L’œuvre du dirigeant

Il apparaît clairement à la lecture de l’épître aux Hébreux que l’apôtre éprouvait de la détresse parce que la croissance s’était arrêtée chez les croyants. « Souvenez-vous de ces premiers jours, où, après avoir été éclairés, vous avez soutenu un grand combat au milieu des souffrances. » . Ce n’était donc plus le cas ! L’apôtre les exhorte et leur rappelle ce sérieux de différentes manières : il n’y avait plus de croissance !

« Nous avons beaucoup à dire là-dessus, et des choses difficiles à expliquer, parce que vous êtes devenus lents à comprendre. Vous, en effet, qui depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez encore besoin qu’on vous enseigne les principes élémentaires des oracles de Dieu, vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non d’une nourriture solide. Or, quiconque en est au lait n’a pas l’expérience de la parole de justice ; car il est un enfant. Mais la nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux dont le jugement est exercé par l’usage à discerner ce qui est bien et ce qui est mal. » .

Le même message sérieux nous est adressé de nos jours. Les frères qui portent une responsabilité dans leur assemblée locale doivent tout particulièrement se poser la question : Qu’en est-il de la croissance et du développement dans ma propre vie ? Qu’en est-il de mon amour pour Christ ? Est-ce que je me contente de devenir plus performant en tant que dirigeant ou est-ce que je deviens plus « performant » dans ma manière de vivre ? Est-ce que je donne de la nourriture qui vient du sanctuaire de Dieu ? Est-ce qu’il y a un Esprit de révélation dans mes paroles, ou n’y a-t-il que des pensées humaines sans force ni capacité pour féconder les entendements ? Les personnes que je sers parviennent-elles à la foi en la puissance de Dieu par mon ministère ? Y a-t-il une transformation personnelle en moi ?

Chaque croyant doit bien sûr se poser ces questions, mais elles revêtent un sérieux tout particulier pour des frères qui servent avec la parole de Dieu. Quand nous croissons dans ce qui est bien – par la sanctification – il est de plus en plus facile d’être réceptif à notre ministère, qui devient plus béni et qui a plus d’onction.

« Moïse vit que le peuple était livré au désordre, et qu’Aaron l’avait laissé dans ce désordre, exposé à l’opprobre parmi ses ennemis. » . « Quand il n’y a pas de révélation, le peuple est sans frein ; heureux s’il observe la loi ! » . Sans les révélations de l’Esprit, nous n’avons pas de force pour édifier l’Assemblée et pour la garder dans la relation qu’il lui convient d’avoir à l’égard de Dieu. Il faut dévoiler toutes les attaques de Satan pour que personne ne soit séduit par des paroles qui laissent croire qu’il existe un chemin plus facile. Dans la communion des saints, nous n’aimons que la liberté que reconnaît l’Esprit de Christ et nous ne travaillons pas à créer une bonne atmosphère comme si c’était une fin en soi. Nous aimons et nous entretenons l’atmosphère conviviale et la liberté qui naissent sur la croix, car elles sont pures. La fausse liberté n’a jamais aidé personne à croître et à se développer en Christ ; bien au contraire, elle a ouvert l’accès au péché et à la corruption. Le prophète a un œil vigilant pour dévoiler cette tromperie et il annonce avec force la parole de la croix, comme une lumière et une lampe pour le cœur des vrais disciples.

« Alors je me mis à paître les brebis destinées à la boucherie, assurément les plus misérables du troupeau. Je pris deux houlettes : j’appelai l’une Grâce, et j’appelai l’autre Union. Et je fis paître les brebis. » . Tout vrai berger doit avoir ces deux houlettes, par lesquelles il peut conduire les brebis aux bons pâturages et leur donner de la nourriture. Un tel ministère fortifie et rassemble. La première houlette fait couler un courant continuel de bonté et d’onction, de sorte que les brebis se sentent aimées et appréciées. Elles saisissent la foi pour accomplir l’œuvre qui leur est confiée et pour vivre dignes de leur vocation comme membre du corps de Christ. La bonté les pousse à la repentance et elles ont part à la croissance et au développement.

L’autre houlette – l’union – lie les cœurs les uns aux autres. Elle veille à ce qu’il n’y ait pas de divisions ou de partis et enseigne à avoir le mal en horreur et à s’attacher au bien. « Je veux, en effet, que vous sachiez combien est grand le combat que je soutiens pour vous, et pour ceux qui sont à Laodicée, et pour tous ceux qui n’ont pas vu mon visage, afin qu’ils aient le cœur rempli de consolation, qu’ils soient unis dans l’amour, et enrichis d’une pleine intelligence pour connaître le mystère de Dieu, savoir Christ, mystère dans lequel sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance. » .

Nos messages et nos témoignages doivent porter la marque que nous avons un but et une intention pour l’Assemblée de Jésus. Tout doit mener à l’enlèvement. « Maris, que chacun aime sa femme, comme Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant et en la lavant par l’eau de la parole, pour faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable. » . Les collaborateurs de Dieu travaillent de la même manière de nos jours. Le but est élevé, mais il est accessible par une fidélité indéfectible à notre Seigneur et Maître ! Quand la Parole est annoncée, elle doit donc avoir pour effet de rendre la vie lumineuse pour les hommes. Demande-toi si ton ministère a cet effet-là, cher frère et chère sœur !

