Horten, le 7-12-1910
Cher frère, Aksel,

Grâce et paix de la part de Dieu par Jésus-Christ !

Merci pour ta bonne lettre. Beaucoup de choses ont changé ici en l’espace d’une heure. Le fr. Aslaksen a présenté aujourd’hui à 13 h sa demande de démission, qui était en fait d’un bout à l’autre un témoignage de Jésus-Christ, qu’il veut servir entièrement et totalement à l’avenir – éventuellement comme missionnaire. À 14 h, il a été convoqué, et on lui a alors suggéré de prendre quelques jours de permission pour parler de ces choses avec ses parents, avant de faire quoi que ce soit de plus de sa demande, qui était adressée au roi. Il a eu une permission jusqu’à dimanche soir, et nous venons de l’accompagner à la gare.

À 14 h, justement pendant qu’Aslaksen était dans le bureau du commandant de l’École Navale pour parler de sa démission, qui devrait prendre effet au 1er janvier, notre chef de corps, le contre-amiral Kjelland, a téléphoné à l’École navale et m’a demandé de me rendre immédiatement au quartier général. Lorsque je m’y suis présenté, il m’a dit que l’amiral l’avait prié de trouver pour le général Seiersted un sous-officier de confiance pour travailler au bureau de recrutement. Il a dit qu’il avait pensé au maître canonnier Winge, mais comme celui-ci était en mission de garde-pêche dans le Idefjord, il a eu l’idée de me demander si je voulais avoir cet emploi. Je devais demander dans un premier temps une mise à disposition de 2 ans à compter du 1er janvier. Les trois premiers mois, j’aurais la solde habituelle + 75 couronnes par mois, ensuite une demi-solde et 75 couronnes. Cela fait à peu près 8 à 9 couronnes de plus par mois que d’habitude, après les trois premiers mois. Pour les deux années, cela représentera un revenu supplémentaire d’environ 380,00 couronnes. Je pourrais travailler en civil, car c’est un emploi à caractère tout à fait privé. Le général aurait son bureau au Cercle naval et ne serait pas souvent présent à Horten, de sorte que je devrais beaucoup travailler seul. J’ai trouvé que c’était une très bonne proposition et je l’ai immédiatement acceptée. Cela a beaucoup plu à Pauline.

Dieu dirige les choses merveilleusement. Le général Seiersted a été à Kristiansand ; tu le connais sans doute. Que j’écrive pour le général ou pour l’amiral, cela ne change rien, et puisqu’on me propose une si bonne place, pourquoi ne pas la prendre ? Je serai donc dispensé de manœuvres pendant deux ans.

Je ne peux pas assez louer le fr. Aslaksen ; c’est un homme comme on n’en trouve pas beaucoup. Dieu doit avoir un dessein particulier pour lui. C’est étonnant d’entendre la sagesse qu’il a reçue de Dieu. Un esprit qui réveille l’accompagne, et je crois que les choses fermentent plus que d’habitude parmi nous maintenant.

Sois le bienvenu ici samedi soir, si Dieu conduit les choses ainsi. Il aurait été souhaitable qu’Aslaksen soit aussi présent. Karl va bien. J’ai prié Aslaksen de passer par Mjøndalen ; il en avait bien envie, mais n’avait pas beaucoup de temps. Son adresse est Ullevoldsvn. 55, Kristiania.

Dieu a richement béni les études bibliques que nous avons deux fois par semaine. Écris-moi un mot si tu viens. C’est toujours béni de parler et de travailler ensemble. Salue Ingerid. Merci pour le télégramme. Nous avons parlé de la référence qui y était mentionnée. Nous sommes restés ensemble jusqu’à minuit et avons passé des moments magnifiques.

Salutations avec Pr. 22, 4.

Pauline te salue.

Bien à toi,

Johan