Horten, le 13 mars 1913
Cher frère, Elias Aslaksen,

Grâce et paix en Jésus-Christ !

Aksel m’a téléphoné hier et m’a informé que pour l’instant, il n’y avait pas d’endroit plus pratique pour la conférence de Pâques que Horten. Nous allons donc faire tout notre possible pour l’organiser ici.

Hier, je suis allé voir le président de la loge pour m’enquérir d’une possible location de leur salle. Il n’était pas à la maison, mais sa femme m’a dit qu’ils prévoyaient d’avoir une fête dans leur salle le jeudi saint, mais qu’elle croyait que ce serait envisageable de louer la salle dimanche et lundi de Pâques, si on les prévenait suffisamment à l’avance.

Écris-moi le plus vite possible, après t’être concerté avec les amis de Sarpsborg, et dis-moi si vous préférez que la conférence se tienne jeudi et vendredi saint, ou dimanche et lundi de Pâques. Dites-moi quels sont vos souhaits en priorité et en second choix. Je vais essayer de régler les choses en fonction de vos souhaits.

Je suppose que les frères Ellefsen et Birkeland seront à la maison pour Pâques.

Personne d’entre nous ici à Horten n’est riche ; chacun doit donc être disposé à subvenir à ses propres besoins. Si quelqu’un n’a pas les moyens financiers de venir, il faut soit que les amis de son assemblée locale l’aident, soit qu’il reste à la maison. Par ailleurs, nous ne nous réunissons pas pour soigner le corps, mais pour entendre la parole de Dieu. Quand on a une compréhension claire de la raison pour laquelle nous nous réunissons, on évite les illusions, les déceptions, les vexations et tout ce genre de choses, qui doivent être écrasées avant qu’elles ne voient le jour.

Je n’écris pas cela pour empêcher qui que ce soit de venir, mais pour ramener le tout à la réalité, pour que nous voyions les circonstances telles qu’elles sont et que nous fassions les préparatifs pratiques qui s’imposent.

Nous vivons dans des temps où nos moyens sont réduits, et pour que chacun puisse pratiquer la justice, il faut prendre toutes sortes d’égards. Cela fera augmenter l’amour fraternel plutôt que de l’affaiblir, car les exigences envers les autres disparaîtront, et les gens seront plutôt incités à se dévouer. Ceci concerne aussi Horten.

Salutations cordiales.

Bien à toi,

Johan