La paix se gagne par la guerre
« Jude, serviteur de Jésus-Christ, et frère de Jacques, à ceux qui ont été appelés, qui sont aimés en Dieu le Père, et gardés pour Jésus-Christ. » . Lorsque nous pensons à tout ce qui peut arriver à une personne au cours de sa vie, nous comprenons que c’est une grande chose de pouvoir être gardé pour Christ tout au long de sa vie. C’est pourquoi les amis âgés et pieux sont un grand témoignage parmi nous. Si on annonce la parole de Dieu sans laisser la mort agir en soi-même dans son ministère pour Dieu, on annonce un jugement contre soi-même. Beaucoup sont devenus impies tout en étant chrétiens – ils changent la grâce de Dieu en dissolution. Il faut une épée pour construire l’Assemblée, une épée qui peut séparer ce qui est précieux de ce qui est vil, ce qui est saint de ce qui est profane. La guerre et l’épée ne sont pas modernes. Si on veut devenir grand dans ce monde, on doit savoir créer la paix. On parle d’alliance et de tolérance. Jésus n’a pas parlé de cette manière-là. « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. » . Cette épée est nécessaire. Sans elle, l’Assemblée sombrerait. Ce qui est vil doit être séparé. Toute impureté doit être exterminée.
« Que personne, sous une apparence d’humilité et par un culte des anges, ne vous ravisse à son gré le prix de la course ; tandis qu’il s’abandonne à ses visions, il est enflé d’un vain orgueil par ses pensées charnelles, sans s’attacher au chef, dont tout le corps, assisté et solidement assemblé par des jointures et des liens, tire l’accroissement que Dieu donne. » .
Certains ont une apparence de sainteté et de pureté. Mais si tu commences à érafler un peu leurs couches de culture chrétienne, tu arrives assez rapidement à de la chair crue, et tu verras alors que ce ne sont que des sépulcres blanchis. Ils sont faux et se drapent dans un aspect religieux qui a l’air véritable, mais ils n’ont rien à donner qui puisse fortifier la piété. Ils sont une charge et trompent le cœur des hommes. Les faux apôtres doivent revêtir une peau de brebis – ils doivent cacher leur vraie nature. C’est pourquoi chacun doit apprendre à séparer ce qui est authentique de ce qui est faux.
« Ils ont, en vérité, une apparence de sagesse, en ce qu’ils indiquent un culte volontaire, de l’humilité, et le mépris du corps, mais cela est sans valeur réelle et ne sert qu’à satisfaire la chair. » . Dans leur culte volontaire, ils choisissent eux-mêmes leurs actions afin de pouvoir en tirer des avantages. Beaucoup de ces faux apôtres ont une manière d’être qui attire ceux qui sont nouveaux dans l’Assemblée. Ils sont si bons et si pleins de sollicitude ! Pourquoi sont-ils grands ? Parce qu’ils passent pour être sages. Ils deviennent grands et sont élevés par des personnes insensées. Tout cela se trouve dans la chair et il faut le faire passer par le jugement et par l’épée, sinon ça finit mal. L’épée doit pénétrer jusqu’à juger les sentiments et les pensées du cœur. Sans ce zèle, la lèpre a vite fait de se déclarer. Tu te trompes dans tes jugements et tu ne peux pas donner des conseils bons et vrais ; tu es faux et tu deviens un séducteur au lieu d’être un conducteur.
Même parmi nous, il y en a qui pourraient tout aussi bien prêcher dans l’église protestante ou dans une église pentecôtiste. De telles personnes manquent d’épée dans leur prédication. Ce ne sont pas des serviteurs de Dieu ; ils n’ont pas assisté au conseil de Dieu. C’est bizarre que beaucoup d’amis aient si peu de sens pour juger dans ces choses-là. Beaucoup prennent tout pour argent comptant, pourvu que ce soit présenté sous la forme voulue. De telles personnes n’ont pas obtenu des sens exercés pour séparer ce qui est bon de ce qui est mauvais. Elles n’ont pas utilisé la parole de justice dans les circonstances de la vie et ne peuvent pas non plus faire la différence entre ce qui est juste et ce qui est faux, entre la droite et la gauche. C’est une grande tromperie de Satan. Si elles avaient été fidèles à la table de l’Éternel et si elles s’étaient laissé briser dans les circonstances de la vie, elles auraient connu la différence.
