« Valkyrjen », Trondhjem, le 5-10-1914
Cher frère, Elias Aslaksen,

Merci beaucoup pour ta lettre et pour ta carte. Nous sommes maintenant à l’ancre à Trondhjem, et nous resterons ici jusqu’au 15 de ce mois. Karl est maintenant en service au fort d’Oscarsborg, où il est en poste d’observation à Ellegårdene, à environ ½ h de marche de Drøbak. Il rend souvent visite à Aksel et aux autres amis [de Drøbak]. Il a été assidu pour écrire des lettres ; Ellefsen en parle. Le n° 9 de Skjulte Skatte vient de paraître.

Hier (dimanche) j’ai rendu visite à Jacobsen, le grossiste (en poisson). C’est un très cher frère qui a une bonne compréhension de la piété. Je l’ai accompagné à deux réunions, la dernière parmi les « amis libres ». Pendant que je rendais témoignage, Olsen de Brevik est entré dans la salle. Je suppose que tu te souviens de lui, à l’une de nos premières conférences, quand il faisait partie des amis de Sarpsborg. La dernière fois qu’il est venu à Horten, il traversait de terribles combats spirituels, et nous avions peur que ça tourne mal ; mais maintenant, son visage et ses yeux brillaient de paix et de bonheur. C’était une joie de le rencontrer. Il a été dans le comté du Nordland où il a rendu témoignage de Dieu. Maintenant, il travaille ici comme forgeron.

Ils aiment Skjulte Skatte ici, et c’est grâce au journal que les gens ont tout de suite su qui j’étais. Mais je n’avais pas beaucoup de temps. Trondhjem est certainement une ville où on pourrait faire quelque chose. Dieu nous a donné un accès partout. Les forces qui nous résistaient ont été brisées et les gens témoignent spontanément qu’il faut écouter l’Esprit de Dieu et lui obéir. C’est un bon temps pour travailler. Aksel écrit que Helga Hånes est convaincue maintenant. Elle est parmi les amis à Kristiansand. Mon père fréquente lui aussi ces réunions en cercle restreint. Dieu est avec nous ; loué soit-il ! À une réunion chez Grøntoft, Helga Hånes s’était fortement opposée ; mais elle a dû céder à la force plus grande de la conviction, et elle s’est laissée convaincre. Le mari de Mme Schwendsen à Drøbak a donné 1000 couronnes pour une nouvelle salle à Drøbak. Il n’est pas converti, mais Dieu a béni ses affaires depuis que sa femme s’est convertie, dit-il. L’enseignement de Christ est dur, il exige beaucoup ; mais en retour, Dieu donne beaucoup.

Maintenant que Dieu travaille et que le nombre d’amis augmente, nous devons retenir fermement ce que nous avons exigé depuis le début comme condition pour avoir communion, à savoir la pureté. C’est toi, et nous tous qui avons participé à ce travail depuis le commencement, qui devons assumer cette responsabilité. Car tu sais bien toi-même combien les choses dégénèrent rapidement en religiosité ordinaire, ce qui mène en fin de compte à une assemblée de morts. Ce n’est pas la foule qui remporte la victoire, mais la piété personnelle. Mieux vaut une seule personne qui craint Dieu, que cent sur lesquelles on ne peut pas compter. Puisse ceci être inclus dans notre programme à l’avenir ! Ce sont ceux qui sont au centre de la communion qui doivent veiller, car la périphérie n’en est pas capable. Oui, je sais bien que tu as déjà longtemps pratiqué ces choses et que tu en as parlé, mais il peut être nécessaire de nous les rappeler les uns aux autres, pour que nous puissions veiller ensemble. Le fr. Pettersen à Sarpsborg est revenu aux réunions et il a rendu témoignage. Ils ont de nouveau loué la salle « Fremtiden ». Le fait que le fr. Andresen se soit humilié aura un effet d’attraction sur Pettersen ; peut-être pourra-t-il être entièrement gagné. C’est une preuve frappante de l’importance de la pureté, quel qu’en soit le prix. Dieu approuve et bénit tout travail honnête, et lorsque nous nous efforçons de faire preuve les uns envers les autres de longanimité, de patience et de miséricorde, l’amour fraternel augmente et la communion est fortifiée.

Salue les chers amis. Salue Judith.

Salutations cordiales,

Johan

Adresse : Trondhjem

Øverby est revenu à Dieu. Il est avec Birkeland et Berg. Il s’était fiancé avec une fille du monde et il est maintenant marié avec elle ; je crois que c’était la bonne chose à faire, vu les circonstances.