Horten, le 27-3-1912
Cher frère, Elias Aslaksen,

Merci pour ta très bonne lettre et pour les 9 couronnes, que j’ai reçues aujourd’hui.

Tu dis que nos armes de combat spirituelles peuvent toutes être renfermées dans cette seule chose : la simplicité à l’égard de Christ. Oui, c’est vrai. C’est justement là que se trouve le repos profond devant lequel les difficultés et les mauvais esprits sont obligés de fuir. Et c’est aussi là que la simplicité et la sagesse sont réunies ; alors que le monde n’arrive pas à les concilier, c’est possible pour Dieu. Ce qui semble grand et invincible est facilement vaincu lorsqu’on se tient toujours en toute humilité devant la face du Seigneur.

Nous vivons dans le calme. De temps à autre, le fr. Karl et moi avons une conversation plus profonde. Pour le reste, il me semble que nous sommes de plus en plus isolés de tout. Cela nous satisfait aussi pleinement, si seulement nous pouvons nous abandonner à celui qui peut tranquilliser notre cœur et nous enseigner sa loi.

Cela me réjouit que tu gardes ce que tu as reçu dès le commencement – la parole certaine qui peut nous rendre sages à salut, et qui a le pouvoir de nous conduire par la lumière de l’Esprit vers les grandes valeurs qui sont en Christ. Pourtant, nous savons que tout ce qui est glorieux est mis à couvert, de sorte que ce qui est glorieux n’est pas considéré comme tel avant que nous ne paraissions avec Lui dans la gloire.

Dieu apprécie beaucoup la « fidélité dans le désert ». Une âme qui est comblée de grâce ne peut qu’être fidèle. Mais la fidélité dans les tentations et dans toutes sortes d’adversités est très précieuse aux yeux de Dieu.

Par ailleurs, nous devons prendre à cœur que si nous cherchons à plaire aux hommes, nous ne pouvons pas être serviteurs de Christ. Par la fidélité, notre corps devient une offrande et prend part aux souffrances avec Christ, mais par là-même, il a aussi part à la promesse d’être glorifié avec Lui. Et cela ne concerne pas seulement le corps, mais l’homme tout entier, corps, âme et esprit.

Le baptême de l’Esprit, qu’on peut aussi appeler baptême de la grâce, doit nous imprégner du baptême de la justice par le baptême du feu. Car ce qui a été baptisé de grâce est gardé pour le feu. Le feu restitue à l’homme la faveur de Dieu telle qu’Il l’avait voulue à l’origine. Celui qui est gracié est prisonnier de la grâce pour que le feu puisse prendre le relais et agir en lui. Le but, ce n’est pas la grâce, mais c’est la justice et la vérité. Le baptême de l’Esprit est le sceau que nous recevons pour que le même Dieu puisse continuer son traitement avec nous, et à partir de ce moment-là, Dieu est pour nous un feu dévorant.

Dieu peut nous baptiser de l’Esprit parce que son zèle a pu s’assouvir pleinement sur la personne de Christ. Mais son zèle pour nous dans le Bien-Aimé doit encore être pleinement assouvi par le feu – c’est-à-dire la communion dans les souffrances de Christ.

Porte-toi bien, cher frère, et cordiales salutations de nous tous ici. J’espère que tu as bien reçu les exemplaires du n° 3.

Salutation cordiales

Johan

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