Horten, le 20-6-1927
Cher frère, Elias Aslaksen,

Paix !

Merci beaucoup pour ta lettre, que je viens de recevoir à midi. C’était vraiment réjouissant d’apprendre les résultats des premières réunions. Les choses iront sans doute là-bas comme à Oslo. Il faut que la lumière soit apportée en vérité, et c’est là le feu que Jésus est venu jeter sur la terre, et dont il souhaitait qu’il fût déjà allumé. Ce feu continue à avoir l’effet d’un jugement pour la maison de Dieu, jusqu’à ce que la sanctification soit achevée. C’est pourquoi, jette le feu sans retenue !!! Il est maintenant allumé. Personne n’aura le dessus sur toi dans ce ministère que tu exerces pour Dieu. Sois seulement plein d’assurance et de force ! Je ne ressens absolument aucune envie, en mon for intérieur, d’écrire à Rein Seehuus, puisque j’ai fortement le sentiment qu’il est ton adversaire et le mien. Contentons-nous de faire l’œuvre qui nous est assignée. Si quelqu’un de chez lui vient à tes réunions, je suppose que tu ressentiras tout de suite où il se situe. Tenons-nous devant la face de Dieu, et ceux qu’il a choisis pour la vie éternelle seront entraînés. Les autres sont chassés par leur propre résistance, qu’ils aient examiné de quoi il s’agit ou non. C’est bien que le fr. Madsen ait pu t’accompagner pendant les premiers jours. Il était vraiment grand temps qu’on entende à Bergen autre chose que ce qui se dit habituellement.

Tout le chapitre d’Ésaïe 3 convient bien à la Jérusalem de notre époque. Chaque époque a sa Jérusalem, la nôtre aussi.

Chaque époque a ses prophètes – notre époque aussi. Chaque prophète d’une époque donnée a pour tâche de dénoncer l’apostasie – les prophètes de notre époque aussi. Le prophète est une verge que Dieu utilise pour châtier, un fouet en chair, et un instrument pour montrer au peuple le chemin. Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils pas tué ? demande Jésus. Les prophètes occupent un poste avancé, ils examinent les choses sous toutes les coutures, et c’est justement pour cela qu’ils sont haïs. Cette haine les pousse à se tourner vers l’intérieur, et à « se fortifier dans l’Éternel leur Dieu », comme David. Ils peuvent alors se remettre à l’œuvre avec une force renouvelée, et dire comme David : « Avec mon Dieu je franchis une muraille ».

J’avais déjà écrit ma lettre quand ta lettre est arrivée.

À nouveau, salutations cordiales de ton frère,

J. O. Smith