Horten, le 14 juillet 1918
Cher frère, Theodor Ellefsen,

Paix !

Merci pour tes deux bonnes lettres. J’ai reçu la dernière aujourd’hui. J’ai appris que tu as été malade, et je me réjouis donc que tu ailles mieux. J’ai eu la grippe espagnole58 pendant quelques jours, mais je vais mieux. En revanche, ce sont maintenant mes enfants qui attrapent la même maladie l’un après l’autre. Hier, Lydia a eu des convulsions pendant environ ¾ d’heure. Ici à Horten, cette maladie fait des ravages ; cela ressemble à la grippe saisonnière. J’espère que les choses vont s’arranger rapidement...

Sois certain que je comprends ta lettre. Il y a certainement beaucoup de choses à faire, et je me réjouis beaucoup de ce que tu frappes bien dans le mille, dans ta manière de juger des choses. Tu fais bien d’aller droit au but, cela inspire du respect. Exerce-toi à être un serviteur de la nouvelle alliance, de l’Esprit. Remets chacun à sa place, celle qui lui revient. Si quelqu’un s’imagine planer dans les régions supérieures, fais-lui savoir où est sa place, car un tel traitement rend les gens raisonnables et faciles à côtoyer. Tout ce silence est une cachette pour Satan. Au fond, c’est de la vanité, car ils ne veulent pas être mis à nu ; ils voudraient bien être plus que ce qu’il s’avérerait qu’ils sont, s’ils ouvraient la bouche. C’est de la fierté cachée.

Aksel et Helga sont maintenant en Suède. J’ai reçu une lettre de lui. Les jeunes de Drøbak étaient ici dimanche, ainsi que 6 ou 7 amis de Sandefjord. Ceux de Sandefjord font de réels progrès. Les jeunes de Drøbak deviennent plus fermes à mesure que le temps passe. Le frère Nils Risnes doit aller à Sarpsborg. Il vient de plus en plus de monde. À Jessheim – près de Eidsvold – il y a un jeune homme et une jeune femme qui étaient des nôtres à Drøbak à la Pentecôte ; ils sont zélés l’un et l’autre. Bekkevold va un peu partout et il rend témoignage quand il en a l’occasion. À Skien, les gens ont découvert que Gulliksen est avec nous, et ils l’ont rejeté, mais il semble avoir de l’espoir pour quelques-uns. J’ai entendu que deux femmes sont intéressées, à Ålesund. Ici, à Horten les gens ne supportent pas de nous voir à la réunion chez Ystrøm. Cela s’est produit jeudi dernier. Une guerre ouverte a éclaté, si bien que plusieurs ont pris la porte. Ystrøm est à Gudbrandsdalen. Ils ne voulaient entendre parler d’autre chose que de la grâce. Quand j’ai lu le passage de Daniel où il est dit que ceux qui auront enseigné la justice – pas la grâce – à la multitude brilleront comme les étoiles à toujours et à perpétuité, ils se sont mis terriblement en colère. J’ai aussi mentionné qu’Abraham n’a pas jubilé dans la grâce qu’il a reçue d’offrir son fils en sacrifice, mais qu’il a exécuté cet acte dans cette grâce. Les vérités les plus simples sont comme des pointes acérées pour eux, s’ils ne supportent pas la Parole de la croix.

Kvalheim dit que Oldeide est de nouveau actif et qu’il a gagné Skram, Kulen et Nils Strand à sa cause. C’est triste que Strand les suive. J’ai conseillé à Kvalheim de convoquer les gens à une réunion publique et de les laisser choisir à qui ils veulent se joindre – Kvalheim ou Oldeide. Ceux qui se joindront à O. n’ont qu’à se séparer et il pourra ainsi « se mettre à son compte ». Il verra bien lui-même si son bâton fleurit.

Salue les amis. Je t’ai écrit ces lignes à la hâte.

Salutations cordiales de ton frère,

Johan