En lisant ses lettres, nous voyons clairement que Johan O. Smith méditait ce que l’apôtre a écrit, pour comprendre ce qu’il a voulu nous dire. On a besoin d’un peu de temps avant de parvenir à une vision claire dans la connaissance de Dieu. C’est pourquoi Paul nous exhorte à nous occuper de ces choses, à « vivre dans ces choses », comme le dit la traduction norvégienne, à nous y donner entièrement, afin que nos progrès soient évidents pour tous. C’est aussi une bonne chose de prendre du temps dans sa jeunesse pour réfléchir à ce que les frères ont écrit et pour s’y conformer dans sa manière de vivre. On parvient alors à la lumière de la vie et on est heureux dans son cœur. Johan O. Smith a préféré renoncer aux revenus supplémentaires qu’auraient pu lui procurer des cours particuliers de norvégien, pour avoir plus de temps pour sonder les Écritures. Aujourd’hui, nous pouvons vraiment être reconnaissants et heureux qu’il ait fait ce choix ! Paul a lui aussi considéré la connaissance de Dieu comme tellement élevée que tout le reste n’était plus que des bagatelles. La connaissance lui a fait voir la possibilité qu’il avait lui-même d’avoir part à la vie de Christ et à la transformation. Nous avons des raisons de louer Dieu pour la connaissance qui fait que nous pouvons croître et nous développer. Nous parvenons ainsi à la purification dans le sang de Christ et nous pouvons servir le Dieu vivant.

L’Assemblée relève de la responsabilité de Dieu et c’est Lui qui y établit des serviteurs. « Et Dieu a établi dans l’Église premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement des docteurs, ensuite ceux qui ont le don des miracles, puis ceux qui ont les dons de guérir, de secourir, de gouverner, de parler diverses langues. » et . Il parle aussi de ces choses à ses serviteurs, les prophètes. C’est un ministère apostolique d’établir des anciens dans une assemblée. Ce n’est donc pas non plus au frère ancien dans l’assemblée locale que revient cette tâche. Il y en a certainement beaucoup qui veulent avoir l’honneur d’exercer une responsabilité et d’avoir une position dans l’assemblée, mais ils ne sont pas prêts à fournir les efforts que cela suppose. Dans ce cas, on n’est pas utilisable ni apte à une telle tâche.

Dans l’Assemblée, tout est bâti sur la révélation de Christ manifesté en chair. Si on ne voit pas celui qui est manifesté en chair, on a recours à ses dons naturels et on devient un bon acteur qui sait bien divertir les gens. De telles personnes ne doivent pas avoir de place parmi nous. Nous devons imiter la foi, l’humilité et la bonté avec lesquelles nos frères ont vécu. Ils méritent le respect le plus profond de notre part. Nous devons aussi l’enseigner à nos enfants. Il est difficile de décrire à quel point les premiers piliers de l’Assemblée de notre époque se sont abaissés eux-mêmes pour nous servir. Ils font partie des pères en Christ et doivent être honorés en tant que tels. Ils ont travaillé à leur époque alors qu’un opprobre énorme reposait sur eux. À notre époque, nous bâtissons dans la même piété et avec la même fidélité à l’égard de Christ. Le message qui retentit dans l’Assemblée et qui donne des impulsions à l’ensemble doit être un message qui vient du sanctuaire de Dieu. Ceux qui sont en mesure d’entendre les pensées de Dieu sur son Assemblée et de s’en faire les interprètes ont plus de valeur que l’or le plus précieux. Tout dans l’Assemblée doit se faire dans l’Esprit qui magnifie le Père et qui a en même temps un grand respect pour nos pères en Christ.

Il est stupide et déplacé de faire le pitre aux dépens de frères qui vivent parmi nous. Gardons le respect les uns pour les autres ! Considère les autres comme étant au-dessus de toi-même ! Aie du respect pour les pensées et les souhaits de tes frères, même s’il n’est pas toujours facile de répondre à leurs attentes.

« Au reste, frères, que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l’approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l’objet de vos pensées. » . Il faut aussi en parler ! Satan n’exercera ainsi aucun pouvoir et Dieu sera avec nous. Parle de ce qui fortifie la piété et la foi, ce qui rassemble et enflamme ! Nous avons tous besoin de temps en temps d’une exhortation pour garder le cap.

Cela vaut énormément la peine d’avoir une opinion modeste de soi-même. Nous n’avons pas besoin de quelque éclat que ce soit dans ce monde. La grâce et l’aide de Dieu sont plus grandes que toute l’opposition. Nous mettons l’accent sur ce que nous devons faire, sur les lois de vie qui sont en vigueur pour l’Assemblée. Il y a beaucoup de personnes très compétentes parmi nous qui se laissent volontiers attirer par les choses humbles. Ne te mêle pas de la vocation des autres, de leur formation et de leur position. Certains sont venus à la foi alors qu’ils étaient riches. Laisse-les être riches ! Ils doivent eux-mêmes être affranchis de ce qu’ils possèdent, pour devenir des dispensateurs. L’Assemblée n’est pas une social-démocratie. Sois satisfait de la manière dont Dieu a disposé les choses pour toi. Ce qui est grand dans l’Évangile, c’est que nous pouvons trouver Dieu à l’intérieur des limites qui nous sont propres et dans les circonstances que Dieu a permises pour nous. On devient heureux quand on Le trouve à l’intérieur de ses propres limites.