Paix.
Merci pour ta lettre du 20/5.
En ce qui concerne ***, j’ai l’impression que c’était un frère très zélé, qui s’efforçait de faire ce qui était juste, mais il le faisait d’une manière légaliste, au lieu de suivre les injonctions de l’Esprit. Cela a eu pour conséquence qu’il travaillait beaucoup et mangeait peu, et lorsqu’il considérait les autres amis, il trouvait que son développement avait plusieurs longueurs d’avance sur le leur.
Il y a déjà longtemps, un livre intitulé « Deutsche Teologia »71 a été publié en danois, traduit de l’allemand. Je crois qu’il a été écrit environ une centaine d’années avant Luther. La veuve du défunt fr. Th. Ellefsen, Øvre Keisemark 44, est en possession de ce livre et je suppose que tu peux le lui emprunter si tu lui demandes par écrit. Ce livre parle de gens qui s’égarent dans la foi, et qui veulent devenir semblables à ce que Jésus-Christ est dans l’éternité, ou même semblables à Dieu lui-même. Ils s’élèvent au-dessus de l’assemblée et veulent être des prophètes pour elle. Mais ce qui leur manque, c’est d’avoir grandi spirituellement de manière naturelle en celui qui est le chef. Ils ont seulement atteint ces hauteurs dans leur imagination, à cause de leur égarement spirituel. Une conséquence est qu’ils deviennent forts en eux-mêmes, imbus de leur propre personne, et qu’ils n’en font qu’à leur propre tête. Ils n’occupent pas la place qui leur revient comme membres dans l’Assemblée, et ils ne peuvent pas non plus collaborer de façon naturelle avec les autres membres. Ils sont plus que toute l’Assemblée, et règnent sur elle comme des dictateurs spirituels.
On est alors enflé d’orgueil. Je suppose que le fr. *** a été dans ce genre de situation, et cela est devenu insupportable pour lui lorsqu’il a compris qu’il s’était trompé. Et cela a mené à la catastrophe.
Je vois par ta lettre que tu l’as averti et que tu l’as exhorté à prendre les choses d’une autre manière, sans résultat. Puisque ce cas de *** est le premier dans son genre dans l’assemblée, tu ne peux pas être blâmé pour ce qui s’est passé, mais tu peux en retirer une leçon et être très vigilant pour qu’une chose semblable ne se reproduise plus.
Le fr. Theodor Ellefsen est mort dans la foi en son Sauveur le 21 de ce mois, à 16 h 05, à l’âge de 66 ans. Nous avons célébré ses obsèques dans notre salle de Horten le 26, à 14 h 00. Tout de suite après l’enterrement, les amis se sont réunis à la salle pour une fête commémorative. Il y avait des amis qui étaient venus de beaucoup d’endroits, dont les frères Aslaksen, Bratlie, Bekkevold, Andreas Nilsen, ainsi que beaucoup de femmes. Le fr. Ellefsen a été décrit comme un frère discret et très travailleur. Pendant la guerre mondiale, son champ de travail a été le Finnmark et la côte ouest. Quand il a quitté la Marine, il a déménagé à Fredericia, où il a travaillé pendant 4 ans dans le sud du Jutland. Son travail a porté du fruit partout. Il savait consoler et encourager, de sorte que son ministère a été dans une large mesure celui d’un berger.
Je ne vois plus assez pour pouvoir écrire ; c’est donc mon fils Aksel qui a écrit cette lettre sous ma dictée.
Les salutations les plus cordiales de nous tous ici, à toi, à ta famille et à l’assemblée.
Ton frère,
J. O. Smith