? Parce qu’en dehors de lui il n’y a rien de bon.

L’homme a péché, et c’est pourquoi il doit mourir. S’il se trouvait quelque chose de bon dans l’homme naturel, cela n’aurait pas à mourir ; mais il se trouve que l’homme meurt tout entier, sans laisser aucun reste. Il en est de même pour celui qui croit en Jésus-Christ, car sa chair et son sang ne peuvent pas non plus hériter le royaume de Dieu ; mais la différence est que celui qui croit porte Jésus-Christ en lui à cause de sa foi. C’est cette nouvelle vie que l’on ne peut ni montrer ni toucher, qui subsiste quand la tente où nous habitons sur la terre est détruite.

Il faut être complètement aveugle et profondément endormi pour ne pas comprendre que le ciel et la mer, les montagnes et les vallées, ne peuvent pas nous rendre heureux au plus profond de nous-mêmes. Il y a au plus profond de notre cœur un besoin criant qui demande à être satisfait ; mais aucune créature inférieure ne peut satisfaire ce désir, car nous sommes nous-mêmes la créature la plus excellente. Dieu seul peut mettre du baume sur ce besoin criant et le satisfaire entièrement. Quand on est satisfait de cette manière, on ne cherche plus de satisfaction dans les fleurs des bois, car on est réellement satisfait.

C’est seulement celui qui n’est pas satisfait qui entreprend les choses les plus bizarres pour satisfaire ce besoin criant. Ils cherchent leur satisfaction dans les hépatiques bleues, dans le ciel étoilé, dans toute la nature, mais ne la cherchent pas chez celui qui a créé la nature.

Si l’homme trouve de lui-même que la nature est magnifique, à combien plus forte raison ne devrait-il pas trouver que celui qui l’a créée est d’autant plus magnifique.

Personne ne loue et n’admire les œuvres d’Ibsen et de Bjørnson3 sans admirer encore plus les auteurs de ces œuvres. Ce n’est pas « Ja, vi elsker dette landet »4 qui a reçu le prix Nobel, mais son auteur. « Ja, vi elsker dette landet » ne peut pas apporter plus que ce qu’il contient, mais son auteur peut produire d’autres choses.

Tirons-en donc la conclusion que le créateur a bien plus de valeur et qu’il est bien plus magnifique que la création.

Si quelqu’un louait et idolâtrait « Ja, vi elsker dette landet » tout en crachant sur son auteur et en le méprisant, ceci montrerait que la personne en question n’a rien compris du tout, comme c’est le cas pour tous ceux qui louent la création sans connaître le créateur.

Toi qui es jeune et qui t’intéresses à la vérité, comprends ce qu’est la vérité en profondeur, et ne te laisse pas aveugler par la beauté de la surface, sinon tu resteras à la surface.

Si tu cherches la sagesse, cherche-la à la source de la sagesse, car la sagesse de ce monde est une folie pour Dieu. Toutes choses ont été créées par Jésus-Christ et pour Jésus-Christ, c’est pourquoi nous pouvons tout apprendre auprès de lui.

Aucune sagesse ne peut tenir devant la sagesse de Dieu ; c’est pourquoi l’héritage des serviteurs de l’Éternel est de condamner tous ceux qui s’élèvent contre eux.

Maintenant ton temps est arrivé. Tu peux t’enferrer dans de fausses théories dont tu auras du mal à te libérer. Mais tu peux aussi pénétrer dans les vérités précieuses de Dieu, au point de devenir un professeur imbattable dans la sagesse de Dieu. C’est à toi-même de choisir, mais mon souhait cordial est que tu choisisses la deuxième voie. Juge toi-même de ce qui est juste.

Ton frère

Johan