Le premier amour
« Mais ce que j’ai contre toi, c’est que tu as abandonné ton premier amour. Souviens-toi donc d’où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes premières œuvres ; sinon, je viendrai à toi, et j’ôterai ton chandelier de sa place, à moins que tu ne te repentes. » .
Nous pouvons nous demander : quand est-ce que nous sortons du premier amour ? L’ange de l’Église d’Éphèse avait eu beaucoup à porter à cause du nom de Jésus et il ne s’était point lassé. Jésus ne lui reproche aucune de ses œuvres – elles étaient toutes bonnes. « Je connais tes œuvres, ton travail et ta persévérance. Je sais que tu ne peux supporter les méchants ; que tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas, et que tu les as trouvés menteurs. » . C’était donc un serviteur remarquable dans l’Assemblée. Toutes ces bonnes œuvres avaient été faites au nom de Jésus, mais à présent, il ne pensait plus uniquement au nom de Jésus. Il pensait aussi un peu à lui-même dans son service pour Dieu. C’était pour qu’il prenne conscience de cela que le fils d’homme qui était apparu à Jean sur l’île de Patmos voulait le réveiller et c’était de cela qu’il lui demandait de se repentir.
Dans une assemblée florissante, dans laquelle beaucoup de personnes ont peut-être une bonne situation matérielle, alors qu’à beaucoup d’égards, le dirigeant a relativement peu de biens terrestres, il est facile que celui-ci exige que les autres fassent quelque chose pour lui et le soutiennent un peu. Il doit cependant s’en tenir à la parole de : « Ne vous livrez pas à l’amour de l’argent ; contentez-vous de ce que vous avez ; car Dieu lui-même a dit : Je ne te délaisserai point, et je ne t’abandonnerai point. C’est donc avec assurance que nous pouvons dire : Le Seigneur est mon aide, je ne craindrai rien ; que peut me faire un homme ? »
L’inquiétude et les préoccupations quant à la nourriture sont un grand piège dans la vie d’un homme et on peut facilement avoir des pensées telles que : « Qui plante une vigne, et n’en mange pas le fruit ? » et « J’ai travaillé plus qu’eux tous. » Si on oublie que Paul poursuit ainsi : « Non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu qui est avec moi », on se retrouve facilement sous la loi et on a des exigences envers les autres. – Ne vous ai-je pas servi et aidé pendant toutes ces années ? Vous devriez venir me rendre visite, c’est moi qui vous ai enfantés et qui vous ai donné de bons conseils. Quand on a ce genre de pensées, on ne vit plus par la grâce. Je considère que ces choses, c’est « moi » qui les ai faites et cela montre que je me préoccupe de mon propre nom. Ce sont ces choses terribles qui avaient commencé à arriver à l’ange de l’Église d’Éphèse et dont il devait se repentir.
Quant à l’ange de l’Église de Sardes, Jésus lui dit aussi : « Voici ce que dit celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles : Je connais tes œuvres. Je sais que tu passes pour être vivant et tu es mort. » Il était complètement mort quant au fait de veiller sur le nom de Jésus et pensait uniquement à son propre nom dans tous ses faits et gestes dans l’assemblée. Il a reçu l’exhortation de se repentir et d’affermir le reste qui était près de mourir.
« Cependant, tu as à Sardes quelques hommes qui n’ont pas souillé leurs vêtements ; ils marcheront avec moi en vêtements blancs, parce qu’ils en sont dignes. » . Paul explique dans ce que sont les vêtements blancs : « Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous de sentiments de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. » Ce sont donc les vertus qui sont les vêtements des serviteurs de Jésus-Christ. Les vertus sont les vêtements blancs. Nous devons veiller à ne pas nous préoccuper de notre propre nom, pour que ces vêtements ne soient pas souillés par la recherche de la vaine gloire. La jalousie n’est pas non plus très loin quand on commence à se préoccuper de son propre nom.
Les premières œuvres de l’ange de l’Église d’Éphèse n’avaient peut-être pas été faites avec la même sagesse que plus tard dans sa vie et son ministère, mais elles étaient inspirées par un amour fervent pour Jésus, si bien qu’il faisait tout pour l’honneur de Jésus. C’est pour cela qu’elles étaient précieuses aux yeux de Dieu. On peut avoir de grands réveils et faire de grandes œuvres pour Dieu, mais cela ne sert à rien si Jésus doit malgré tout dire : « Retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité ! » Nous comprenons que l’iniquité qu’ils avaient commise, c’était d’être préoccupés par leur propre nom. Ils étaient donc morts pour les paroles du Maître, et Jésus ne les connaissait plus.
Quand des frères qui servent et qui se distinguent par leur sagesse et leur intelligence ne sont plus dans le premier amour, si bien que les hommes remarquent eux-mêmes qu’ils sont davantage préoccupés par leur propre nom que par celui qu’ils devraient servir, les hommes sont souvent très déçus. Ils ressentent cette iniquité – cette injustice – et leur amour se refroidit aussi. Ce sont ceux qui persévéreront jusqu’à la fin qui seront sauvés. Quand mon amour se refroidit en raison des péchés des autres, cela montre que je n’ai qu’un amour humain. Si je suis animé du premier amour, j’ai un amour divin et je peux être comme Dieu qui fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants. De telles personnes continuent à briller, réchauffer et prospérer. Il est donc extrêmement important pour chacun d’entre nous d’être gardé dans le premier amour, un amour bouillant pour Jésus. Ceux qui sont dans l’amour sont en Dieu et aucun mal ne peut les atteindre. Dans ces conditions, nous ne pouvons ni tomber dans les pièges du diable ni rechercher de l’honneur. On éprouve constamment le désir d’aller de l’avant, de pénétrer plus profondément dans la lumière et la chaleur. Ceux qui sont en Dieu ne souillent pas leurs vêtements – ils sont dans le premier amour divin.
