Horten, le 17-2-1913
Cher frère, Elias Aslaksen,

La paix de Dieu !

Merci beaucoup pour ta bonne lettre, qui m’a beaucoup réjoui. Je l’ai lue à Karl et je l’ai fait suivre au patrouilleur « Eidsvold » à l’attention des frères Ellefsen et Birkeland, en leur demandant de la faire suivre au fr. Tobiassen, qui a lui aussi besoin de prendre de la hauteur. Je te joins une carte de Aksel. Le fr. Frodesen voulait que l’on imprime et relie 2000 exemplaires de l’année 1912 de Skjulte Skatte pour qu’ils puissent être vendus au profit de la mission en Afrique. J’ai déconseillé à Aksel de le faire et j’ai conseillé que l’on cherche plutôt de toutes nos forces à renforcer nos positions intérieures. Ceux de l’extérieur n’ont rien ajouté à notre connaissance ; il n’y a pas de raison qu’ils profitent de ses fruits. Par ailleurs, ces personnes créeraient beaucoup d’agitation autour du journal, surtout s’ils font trop de bénéfice. Il faut traiter le journal avec pureté vers l’extérieur, d’autant plus que son contenu traite de pureté intérieure. C’est avec cette position que Aksel dit être d’accord dans la carte jointe.

Cher frère, le fait d’être jeune n’a aucune importance, car l’intelligence est la vraie maturité dans l’assemblée des sages. Il y a beaucoup de frères plus âgés à Sarpsborg. Il est difficile d’avoir affaire à de telles personnes, car elles veulent souvent garder un peu de leur ancienne doctrine (le vieux levain). Il faut les purger de ce genre de choses, et rendre ce genre de « doctrine » selon la chair répugnante à leurs yeux. Quand on a commencé à recevoir la Parole et qu’elle germe, les mauvaises herbes germent aussi, et si on veut être fidèle, il faut les arracher sans pitié, avec les racines. Il n’y a pas d’acception de personnes ici ; il faut mettre en jeu sa position et tout ce qu’on a. Si on est infidèle sur ce point, c’est Satan qui triomphe. C’est en nous exerçant sans cesse dans ces choses que cela devient nature en nous. Il vaut mieux laisser de côté les questions litigieuses concernant le baptême, l’instruction religieuse des enfants, etc., au profit de ce qui est beaucoup plus nécessaire. Ce que nous devons tout d’abord enseigner aux gens, c’est la piété, le fait de se séparer du monde, de prendre sa croix, de commencer à combattre, de chasser la lâcheté, d’apprendre à réfléchir de manière autonome, et d’être éveillés. Si on n’arrive pas à leur apprendre à être éveillés, il faut les secouer. Si quelqu’un veut être grand et a des penchants de ce côté-là, il faut qu’il ressente toujours que nous l’avons à l’œil. Il ne doit jamais pouvoir se sentir tranquille dans une telle position. Car de telles personnes sont trop lâches pour attaquer les instruments mêmes de Dieu, mais elles essaient de dévorer les pauvres âmes avec lesquelles on travaille. Tu as écrit une fois à peu près la chose suivante : que c’était peine perdue de travailler en dehors de l’Assemblée, mais que tout travail devait être effectué avec l’Assemblée comme but. Je suis tout à fait d’accord avec toi sur ce point. C’est à eux de venir à nous, pas à nous d’aller vers eux. Dieu t’a fait grâce, que personne n’échappe à ton contrôle ! Laissons de côté toutes les bagatelles, et concentrons notre force sur ce qui est nécessaire. Car l’union fait la force, surtout l’union dans l’Esprit.

Salue le fr. Pettersen et sa femme, ainsi que Andresen.

Salutations cordiales.

Bien à toi,

Johan

Écris-moi pour me parler de la situation intérieure ; cela m’intéresse beaucoup. Je veux dire la situation en interne dans l’assemblée. Si quelques-uns s’avèrent aptes à être des serviteurs, etc. J’ai parlé de Moss dans une lettre à Aksel ; il faudrait chercher à gagner Axel Wold, et ensuite les autres. Ils ne savent plus à quoi s’en tenir là-bas.