5.

Le monde est crucifié pour moi comme je le suis pour le monde

« Pour ce qui me concerne, loin de moi la pensée de me glorifier d’autre chose que de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde. » Ga. 6, 14. La croix de Christ est en vérité la seule chose dont on a de véritables raisons de se glorifier ! Car c'est sur cette croix que notre vieil homme a été crucifié. Et c'est sur cette croix que nous avons maintenant l'occasion d'être tous crucifiés ! Il s'agit de saisir l’occasion. —

C'est là une double crucifixion bénie et puissante. Je crucifie le monde — je le rejette. Et cela a pour conséquence que le monde me crucifie, ou me rejette. Je suis ainsi débarrassé du monde ! Il est à bonne distance de moi, suffisamment loin ! Il se crée un abîme entre le monde et ses convoitises, d’une part, et mes nouveaux désirs, d’autre part, qui aspirent à ce qui est divin et éternel, et non à ce qui est temporel.

Oh ! combien cette crucifixion est bonne et nécessaire ! Et c'est précisément parce qu'elle fait véritablement défaut qu'il y a tant de misère dans le cœur et la vie de la plupart des enfants de Dieu.

On n'a certainement pas la même compréhension des choses que Paul. Au contraire, on vit sans doute dans l'effroyable malentendu selon lequel il faut se tenir aussi près du monde que possible, sans toutefois y tomber complètement. On s’imagine que cela présente de nombreux avantages.

Mais quelle misère ! c'est justement tout le contraire ! —