Horten, le 13 avril 1927
Cher frère, Otto Baltzersen

Paix !

Merci pour ta bonne lettre, la première que tu m’aies écrite, que j’ai reçue aujourd’hui. Je me réjouis de ce que vous allez bien à Drøbak et que l’amour règne parmi vous. Il parait que Jean, lorsqu’il était âgé et qu’on le portait pour l’emmener à une réunion, disait : Mes enfants, aimez-vous les uns les autres !!! Il n’aurait pas pu dire les choses mieux et plus brièvement. L’amour couvre une multitude de péchés. Je t’écris cela, cher frère, parce que je crois que ta plus grande force résidera dans « l’amour ». L’amour est une force qui porte, qui donne un développement et qui fait avancer. Saisis-le pour en faire ta possession à toujours ; car l’amour demeure même quand la foi et l’espérance passent. La charité édifie, alors que son contraire, le manque d’amour, détruit.

Dieu t’a donné une bonne disposition de cœur et une bonne place dans son Assemblée. Sois donc reconnaissant – et dans la crainte du Seigneur, rends-lui ce que tu as reçu avec des intérêts. Car tout ce qui est à nous est à Lui, de même que tout ce qui est à Lui est à nous dans l’amour, qui est Dieu lui-même. Notre développement personnel, et tous les fruits que nous pouvons produire par l’Esprit, sont des sujets de joie et d’honneur pour le Père. Mais puisque « l’amour », qui est le Père, ne recherche pas son propre intérêt, cela nous profite à nous – non pas en nous-mêmes ni pour nous-mêmes, mais en Lui. Tout ce qui est bon descend d’en haut, du Père des lumières ; mais tout mal vient d’en bas, par l’intermédiaire des sens charnels. Choisis donc ce qui vient d’en haut, et fais mourir ce qui vient d’en bas, et tu passeras avec succès l’épreuve de la balance et ne seras jamais trouvé trop léger, puisque ce sont les choses d’en haut qui ont du poids.

Salue ta femme et les amis.

Reçois toi-même les salutations cordiales de ton frère dévoué,

J. O. Smith