« Les habitants de Gabaon, de leur côté, lorsqu’ils apprirent de quelle manière Josué avait traité Jéricho et Aï, eurent recours à la ruse, et se mirent en route avec des provisions de voyage. Ils prirent de vieux sacs pour leurs ânes, et de vieilles outres à vin déchirées et recousues, ils portaient à leurs pieds de vieux souliers raccommodés, et sur eux de vieux vêtements ; et tout le pain qu’ils avaient pour nourriture était sec et en miettes. » .
Josué n’a pas pu conduire le peuple au repos et il a perdu le prix de sa course. Les Gabaonites l’ont trompé et il a rompu l’alliance qu’il avait faite avec l’Éternel, qui était de tuer tout ce qui respirait, même les nourrissons. Dans l’Assemblée, il doit y avoir une épée contre toute chair qui respire. Même les « belles choses », qu’on aime bien personnellement, nous égarent loin de Dieu. Tout cela doit passer par le fil de l’épée. C’est alors que vient la paix. Alors, nous n’assemblons pas les autres autour de notre propre personne par le culte que nous rendons à Dieu, mais nous assemblons pour Christ, qui est la tête de l’Assemblée. Dans son ministère, Johan O. Smith a toujours cherché à conduire les amis à être en relation avec la tête, Christ. Il sera grand éternellement, d’éternité en éternité. Nous serons grands dans la mesure où nous aurons eu le même entendement – l’entendement qui connaît les injonctions de Dieu au moment présent, dans les situations de la vie, et qui se met à l’œuvre selon ces injonctions, sans murmures ni hésitations. Ne te mets pas à vivre devant la face des hommes ! Sois libre de toute hypocrisie – libre pour agir selon les injonctions de Dieu. Sers le Dieu vivant, afin de pouvoir grandir en celui qui est la tête et de grandir dans la communion avec lui. Ne te laisse jamais prendre dans un filet qui t’imposerait de prendre des égards envers la chair et qui ferait que tu ne serais pas libre de faire la volonté de Dieu. Note bien ce que Johan O. Smith écrit à son frère Aksel le 15 décembre 1911 :
« Tu donnes quelques échos du discours que le pasteur missionnaire Johnsen a fait à la réunion du ‘cercle des intellectuels’, qui est une base vraiment efficace pour être unis dans les ténèbres. Ce discours était affreux ! Mais il ne peut pas en être autrement quand on ne veut pas croire la Parole en toute simplicité. Ensuite, il devait y avoir un entretien, et je présume qu’il y en a eu un, puisqu’il a rencontré de l’opposition. Mais tu dis que l’hospitalité selon la chair n’a pas permis de lui faire savoir que ses pensées ‘ne valaient pas un clou’.
Je comprends par là que l’hospitalité selon la chair a empêché une victoire parfaite sur la folie. Mais cela est-il juste ? Ne devons-nous pas, par fidélité envers Christ, ne faire aucun cas de tout ce qui est admiré et honoré par le monde, et même considérer que notre propre honneur ne vaut pas un clou, afin de remporter une victoire écrasante dans de tels cercles ténébreux, où on s’imagine être cultivé ? C’est seulement de l’infidélité envers Christ de ne pas briser et détruire tout ce qui ne supporte pas la lumière, lorsqu’on en a l’occasion. C’est s’épargner soi-même. Le corps doit être concrètement offert en sacrifice, afin que nous puissions faire un carnage dans les rangs des ténèbres, avec la pleine assurance que personne ne peut nous faire du mal. Dieu nous donnera la grâce d’agir ainsi, en nous dépouillant de tout notre honneur et de toute notre réputation.
Quel droit avons-nous de nous apitoyer sur la chair ? Ou quel droit avons-nous de ne pas dire la vérité sans détours ? Aucun ! Ceux qui sont grands dans le royaume de Dieu sont affranchis de l’acception de personnes. C’est aussi pourquoi ils deviennent des personnes libres (affranchies) qui, dans la force de Dieu, par la foi, peuvent abattre et réduire à néant les constructions de Satan qui s’élèvent en ennemies contre la connaissance que Dieu donne. Ceci est le champ de bataille où les hommes invincibles de Dieu ont toujours combattu. Une demi-victoire ne donne qu’une demi-satisfaction, et une demi-satisfaction n’est rien d’autre que de l’insatisfaction. La condition pour pouvoir vaincre est dure pour la chair ; mais si le corps est offert à Dieu en sacrifice au beau milieu de la bataille, la victoire est assurée. Mais si on prend égard à la chair, on fait mieux de tout remballer au plus vite. »
