L’esprit de la prophétie

« Je tombai à ses pieds pour l’adorer ; mais il me dit : Garde-toi de le faire ! Je suis ton compagnon de service, et celui de tes frères qui ont le témoignage de Jésus. Adore Dieu. Car le témoignage de Jésus est l’esprit de la prophétie. » . Le témoignage de Jésus est un témoignage d’une mort complète qui a frappé le péché. L’esprit de la prophétie est si fort que même les portes du séjour des morts ne peuvent pas dominer sur lui. Tout ce qui est construit dans l’esprit prophétique subsistera – aucun péché ne peut vivre dans une telle atmosphère et aucune puissance ne peut le vaincre.

« À moi, qui suis le moindre de tous les saints, cette grâce a été accordée d’annoncer aux païens les richesses incompréhensibles de Christ, et de mettre en lumière le moyen de faire connaître le mystère caché de toute éternité en Dieu qui a créé toutes choses. » .

Un prophète n’est pas toujours un grand orateur, mais la vie qu’il vit lui donne tout de même quelque chose à dire. Par son ministère, il met en évidence les mystères de Christ – ceux qui ont été cachés de tout temps. Ces mystères poussent l’Assemblée vers l’Esprit, l’eau et le sang. La parole prophétique a alors fait son œuvre – on est poussé à faire mourir le « moi ». Les mystères de Christ sont manifestés par les règles de doctrine que nous avons reçues. Ils nous délivrent du péché et nous rendent capables de devenir serviteurs de Dieu. Les prophètes ont une relation spécialement étroite avec Dieu. C’est pourquoi il arrive de temps en temps qu’un prophète dise ou fasse des choses qui sont inhabituelles pour le berger ou l’évangéliste. Il y a là quelque chose qui vient de Dieu et qui agit puissamment, à condition qu’on ne le méprise pas. Ce qu’il dit n’est peut-être pas toujours très bien formulé ou dans les formes – c’est dit à l’instant même et c’est inspiré de Dieu. C’est pourquoi nous avons une exhortation spéciale en : « Ne méprisez pas les prophéties. » N’accuse jamais non plus un homme qui plante l’épée là où il le faut, même si tous les coups ne sont pas forcément réglementaires.

On remarque facilement si la volonté de l’homme se cache derrière les paroles qu’il prononce. C’est souvent parce qu’il y a quelque chose qu’on ne supporte pas et qu’on veut dénoncer publiquement. C’est la volonté de l’homme. Cela n’est pas agréable et cela sent la sueur. « Ils auront des tiares de lin sur la tête, et des caleçons de lin sur leurs reins ; ils ne se ceindront point de manière à exciter la sueur. » . Il faut porter des vêtements de lin – rien ne doit avoir un goût qui rappelle ma vie propre. Quand la parole prophétique intervient, l’Assemblée adopte cette position de foi : mort au péché et vivant pour Dieu. Tout l’entendement se positionne en fonction de cela. Un tel discours, poussé par l’Esprit, agit si puissamment que ceux qui jugent commencent aussi à prophétiser. . « Pour ce qui est des prophètes, que deux ou trois parlent, et que les autres jugent. » Ceux qui ont été aidés par ce discours viennent ensuite avec leur témoignage de foi. Il en ressort une puissante édification dans l’Esprit.

J’ai souvent remarqué qu’on pèche contre cette consigne, y compris à nos réunions. Ceux qui doivent juger sentent que leurs cœurs commencent à brûler quand le premier prophète parle et ils ont eux-mêmes envie de prophétiser. Ils deviennent alors un peu trop zélés et ne laissent pas l’accès à l’autre prophète. Le fait que j’aie entendu quelque chose du premier prophète et que cela m’ait enthousiasmé ne signifie pas que c’est à moi de servir après lui. Si c’est seulement en écoutant le premier prophète que j’ai entendu quelque chose, cela indique que je ne suis pas le second prophète, car celui-ci a lui-même entendu un message de la part de Dieu. Ceux qui doivent juger doivent donc garder une certaine réserve et veiller attentivement sur eux-mêmes et sur la manière dont l’Esprit agit à la réunion, pour qu’ils ressentent dans leur cœur quand c’est à eux de dire quelque chose. On peut à bien des égards comparer une réunion à un morceau de piano. Toutes les touches doivent être à la disposition du pianiste et prêtes à être utilisées par lui. Certains peuvent trouver la parole du prophète si puissante qu’ils n’ont rien à ajouter. Du coup, ils s’abstiennent et deviennent passifs, et ne sont pas à la disposition de l’Esprit pour obéir à ses injonctions. Il y a alors quelques « notes » qui manquent à la réunion et on dérobe aux amis des valeurs éternelles à cause de cette infidélité. Personne d’autre ne peut donner exactement ce que toi tu devrais donner à la réunion. Même les membres les plus faibles ont quelque chose à apporter pour l’édification de l’Esprit.

Il est tout à fait nécessaire qu’il y ait un ou plusieurs prophètes dans une assemblée pour que celle-ci subsiste comme une assemblée en Dieu, une assemblée de l’enlèvement. Sans l’œuvre d’un prophète, une assemblée a vite fait de se laisser entraîner dans un fonctionnement de pure forme et elle devient riche et rassasiée, même si elle a la bonne doctrine. Ne touche pas aux prophètes de Dieu ! Ceux qui le font le font pour leur propre ruine. Les prophètes sont comme la prunelle des yeux de Dieu. Avant de parvenir à la vie qu’ils ont, ils sont passés par beaucoup de souffrances et de combats. Leur vie et leur ministère ont une grande importance pour les hommes. Que Dieu fortifie donc puissamment ses prophètes dans leur vie et dans leur ministère devant la face de Dieu !

« Celui qui reçoit un prophète en qualité de prophète recevra une récompense de prophète et celui qui reçoit un juste en qualité de juste recevra une récompense de juste. » . Celui qui reçoit un prophète de cette manière-là est lui-même un prophète qui connaît cet esprit, c’est pourquoi il est aussi naturel qu’il reçoive une récompense de prophète.

« Comme ils continuaient à marcher en parlant, voici, un char de feu et des chevaux de feu les séparèrent l’un de l’autre, et Élie monta au ciel dans un tourbillon. Élisée regardait et criait : Mon père ! mon père ! Char d’Israël et sa cavalerie ! Et il ne le vit plus. Saisissant alors ses vêtements, il les déchira en deux morceaux. » . Élisée considérait Élie comme le protecteur d’Israël – quelqu’un qui avait plus d’importance que toute l’armée du pays. Et c’était vraiment le cas !