Horten, le 17-11-1910
Cher Aksel,

Merci pour le temps que nous avons passé ensemble à Mjøndalen et merci pour ta lettre. Les nouvelles que tu as données de P*** sont effrayantes, mais Dieu peut sauver à l’extrême. I. D. en sait sûrement plus long au sujet de cette même affaire. Le fait que P*** ait une emprise aussi forte sur elle montre qu’ils partagent sûrement des choses qui ne sont pas encore éclaircies.

Il n’est d’ailleurs pas bon de se mêler de telles affaires. En tout cas, une conversion radicale est nécessaire. I. D. a fait preuve de lâcheté au plus haut degré, et il est très probable qu’elle soit en partie responsable des difficultés qui sont survenues.

Nous apprenons par là que nous ne devons pas nous confier tout de suite à quelqu’un, mais que nous devons être des dispensateurs bons et fidèles des mystères de Christ, sans permettre aux bonnes manières charnelles d’être un pont que Satan peut emprunter pour entrer dans les chambres du cœur.

La croix contre la sagesse du monde !
La croix contre les manières raffinées du monde !
La croix contre l’impiété de toute nature !

Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Réservant la vie éternelle à ceux qui, par la persévérance à bien faire, cherchent l’honneur, la gloire et l’immortalité. Ro. 2, 7.

Hier, nous avons eu à nouveau une bonne réunion d’échange chez le fr. Ellefsen. Je crois que le mieux que tu puisses faire est de ne pas t’occuper de ces choses. Il faut une grande humilité de leur part.

La croix nous interdit tout lien avec tous ceux qui sont en dehors de Christ, de sorte que la seule manière de garder un lien avec eux est de leur annoncer l’Évangile.

Le fr. Aslaksen a dit hier sur le chemin du retour qu’il s’était souvent reproché de ne pas avoir parlé plus de Dieu aux gens ; mais maintenant, il a compris que Christ lui-même n’avait été envoyé que vers les perdus, vers ceux qui avaient besoin de guérison, et que la même chose s’applique donc aussi à nous.

Je t’envoie juste ces quelques lignes cette fois-ci. C’était béni à Mjøndalen. Salutations cordiales de la part de nous tous ici. Quand tu en auras envie, ou que tu auras quelque chose de spécial à cœur, viens nous voir ; nous pourrons ainsi parler de ces différentes choses, et Dieu les rendra claires pour nous.

Ton frère dévoué en Christ,

Johan

Salue beaucoup la sœur I. D. de ma part.