Horten, le 7 mars 1934
Cher frère, E. Aslaksen,

Paix !

Merci pour ta bonne lettre et pour les manuscrits. La conférence de Pâques approche. Les années passent tellement vite. Cette fois-ci, nous avons pensé consacrer le jeudi et le vendredi saint à une conférence de prière pour les frères. De cette manière, les frères auront l’occasion de s’approcher de Dieu, et nous en avons grandement besoin. Cela aura un bon effet sur la conférence, et plus généralement sur les différentes assemblées.

Cela fait maintenant plus de trois semaines que nous avons des réunions de prière tous les jours ici à Horten. Dieu seul sait quels effets cela a eu pour nous-mêmes et aura pour les autres. Mais nous avons appris à aimer la prière, de sorte que cela devient plus facile pour nous [de prier]. Les jeunes frères ont beaucoup de force dans leurs prières. Plusieurs d’entre eux parlent en langues et interprètent.

L’un des frères de Sandefjord est venu un soir à Horten en plein milieu de la réunion de prière. Il a été fortement saisi par l’Esprit de prière, et il a commencé à parler en langues tellement longtemps et tellement puissamment que nous trouvions tous que c’était un vrai miracle.

Lorsque nous commençons à prier, ce qui habite dans les uns et les autres est révélé ; on se rend compte si on est incrédule ou croyant, si on veut s’abandonner entièrement à Dieu ou non.

Dimanche prochain, il y a une conférence à Brevik, mais le trajet est trop long et la conférence est trop courte. Pendant les conférences, les jeunes gens ne sont souvent que des auditeurs, car les frères plus âgés occupent presque tout le temps. Ce sont là les péchés des « prédicateurs » envers la nouvelle génération, alors que les plus âgés devraient être comme les plus jeunes. C’est pourquoi il faut entendre plus le prophète, qui parle à l’Assemblée pour exhorter et consoler (ce qui peut se faire en 15 à 20 minutes), et il faut « rabattre le caquet » aux prédicateurs, qui prêchent pendant une à deux heures chacun, dès qu’ils commencent toutes leurs répétitions. Cela n’est pas difficile à comprendre. Et c’est quand on est auditeur qu’on le comprend le mieux. Tout ce qui va au-delà de ce qui contribue à l’édification de l’Assemblée est en dehors des lois de la sagesse, même si le bavard lui-même se trouve au septième ciel. On doit bien sûr avoir un peu plus de liberté quand on parle presque exclusivement à des pécheurs. Mais s’il y a plusieurs frères qui ont une parole à cœur pour les pécheurs, ils ne doivent pas chacun tenir un sermon dominical, car ceux qui parlent sont alors eux-mêmes des pécheurs – sans sagesse ni intelligence. C’est pourquoi la victoire que l’on a dans la vie quotidienne doit grandir, pour qu’elle puisse aussi inclure la « victoire dans le ministère ».

Salutations cordiales de ton frère, qui t’admire beaucoup à plus d’un titre,

J. O. Smith