« Pour vous, bien-aimés, vous édifiant vous-mêmes sur votre très sainte foi, et priant par le Saint-Esprit, maintenez-vous dans l’amour de Dieu, en attendant la miséricorde de notre Seigneur Jésus-Christ pour la vie éternelle. » . L’apôtre garantit que ceux qui s’édifient sur leur très sainte foi et qui prient par le Saint-Esprit persévéreront jusqu’à la fin, feront l’expérience du salut en Christ et seront enlevés quand Jésus reviendra.
« Après qu’ils eurent mangé, Jésus dit à Simon Pierre : Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu plus que ne m’aiment ceux-ci ? Il lui répondit : Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit : Pais mes agneaux. Il lui dit une seconde fois : Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? Pierre lui répondit : Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit : Pais mes brebis. Il lui dit pour la troisième fois : Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? Pierre fut attristé de ce qu’il lui avait dit pour la troisième fois : M’aimes-tu ? Et il lui répondit : Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit : Pais mes brebis. » .
En tant que berger, l’amour que je porte à ceux que je dois servir ne doit pas m’empêcher de leur dire la vérité. On voit peut-être que cela ne va pas très bien avec eux, mais on les « aime » tellement et on est lié par tellement de liens humains qu’il est difficile de les défaire. Dans de telles circonstances, on sent bien que si on veut lier à Dieu les personnes qu’on doit aider, cela ne se fera pas sans souffrances ni douleurs, à la fois pour nous-mêmes et pour elles. Il faut que nous soyons fidèles à la vérité dans l’amour. Nous devons remettre ces personnes à Dieu et avoir une telle sollicitude pour elles que nous soyons capables de dévoiler tout ce qui est humain en elles et leur montrer ce qui est juste et qui vient de Dieu, même si cela fait mal et même si cela a pour résultat qu’elles deviennent nos ennemis. En servant de cette manière, le berger sera respecté et il pourra généralement les gagner pour le royaume des Cieux.
Dans ce domaine aussi, nous devons construire sur ce qui était dès le début. Johan O. Smith écrit dans une de ses lettres à son frère Aksel : « Cela a toujours été une joie pour moi d’avoir de tes nouvelles, et cela continuera ainsi. Cependant, cette joie n’est pas plus grande que la vérité elle-même ; je serais donc prêt à la sacrifier pour la cause de la vérité. Mais puisque la vérité de Christ m’est devenue si précieuse, chaque frère et sœur de la vérité m’est aussi devenu précieux. Et si le fait de m’humilier peut donner de la communion en Jésus-Christ, alors c’est une grande joie pour mon cœur de m’humilier, même sur les points où j’avais auparavant combattu, avec le zèle de Christ, pour faire progresser la vérité. »
Notre amour pour Jésus, qui est la vérité, doit toujours être plus grand que notre amour pour nous-mêmes et pour les hommes que nous servons. Le serviteur chez qui ce n’est pas le cas mourra comme l’ange de l’Église de Sardes. J’ai vu des frères qui ont eu un ministère magnifique mais qui ont abandonné leur ministère de berger en raison de liens qui les rattachaient à un frère selon la chair. Quelle honte et quel déshonneur les poursuivront dans toute l’éternité !
Si nous sommes animés du premier amour, nous plongeons nos regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et tous ceux qui le font sont heureux dans leur activité. « Mais celui qui aura plongé les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui aura persévéré, n’étant pas un auditeur oublieux, mais se mettant à l’œuvre, celui-là sera heureux dans son activité. » .
Ceux qui prennent les choses ainsi ont de l’amour pour ce qu’ils font. Ils sont reconnaissants et ne deviennent pas des auditeurs oublieux. Il y a beaucoup de personnes qui ont des petits enfants et qui sont de bons parents, mais nous voyons que tous ne sont pas heureux dans leur activité. Ils font ce qu’ils font plus par devoir que par amour pour leur mission. Quand on plonge les regards dans la loi parfaite de la liberté, on est aussi oint du Saint-Esprit. Le premier fruit de l’Esprit est la joie – on devient heureux dans les circonstances de la vie. De telles personnes se réjouissent des œuvres préparées d’avance qu’elles voient quand Dieu leur donne plus de lumière – ce sont les œuvres que Dieu a préparées d’avance, afin qu’elles les pratiquent. Par ces œuvres, elles sont formées et transformées et elles serviront à sa gloire. C’est là l’œuvre de la grâce.
Il est écrit « car c’est par la grâce que vous êtes sauvés... Et cela ne vient pas de vous. » Si c’est par la grâce, cela fait naître de la reconnaissance et de l’admiration pour ce que Dieu a fait dans l’âme d’un misérable. C’est le plus grand de tous les miracles : nous pouvons être transformés et rendus semblables à l’image de Son Fils. Tout cela se produit dans les cœurs qui sont fermes dans le premier amour et s’abandonnent entièrement à l’époux de leur âme !
