Horten, le 4 novembre 1925
Cher frère, E. Aslaksen,

Paix !

Je t’envoie maintenant la seconde lettre de ***. Je ne sais pas trop ce que je dois en dire. Je suis porté à m’en tenir à tes paroles, qui disent à peu près ceci : « On ne peut pas et on ne doit pas croire qu’on comprend tout. C’est une erreur de croire que l’on sait quelque chose et d’affirmer que c’est absolument certain. Cela démontre seulement combien on manque de maturité. » Ceci convient bien à chaque fois que quelqu’un se comporte comme s’il savait et comprenait tout.

Je sais seulement ce que disent les Écritures au sujet de la semence. On ne sème pas ce que la semence va donner, mais on ne sème qu’une petite graine. De même, un corps naturel est semé, et un corps spirituel en résulte. Je ne peux pas me prononcer sur la question de savoir s’il y a un germe de vie dans le corps naturel qui est semé, pour que Dieu fasse de ce germe un corps spirituel. Nous savons seulement qu’un corps spirituel naîtra, et cela nous suffit. Nous savons aussi que sortiront de leurs tombes aussi bien ceux qui ont fait le bien que ceux qui ont fait le mal. À quoi sert de se creuser les méninges pour savoir si Dieu le fait de telle manière ou de telle autre ? Le problème n’est pas non plus là, en réalité, mais plutôt dans le fait qu’on pense savoir quelque chose.

Pour ce qui est des mots étrangers dans ma lettre, que *** cite, cela doit être les noms Catherine Booth, Finney, Fénelon, Terstegen. J’ai évoqué le fait que les écrits de Mme Guyon ont apporté de la bénédiction à ces personnes.

« Skjulte Skatte » n’est pas une bible, mais seulement un journal dans lequel on cherche à éclairer les choses. Chacun doit juger lui-même des différentes choses. Mme Guyon était un être humain, comme nous, mais ce ne sont aussi que des êtres humains qui lisent et qui jugent.

Le 23 octobre était la date limite pour présenter sa candidature au poste d’intendant principal d’arsenal, mais je n’ai pas envoyé ma candidature. Cela aurait pu accaparer mes pensées et mon esprit, et cela me répugne. Ma vocation n’a jamais été d’être complètement absorbé par le travail ; il faut que je reste libre le plus possible.

Salue les amis. Je te salue avec une parole que je viens de trouver pour toi « au hasard » dans la Bible, à savoir Ec. 9, 10. Remarque qu’il est écrit : « faire avec ta force » et compare avec Jg. 6, 14. Que Dieu bénisse ton travail. Nous nous sommes souvenus de toi dans nos prières.

Ton frère dévoué,

J. O. Smith