« Valkyrjen », Ålesund, le 16 janvier 1917
Cher frère, Elias Aslaksen,

La paix de Dieu !

Merci beaucoup pour ta bonne lettre et pour le séjour dans ton foyer le 12 et le 13 de ce mois. Nous avons eu une réunion le soir. Ta mère a témoigné de Dieu, et c’était bon de l’entendre.

« Comme dans toutes les Églises des saints, que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d’y parler ; mais, qu’elles soient soumises, selon que le dit aussi la loi. » 1 Co. 14, 34. Le même apôtre dit que toute femme qui prie ou qui prophétise, la tête non voilée, déshonore son chef. 1 Co. 11, 5. Il dit aussi que celui qui prophétise édifie l’Église (1 Co. 14, 4) et parle aux hommes, les édifie, les exhorte, les console.

Je dois en conclure que quand il est écrit qu’elles doivent « se taire », cela veut dire qu’elles ne doivent pas poser de questions inutiles, qu’elles doivent se taire avec leurs commérages, qu’elles ne doivent pas vouloir enseigner et instruire les hommes, et qu’elles doivent faire taire toute rébellion.

Il leur est permis de prophétiser, car on dit alors des paroles ordonnées sous la direction de l’Esprit, de cet Esprit qui pousse aussi bien les hommes que les femmes à dire ce qui convient.

Il s’avère en pratique que cette compréhension des choses est juste ; car les témoignages des femmes, sous l’impulsion de l’Esprit, apportent souvent beaucoup d’édification, et quand l’Esprit donne son témoignage, il va de soi que nous ne pouvons pas nous y opposer.

Ce serait très pesant d’interdire aux femmes de prier et de prophétiser (témoigner) dans l’Assemblée, car même les Écritures ne l’interdisent pas. En ce qui me concerne, je n’ai jamais reçu une telle autorité de la part de Dieu. Mais si une femme s’est rebellée, je l’ai priée de se taire, ce que nous ordonnent aussi les Écritures.

En dehors des réunions de l’Assemblée, il n’y a aucun ordre qui dit que la femme doit se taire, et je présume que nous non plus, nous n’avons pas le droit de le leur ordonner. Si une femme parle aux gens « du dehors », c’est un travail qui doit être considéré comme attirant au Fils. Dieu utilise toutes sortes de moyens pour ce travail, par exemple les cloches des églises, les cantiques spirituels, la musique, les décès et beaucoup d’autres choses ; je crois donc qu’il n’exclut pas non plus qu’une femme puisse faire ce travail, qui est le travail du Père qui attire au Fils, par opposition au travail du Fils. C’est dans le travail du Fils – dans l’Assemblée – que se fait la distinction entre l’homme et la femme.

Paul avait comme compagnons d’œuvre Prisca et Aquilas. Ro. 16, 3. Tryphène et Tryphose travaillaient pour le Seigneur. Ro. 16, 12.

L’Esprit de Dieu témoigne que le mot « se taire » est lié au fait de « se soumettre ».

Je n’ai pas changé d’avis sur ce point, et je n’ai pas non plus l’intention d’élever la femme au-dessus de l’homme ou au-dessus de sa mesure ; mais, à cause de la justice, je veux travailler pour donner aussi aux femmes le droit qui leur revient selon l’Esprit des Écritures. Si des femmes pouvaient, en toute soumission, être collaboratrices de Paul, pourquoi ne pourraient-elles pas de nos jours être nos collaboratrices ?

Dans ces choses, la lettre tue, mais l’Esprit vivifie. Il y aurait peu de joie et de profit pour un homme à avoir une femme qui ne parlerait jamais. En revanche, c’est une grande joie et un grand profit d’avoir une femme qui se soumet dans toutes ses paroles et dans toutes ses actions, comme Sara obéissait à Abraham et l’appelait « seigneur ». Il en est de même pour Christ et l’Assemblée, et l’image de l’Assemblée, qui est composée d’hommes et de femmes.

Si quelqu’un croit être prophète ou inspiré, qu’il reconnaisse que ceci est un commandement du Seigneur. Mais si quelqu’un l’ignore, qu’il l’ignore, dit Paul.

J’ai parlé de ces choses avec le fr. Hansen à Christiania, et il est du même avis. Nous devons à tous égards travailler dans la même direction et avoir le même mode de fonctionnement. Si Dieu nous donne plus tard plus de directives à ce sujet, nous en serons reconnaissants, et je suis certain que cela ne bouleversera pas la compréhension que nous avons actuellement de ces choses.

Je souhaiterais que cette lettre soit lue par plusieurs frères qui s’occupent des assemblées locales.

Le fr. Hågensen et moi pouvons maintenant nous réjouir ensemble à bord, lorsque nous nous entretenons de la parole de Dieu qui nous a été confiée.

Que Christ soit honoré et hautement élevé, à la gloire du Père !

Salutations dans l’amour de Christ, ton frère,

Johan