1.

J’ai été crucifié

« J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi. » Ga. 2, 20. De même que nous ne vivons plus par nous-mêmes, nous ne vivons pas non plus pour nous-mêmes, 2 Co. 5, 15, mais pour les autres !

C’est là le cœur du christianisme, le fondement solide de la foi en Christ. Tant que cela ne devient pas une réalité pour une personne, celle-ci essuie régulièrement défaites et échecs. Aussi longtemps que l'on vit par soi-même, il n’y a que de la misère, car en nous-mêmes – dans notre chair – n’habite rien de bon. Personne, par ses propres forces, n'est capable de suivre les traces de Christ, de faire la volonté de Dieu et de garder ses commandements.

Selon la chair, chaque être humain est totalement corrompu, incorrigible, impuissant et irrécupérable. Plus on essaie de faire le bien, plus on se rend compte que c'est sans espoir. Que faire donc d'un être humain aussi complètement corrompu et irrécupérable ?

C’est précisément dans une telle expérience, dans une telle prise de conscience, dans une telle douleur et détresse, que Dieu ouvre nos yeux pour que nous voyions que nous avons été crucifiés avec Christ ; ce n'est pas seulement l’acte qui nous condamnait qui a été cloué sur le bois de la croix, Col. 2, 14, mais le débiteur lui-même, le coupable.

Cela fait partie intégrante de l’œuvre de Christ. C’est ainsi que le Père voit les choses. Il en est ainsi. Mais la grande majorité ne l’a jamais vu ni expérimenté. Ils ne sont jamais arrivés au point de pouvoir dire en vérité, comme Paul : « J’ai été crucifié avec Christ, ce n’est plus moi qui vis ». Et on ne peut pas non plus le dire – on ne doit surtout pas le dire - tant qu'on ne mène pas une vie victorieuse.

Si, par exemple, je m’offense, si je me mets en colère ou que je m’inquiète, et que je déclare malgré tout : « Ce n’est plus moi qui vis, mais c'est Christ qui vit en moi », ce serait comme dire que c'est Christ qui s’offense, qui se met en colère, qui s’inquiète, que c'est Christ qui pèche. Et cela serait un blasphème !

Qui donc vit une vie entièrement victorieuse dans ce monde ? Celui qui, par la foi, est crucifié avec Christ, celui qui ne vit plus lui-même !

Voilà donc, cher lecteur, la position qu’il s’agit d’adopter, et de garder une fois qu’on a eu la grâce de l’adopter.

Ce sont là de grandes choses, incompréhensibles pour l’homme ! Mais Dieu aussi est grand, et son nom est Admirable ! C'est lui-même — lui qui, dans sa bonté, a jugé bon de nous appeler à quelque chose d'aussi grand — qui accomplira en nous une œuvre aussi glorieuse. 1 Th. 5, 23 et 24.