Horten, le 12 mars 1927
Cher frère, Elias Aslaksen,

Paix !

Merci pour ta bonne lettre. *** est très souvent chez nous. Elle a envie de parler des choses qui appartiennent au royaume de Dieu. Si seulement Dieu pouvait la sauver et la garder de l’apparence de la piété – sans force – alliée à la grandeur mondaine et à la sagesse du monde ! Satan a sûrement une grosse source de revenus dans ce domaine, tout particulièrement dans la classe sociale qui croit dépasser le peuple d’une tête !!! *** était chez nous hier après-midi, et nous avons parlé de ces choses. Elle a reconnu qu’elle devait veiller sur ce point.

C’est étrange à quel point ces « belles choses », ce « prestige » selon l’âme – l’éclat du premier Adam – restent attachés à l’être humain. Et tout cela est éclairé par une lumière satanique, dont l’éclat semble tellement beau et attractif, avec tout son vernis religieux. Puisse l’épée de Dieu, par le Saint-Esprit, être plantée avec force le plus tôt possible dans toutes ces choses diaboliques qu’on admire, et que j’ai appris, par la grâce de Dieu, à haïr de toutes les forces de mon cœur !

Les petits enfants en Christ sont charnels, ils ne sont pas majeurs, ils sont sous tutelle jusqu’au jour décidé par le Père. Cela a tellement peu d’importance qu’ils boivent une gorgée au biberon, qu’ils bousculent une table, qu’ils donnent une tape sur la joue de maman, qu’ils se mordent les doigts, qu’ils rient ou qu’ils pleurent. Mais il faut veiller à ce qu’ils aillent bien spirituellement, et leur enlever ce qui peut leur nuire, etc. Cela ne m’étonne pas que des frères se réjouissent de toutes ces choses que j’ai mentionnées, comme une mère se réjouit de ses enfants ; mais quand on a beaucoup d’enfants, on n’a plus le temps de les admirer de cette manière. Le ministère exige des réalités : il faut les éduquer, leur donner de la nourriture, les exhorter, etc. Il ne faut plus être un enfant dans son ministère pour Dieu, mais un adulte.

Salutations cordiales de ton frère,

Johan